cry wolf (lily)
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MessageSujet: cry wolf (lily) Dim 1 Juil - 0:05


Date: Premier jeudi de février
Heure: Minuit

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Nuit blanche.
Insolite découverte qui n’est pas au programme. Mussé dans les hautes herbes des collines de la frontière écossaise, Thorn darde un œil inquiet vers le ciel. Un tapis de noirceurs crevées par l’opale souveraine. Mauvais soir pour une excursion dans une région méconnue, mais un membre de l’Ordre lui avait confié une mission d’urgence qu’il n’avait pu refuser. A peine remis de son escarmouche avec Severus, quelques jours plus tôt, le professeur songe qu’une aventure hors les murs pourrait lui être bénéfique. Au moins lui changer les idées.  

C’est une nuit froide qui galope au creux des montagnes.  Le givre tapisse la végétation dans une fine pellicule blanche. Planqué dans un amas de buissons, le petit phénix scrute la forêt pavant les coteaux devant ses prunelles chatoyant dans le reflet astrale. Selon ses informations, un campement de mangemorts devrait se tenir à cinq cent mètres devant, au cœur de la dense sylve. Il doit juste affirmer l’élucubration et transmettre à Potter si oui ou non il y a bien tentative d’alliances entre les fidèles de Voldemort et les créatures.

Mais...
Plongé dans ses pensées, il ne renifle que trop tard un danger à proximité. Ça vient par derrière, à la manière d’un prédateur débusquant une proie. Malheureusement, il est la biche ayant manqué d’attention sur ses derrières.

Un grognement. Une odeur bestiale. Il pivote sur ses pieds et se redresse avec promptitude, baguette brandie devant lui. Trop tard. Une ombre fond sur lui dans une bourrasque hostile et, avant qu’il ne puisse la distinguer, se fait heurter de plein fouet. Ejecté en arrière, Thorn roule sur quelques mètres de fourrés pour se cogner le dos contre un arbre. Il grimace non sans redresser sa baguette pour énoncer un reducto informulé quand la bête revient à la charge. Celle-ci esquive un premier sortilège, se prend le second. Hurle de rage. L’angoisse lime la caboche du sorcier au jappement strident. Glas d’une ire félonne. Souvenir d’un criminel aux babines enchâssées dans le cou de sa jumelle. L’esquisse se superpose et paralyse Thorn un instant. Une seconde de trop. Le monstre étourdi bondit sur lui. Tentant une esquisse en se propulsant vers la gauche, il couine lorsque s’échoue sur son visage écarquillé des griffes acérées. Hoquet douloureux aux férules nichées dans la chair de sa pommette. Leurs mouvements antipodes accentuent la déchirure oblique le long de la vétuste gueule.  Glapissement de douleur, la succession d’une roulade dans la broussaille lui permet d’éluder une grande partie de l’attaque.

Debout, haletant, le visage maculé de sang chaud, il peut enfin le voir. La bête noyée sous les éclaboussures argentées. L’orphelin, l’enfant à la reine parant ses belles parures dans l’éther. Un putain de loup-garou… Celui-ci liarde ses insondables calots vers lui, crachant nuées chaudes depuis sa gueule entrouverte. Ses babines dégoulinent à la perspective d’un copieux repas. La créature est immense. Grande et malingre, une abomination des plus réussite. Thorn frissonne. Il n’a jamais eu l’occasion de croiser la route d’un lycanthrope depuis la mort de Babel. L’époque d’une enfance traumatisée a logé une indicible frayeur sous la peau. Si pas une phobie. La baguette tremble entre ses doigts.

Il ferait mieux de partir. Transplaner. Oui. Mais alors que la pensée de battre en retraite effleure sa caboche, le monstre le prend de vitesse, ouvrant sa gueule écumeuse vers lui. Merde ! Avada Kedavra se crache au bout du bâton de houx. Le sort fond dans la noirceur du vide, frôlant de peu l’épais pelage. Merde ! Avant qu’il ne puisse répéter le sort, des ratiches transpercent ses vêtements et creusent la carne de l’épaule gauche. La chair éclate, le sang éclabousse babines et tissus.  Thorn croasse, les prunelles élargies, le corps vacillant sous les signaux nerveux d’une majestueuse douleur. Voyant flou, tremblant dans l’étreinte mortifère, il piaille au mouvement incisif de proéminentes dents dans la plaie déjà bien ouverte. Un morceau de chair est déjuché de l’épaule. La biche hurle et tente de se dérober, mais des griffes s’empalent dans sa poitrine comme pour l’en dissuader. Putain, il va crever !

Dans sa douleur, la baguette toujours en main, Thorn parvient, à travers le déluge de sang et de sueur froide, à prononcer un sortilège. N’importe lequel. Il n’entend ses propres mots, mais soupire lorsque les crampons sont extirpés de sa chair et que la bête est expulsée en arrière. Il saisit l’occasion pour transplaner. Croise les doigts pour y parvenir en un seul morceau. Il s'évade ainsi dans un écran fumeux, sous les hurlements frustrés de la bête affamée.

POP!
Quelques secondes plus tard, il est allongé sur un sentier de terre. Les collines du Nord sont loin maintenant. Le professeur n’est pourtant pas sorti d’affaire. Il grelotte. De froid, de douleur. Des tourbillons de couleurs voltigent à travers le cristallin de ses yeux. Où est-il ? Une lucarne vers la première façade. La pierre philosophale. Qu’est-ce ? Peu importe. Il lui faut de l’aide. Mais les abysses lèchent ses deux orbes. La douleur se hisse dans une ondulation vertigineuse. Il ne parvient à se hisser et le corps retombe mollement sur la boue humide. Merde, il va crever ! A l’aide!…les mots ne parviennent à se déraciner des lèvres rubescentes. La terre se gorge de sang et d’exsudation. Thorn tremble à même le sol, incapable de bouger. S'enfonçant avec une lenteur déconcertante dans les limbes de l'inconscience.






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MessageSujet: Re: cry wolf (lily) Mar 3 Juil - 19:05
Lily avait le nez dans un épineux problème de décoration intérieure. La nuit s’était déjà bien installée, et il était sans doute temps de remballer, mais la jeune femme n’y parvenait pas. Depuis que Severus lui avait confié les clefs de l’endroit en lui précisant qu’il aimerait faire de l’étage un cadre de vie idéal pour eux deux, l’idée s’était frayée un bout de chemin dans l’esprit de la sorcière. L’année était désormais bien entamée, les vacances d’été approchaient avec une rapidité exaspérante, il fallait donc commencer à prendre de vitesse Severus. La jeune femme s’était ainsi assurée, cette nuit là, que son amant fût bel et bien bloqué à Poudlard dans une ronde pour venir se remonter les manches à l’étage.

Elle avait vu l’orientation esthétique prise par Severus : des bois précieux, une certaine forme de sobriété, des livres et des cristaux ensorcelés. Il y avait aussi en bas un meuble d’apothicaire, des vasques, des bocaux, des fioles et cette envoûtante odeur de fleurs séchées qu’elle affectionnait tant. Il aurait été facile de s’aligner sur les élans de sobriété et de matières naturelles qui étaient celles de Severus, mais Lily affectionnait particulièrement les défis. D’un coup de baguette magique, le parquet avait été recouvert d’une généreuse couche de cire qui avait rendu au bois desséché tout son éclat. Nouveau coup de baguette magique, les murs s’étaient lissés et couverts d’une patine blanche qui luisait faiblement dans la pénombre nocturne. Quelques flammes emprisonnées dans des bocaux plus tard, la jeune femme pouvait désormais embrasser du regard l’espace qui lui était offert. Elle avait pris un calepin et une plume, invoqué une chaise, et reportait sur la surface du papier les mesures qu’un mètre ruban ensorcelé lui communiquait. La magie était une aide appréciable dans ces menus travaux de restauration.

Quatre pièces, donc. Par chance, certains sortilèges pouvaient pousser un peu les murs au besoin si l’une d’entre elle s’avérait trop étroite pour la fonction qui lui serait attribuée. La jeune femme se dirigea vers la première et entrepris d’installer la chambre. Elle sortit de son sac quelques objets miniaturisés à qui elle rendit leur taille d’origine et qu’elle entreprit de métamorphoser à sa guise à coup de baguette magique. Vraiment, les enchantements étaient d’une aide appréciable dans ces travaux là…

Lorsque la pièce fut parfaitement à son goût, turquoise, blanche et rehaussée d’argent, Lily décida qu’il était grand temps de s’allouer une pause. Elle écarta du bout du doigt les fins rideaux blancs dont elle avait doté les fenêtres et alla ouvrir le carreau pour laisser entrer l’air froid de la nuit dans la chambre où ses multiples enchantements avaient fait monter la température jusqu’à la laisser euphorique et éreintée dans le même temps. Elle en profita pour attraper une pomme dans son sac et la croquer tout en contemplant le village endormi sous la clarté blafarde de la lune. Au loin le château assoupi se détachait de l’horizon. Cela provoquait un certain soulagement chez Lily de n’être plus dans ces murs le temps d’une soirée. Même si elle appréciait beaucoup le château où elle avait passé le plus clair de sa jeunesse, prendre un peu de distance dans cet appartement qui n’appartenait qu’à sa nouvelle vie l’apaisait. Elle avait besoin de changement, de neuf, de bouleversement…

CRAC.

Le bruit caractéristique d’un transplanage réussi résonna dans la nuit. Lily se pencha par la fenêtre pour apercevoir la petite silhouette passer. Elle s’attendait à une forme vive qui se perdrait sans doute rapidement dans les ruelles, aussi quelle ne fut pas sa surprise de voir une masse sombre inerte sur le sol. En une fraction de seconde, les réflexes de l’aurore stagiaire à Sainte Mangouste refirent surface. Lily abandonna la pomme entamée sur l’appui de fenêtre et disparut dans une volée de marche. Un enchantement de protection des lieux plus tard, elle s’aventurait au dehors pour trouver ce qui était en réalité un homme bien mal en point. Un de ses collègues fraîchement arrivés à Poudlard. Thorn Baggins. Il était là depuis un peu plus d’une semaine et semblait plutôt apprécié de ses élèves. Bon sang !

Elle s’approcha de lui prudemment, baguette magique levée. La clarté d’un « lumos » guidait ses pas, et elle put détailler plus précisément l’état de l’homme. Une sévère blessure à l’épaule le vidait de son sang sous la lune… La pleine lune. Par défaut, et en priant pour que son intuition soit mauvaise, la jeune femme choisit d’opter pour une attaque de loup garou. Si tel était le cas, il n’y avait pas une seconde à perdre.

« Wingardium Leviosa »

Le corps se souleva en douceur. Le sang qui perlait de la blessure formait des gouttes en lévitation autour de l’épaule. Les perles écarlates deviendraient flaque sitôt que le corps s’échouerait à l’intérieur, et elle songeait que l’enchantement d’imperméabilisation que Severus avait lancé sur les lattes brunes veinées d’ombre n’aurait jamais autant d’utilité que ce soir. Avec précaution, Lily déposa le corps agité de soubresauts et environné de volutes sanglantes à même le sol. Elle se détourna vivement pour rafler, d’une main experte, le dictame, la poudre d’argent et des gants en peau de dragon. Elle avait eu, lors de son stage à Sainte Mangouste, l’occasion de traiter certaines victimes de Greyback et ne se souvenait que trop bien de l’urgence de stopper l’hémorragie avant la mort du patient.

« Eh bien, eh bien, en voici un en mauvaise posture. Vous le connaissez ma chère ?  »

La voix de Nicolas Flamel résonnait dans la pièce. Depuis son tableau, il observait tout avec une grande attention, accoudé au rebord du cadre. Lily semblait ne pas lui prêter attention tandis qu’elle mêlait à la hâte dans des dosages néanmoins précis, la poudre d’argent et le dictame. Elle passa devant le portrait sans décrocher un mot, tandis que ce dernier observait doctement :

« Il a déjà perdu pas mal de sang.

- Taisez-vous, Flamel !
- Ce que vous pouvez être à cran… vous ressemblez à votre compagnon quand il travail.
- La ferme !
- Il déteint vraiment sur vous, attention ma chère ! »

Ses nerfs lâchaient quelque peu tandis qu’elle déchirait le vêtement de Thorn pour mettre à nu sa blessure. Les gants en peau de dragon qu’elle avait sur les mains pour la protéger du dictame se teintèrent du sang du jeune homme. Lily souffla un coup puis, prenant une intense respiration, entrepris de déposer avec grand soin la pâte d’argent et de dictame à même les chairs du professeur de potions. Elle faisait un travail le plus minutieux possible tandis que l’argent attaquait la morsure enchantée du loup. Le dictame, quant à lui, permettrait la cicatrisation. Mais il lui fallait n’oublier pas le moindre pan de la blessure, qu’elle recouvrait de cette croûte noire, nauséabonde et fumante.
Codage (c) Lily Evans - 1139 mots
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MessageSujet: Re: cry wolf (lily) Dim 8 Juil - 14:56
Résultat des dés:
 

*La pâte d'argent et de dictame appliquée par les grands soins de Lily Evans Potter semble faire effet, cependant, cela prend un certain temps avant que l'hémorragie ne cesse d'être inquiétante et dangereuse pour l'état de santé de Monsieur Baggins, il devrait éviter de se mouvoir trop brusquement s'il ne souhaite pas rouvrir ses plaies à peine soignées*

Exp gagné = 6xp
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MessageSujet: Re: cry wolf (lily) Mer 11 Juil - 20:40



Abyssale.
L'odeur, les images et lointains échos.
Allongé au sol, le contact froid et rugueux de la pierre lègue des salves frémissantes sur la chair moite que l'étoffe ne parvient à immuniser. La fange souille, tâche et perce l'onéreux tissu pour finalement se conjuguer au cruor dans un galeux mariage. Gueule à moitié enfouie dans une flaque de boue, le sorcier frissonne sous cet inopiné déluge. Dans un salto de glas et de vertiges, l'essai d'un mouvement se solde par un échec. Une douleur à s’en mordre la langue. Ce qu’il fait. Gicle la rougeur, le réconfort d'un liquide chaud germant dans sa bouche. Un goût de métal, une chaleur mortifère le taraudant d’un moelleux spasme. Engourdi, frigorifié, les paupières retombent lourdes sous un labourage de pugnaces gouttelettes.

Le néant s’intronise dans un éclaboussement de ténèbres.
Les humeurs se distillent, diluées dans une inquiétante anesthésie.
Noirceur absolue.

Sursaut.
Il frissonne au contact d’une inattendue chaleur. La dureté du bois craquant sous son râble. Le baiser sec d’un air intérieur, loin d’une cataracte tortionnaire. Une seule et unique conclusion réussit à fendre le brouillard de son esprit : il n’est plus dehors. Pensée rassurante ou future inquiétude ?

Affaibli, nauséeux, une pincée de courage est délogée pour entrouvrir ses quinquets. Papillonnant dans la faible luminosité, les formes apparaissent floues. Hyperbole de couleurs. Entropie peinturluré. Ils scellent sitôt la chair de ses globes, étourdi. Donc…il est dans une pièce. Mais quelle ? Sa gorge sèche et irritée le fait déglutir. Pas moins qu’un mouvement à proximité lui arrachant sursaut comme un chat mis à mal. Pas seul! Une constatation se disséminant dans une pelletée d’anxiété. Putain... Un mangemort ? Une vieille folle à chats ? Un cinglé collectionnant les cadavres ? Un mélange de curiosité et d’angoisse l’oblige à braver la réalité. Avec douceur et prudence, Thorn décloue ses rideaux carnés. La surprise lèche ses pensées dans un brusque sursaut.

« Harry ?! »

Murmure rauque et glapissant.
L’émeraude le transperce. Deux prunelles rutilant d’un vert acéré. Aah…il se noierait volontiers dans cette forêt de jade... Une seule personne est propriétaire d’un tel regard. Un garçon qu’il a bien connu pendant sa scolarité. Un petit lion impétueux qu’il avait relooké de nombreuses fois dans le sillage de sa jumelle et du trio doré. Une époque bercée d’insouciance, surtout d’imprudence. Dans la brume opaque de ses propres calots, Thorn remarque seulement la rousseur cerclant ces beaux yeux verts. Harry n’est pas roux. La question l’assiège au moment où la noirceur refait surface et l’entraîne dans les profondeurs de l’inconscience.

Noirceur divine.

Une doléance perce un silence matinal.
Bouche sèche, tête lourde et lombaires douloureuses. Le réveil est peu amène et sujet à quelques tremblements. De froid ? De peur ? De faiblesse ? Il ne saurait le dire, peinant à bouger ou même ouvrir les yeux. Se remue la carcasse, palpitent les phalanges au retour des sens. Les sons, les odeurs, le toucher et bientôt la vue. Les mirettes clignotent au pinceau lumineux l’éclaboussant. Un filet de clarté crachée depuis une hypothétique fenêtre. La nuit semble lointaine, dissipée dans un baroud de lumière et de chaleur hivernale.  Où est-il ? Ses derniers souvenirs le ramènent à pré-au-lard, titubant sur quelques centimètres avant de s’écrouler. Puis plus rien. Si! Un regard verdoyant comme la plus belle des pierres précieuses. Il n’était pas seul. L’est-il à présent ? Allongé, immobile, les lèvres s’humectent avec le bout d'une langue pâteuse et la gorge roucoule pour s’éclaircir la voix. Thorn tente l’audace.

« Quelqu’un ? »

L’écho d’une voix craintive et discrète l’étonne.
Comme un enfant tremblant à l'idée d'être pris en faute.






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MessageSujet: Re: cry wolf (lily) Jeu 12 Juil - 0:24
Lily ne sentit ses épaule se détendre que lorsque les premières vapeurs du dictame se tarirent et qu’elle vit les chairs se parer d’une teinte argentée puis claire. Une nouvelle peau se formait doucement par dessus la blessure, fragile, incertaine. Le moindre mouvement pouvait rouvrir les blessures, mais au moins, l’hémorragie avait-elle été stoppée. La jeune femme dont les gants comme la robe étaient désormais ensanglantées poussa un long soupir de soulagement.

« Eh bien, quelle nuit, ma chère, pas vrai ?
- A qui le dites vous, Monsieur Flamel, à qui le dites vous. »

Elle était tellement soulagée qu’elle aurait pu en chanter de joie. Lily en avait surtout oublié que, quelques minutes plus tôt, à peine, elle disait au portrait du plus grand alchimiste de tous les temps de fermer sa gueule ainsi que Severus le faisait parfois. Nicolas Flamel ne semblait pas s’en formaliser. Il lui avait dit, un jour qu’elle fronçait les sourcils tandis que Severus Rogue le rabrouait, qu’il trouvait cela amusant : comme des enfants qui s’ébrouent. L’enfant en question avait tout de même la soixantaine.

Lily lui adressa un sourire lumineux, le temps d’aviser l’étendue des dégâts. Le parquet avait été détrempé de sang, et Thorn gisait inconscient à même le sol. Il lui avait semblé entendre de sa bouche un « Harry ? » mais la jeune femme n’en était pas tout à fait certaine. Avant qu’il n’ait pu développer, il s’était évanoui à nouveau. Elle aurait bien le temps d’y songer lorsqu’il serait installé plus confortablement. Avisant une caisse vide à même le sol, elle la métamorphosa en lit. Sa transformation n’était pas la plus réussie qu’elle ait faite jusqu’à présent, mais le lit était confortable. Un Wingardium Leviosa pour placer Thorn sur le matelas, elle put s’approcher de lui pour lui bander l’épaule.

D’un doigt prudent, elle tâta la solidité du cataplasme de dictame et d’argent. Il avait séché, et elle pourrait l’ôter le lendemain matin. Elle retira ses gants pour ôter avec douceur la chemise de Thorn qu’elle avait malmenée. Un petit reparo, il n’y paraîtrait plus, mais elle a besoin de pouvoir librement appliquer le bandage sur l’épaule de Thorn. En le manipulant pour entourer sa peau d’une fine gaze d’albâtre, elle nota les réseaux de cicatrices le long de son dos, fines veinules sous la pulpe de ses paumes. Enfin, elle le laissa à nouveau reposer sur les oreillers et le matelas, et répara d’un coup de baguette la chemise qu’elle avait déchirée dans sa hâte de sauver la vie de son collègue (et, il fallait le dire aussi : dans sa panique). Un Vestio plus tard, voici Thorn vêtu à nouveau, pieds nus, prêt à être glissé sous la couette pour une bonne nuit de sommeil. Le dictame pour le moment l’empêcherait de ressentir la douleur, mais il viendrait bien un moment où cela ne suffirait plus et où il faudrait renouveler ses soins. Elle espérait toutefois que cette première intervention tiendrait la nuit.

Mais si l’acte de bravoure de Thorn Baggins était terminé, celui de Lily ne faisait que commencer. La tâche écarlate de sang continuait d’irriguer le plancher, et il y avait désormais un lit au milieu de la boutique de Severus. Les nerfs de Lily lâchèrent, et elle se sentit prise d’un irrépressible fou rire. Elle n’eut le temps que de sortir au dehors en fermant la porte derrière elle avant de laisser s’échapper les accents nerveux et saccadés de sa voix. Elle était une démente.

Et elle avait sauvé la vie d’un homme ce soir là.

Il lui fallut plusieurs dizaines de minutes pour se calmer. Elle rentra à l’intérieur sous l’oeil inquisiteur de Nicolas Flamel qui en avait sans doute vu et deviné plus qu’il le disait. Mais c’était un portrait, aussi Lily n’était-elle jamais certaine d’à quel point l’objet était conscient. On parlait toutefois du plus grand alchimiste de tous les temps… il était sans doute bien éveillé ainsi qu’en témoignait son œil vif.

La jeune femme entrepris de nettoyer la pièce. En quelques coups de baguette magique, le sang avait disparu de ses vêtements et du parquet qui avait retrouvé le lustre qu’elle lui avait si bien connu lors de sa précédente inspection des lieux. Un dernier coup de baguette magique. Une aura claire brilla un instant autour de Thorn. S’il devait s’éveiller, elle le saurait.

La sorcière quitta la pièce faiblement éclairée par des cristaux en agitant la main à l’adresse de Nicolas Flamel. Elle était éreintée. Aménager la chambre avait été la plus riche idée qu’elle ait eue de sa vie. Lily retrouva la pièce comme elle l’avait laissée : blanche, nette, propre, fenêtre ouverte et une pomme entamée sur le rebord. La jeune femme reprit son aliment, ferma la fenêtre, se dévêtit et se glissa dans les draps frais qu’elle avait conjurés à peine quelques heures plus tôt. Certes non, ce n’était pas ainsi qu’elle avait imaginé sa première nuit dans l’appartement… A dire vrai, elle l’aurait plutôt imaginée dans les bras de Severus. Mais elle ne voulait pas l’appeler de suite. Pas encore : le plus urgent avait été fait : Thorn était en vie et semblait dans un état plutôt stable. Pour l’heure, elle avait tiré un peu sur la corde, et les bras de Morphée l’appelaient.

Lumière éteinte, un trognon de pomme dissipé d’un Evanesco, Lily put enfin fermer les yeux et savourer un repos inédit. L’endroit lui était accueillant et familier. D’autant plus accueillant et familier qu’elle en était l’autrice. De l’étage inférieur montait l’odeur légère des potions et du parquet ciré, le fourmillement de la magie de Severus aussi. Le bâtiment tout entier devenait une ode à leurs sentiments, et cela étreignait étrangement le coeur de Lily. Nue, lovée dans les draps, elle se laissa bercer par le souvenir du souffle de son amant, bloqué pour la soirée à Poudlard. Elle avait hâte de lui montrer l’endroit, tellement hâte. Sur une table basse, sa baguette magique et les clefs du lieu brillaient sous la clarté de la lune.

Ce ne fut qu’aux premières lueurs du jour que Lily émergea en pestant. Elle avait trop dormi, bien trop dormi. Elle avait un cours à donner, et il lui restait si peu de temps pour surveiller son patient. Elle se vêtit à la hâte et envoya son patronus vers Poudlard, chargé d’une explication de la situation à l’adresse de la directrice.

« Madame la Directrice, j’ai retrouvé à Pré au Lard, Monsieur Thorn Baggins, notre nouveau collègue de Potions. Il semble avoir été mordu. C’était la pleine lune, cette nuit, et je redoute que cela ait pu être un loup garou… J’ai pu arrêter son hémorragie, et je vais procéder à des tests ce matin. Il est très faible, mais je tâcherai de l’amener à l’infirmerie où il pourra recevoir des soins plus complets. Puis-je vous demander de m’excuser auprès de ma classe du matin ? Accepteriez vous de donner de ma part, aux septièmes années le devoir suivant à faire pendant l’heure de cours que nous étions censés avoir : ‘l’emploi de l’Aparecium en situation de crise’ ? Nous verrons en classe au cours suivant les subtilités de l’enchantement. Je vous remercie et vous tiens au courant de l’état de Monsieur Baggins. »

La biche s’exhala de la maisonnée pour gagner les abords de Poudlard, sillonner les vastes prairies, et parvenir au bureau de la directrice. Dans le secret de son office, le message fut transmis.

Lily n’en attendit pas la réponse, sa baguette s’était mise à s’agiter, lui indiquant par la même occasion l’éveil prochain de Thorn Baggins. La jeune femme dévala les escaliers, pieds nus, simplement vêtue d’une robe claire et chaude, les cheveux encore emmêlés par le sommeil. Elle fit un détour par la réserve de Severus et béni son amant d’avoir eu la bonne idée de préparer quelques flacons de tonique et d’anti-douleur. Elle reprit également du dictame et de la poudre d’argent avant de passer la porte qui menait à la boutique. Lily n’avait pas entendu Thorn appeler mais le vit les yeux ouvert, manifestement un peu perdu. Elle posa son chargement sur le comptoir sous l’oeil de Nicolas Flamel qui lui, avait parfaitement entendu Thorn s’éveiller.

« Vous arrivez à pic, ma chère.
- Merci Monsieur Flamel.
- Il a la voix enrouée, un peu d’eau, peut-être…
- C’est une évidence.
- Et il devrait manger.
- Je connais mon métier, Monsieur Flamel.
- N’êtes vous pas professeur de métamorphose ?
- Merde !
- Vous lui ressemblez de plus en plus… Les petites manies sont contagieuses ! »

Lily levait les yeux au ciel, agacée, et conjurait un verre et de l’eau. Elle attrapa une chaise pour s’asseoir à côté du lit de fortune dans lequel elle avait installé Thorn, laissant le comptoir derrière elle.

« Bonjour Monsieur Baggins, réjouissez-vous, vous avez survécu à votre nuit !
- Vous auriez fait une infirmière formidable, Madame Evans…
- La ferme, Flamel !
- Quel caractère… Vous m’étonnez que vous formiez un si beau couple ! »

la jeune femme leva les yeux au ciel et reporta son attention sur son patient de fortune. Elle lui proposa :

« Un peu d’eau ? »

S’il en désirait, elle s’affairerait à l’aider à boire du mieux qu’elle le pourrait. Elle l’avisait tout en le soutenant.

« Je vais m’efforcer de vous faire regagner le château dans la journée, Monsieur Baggins, vous y serez mieux soigné, et vous pourrez vous y restaurer et surtout dormir et vous reposer. Cette boutique n’est pas vraiment le lieu rêvé pour une convalescence. Toutefois, avant cela, je vais vous donner une potion de régénération sanguine : la morsure de cette nuit vous a fait perdre beaucoup de sang, et changer votre bandage. »

Joignant le geste à la parole, la jeune femme attrapa un flacon en remerciant la prévenance de Severus, fit ouvrir la bouche à Thorn, et fit couler doucement le contenu de la potion entre ses lèvres, en veillant à ce qu’il puisse l’avaler convenablement. Lily s’efforçait de ne pas montrer toute l’étendue de son inquiétude : comment diable allait-elle bien pouvoir le ramener à Poudlard dans cet état ?

Une question soudaine.

« Vous avez appelé Harry dans votre sommeil. Vous connaissez mon fils ? »
Codage (c) Lily Evans - 1717 mots
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MessageSujet: Re: cry wolf (lily) Jeu 12 Juil - 21:07



Une proie.
Le mot rebondit dans sa caboche au sentiment d’être épié.
Une impression endurée au lancinant réveil d'une veillée tumultueuse. Des picotements se promènent le long de son corps dans une baguenauderie déplaisante. Quelqu'un le regarde, il en est certain ! L’inquiétude lime son humeur et doucement, ses yeux parviennent à saisir les contours de l'insolite pièce dans laquelle il se trouve. Un roulement oculaire pour ratisser la pièce depuis son douillet brancard, sans toutefois mettre le grappin sur l'intrus. Se fait-il des illusions? Encore le funambulesque fruit de son imagination? Nerveux, il mâchonne ses lèvres déjà ci et là fendues par ses périples nocturnes.

Un mouvement sur son flanc gauche lui arrache un sursaut. Les orbites bleues virevoltent en oblique pour saisir une silhouette. Une femme, petite et svelte, rayonnant d’une rousseur pétillante. Deux voix rebondissent à ses oreilles. Un timbre féminin, dont la propriétaire est clairement cette jolie oiselle. Et un roulement masculin dont il ne perçoit le propriétaire. Où diable est l’autre freluquet ? Un nom perce le houleux échange. Flamel ? Genre, comme Nicolas Flamel, l’auguste alchimiste trépassé bien après l’heure ? Non, ça doit être encore une élucubration de son esprit... Oui... Il n’a le temps de palabrer plus longtemps à ce sujet, un crissement boisé fend la pieuse quiétude et une jeune frimousse cerclée d’une kératine empourprée se hisse à ses côtés.  Lily Potter ! Un professeur de Poudlard croisé vaguement au détour des artères du château dans le fil des derniers jours. Plus important encore, la mère d’Harry, ressuscitée parmi la flopée de naufragés du dernier siècle. Merlin ! Il sait maintenant de qui son ancien camarade doit ces beaux émeraudes. Heureux héritage légué au crépuscule des morts. Le ton est tragique mais le cadeau inestimable.

Il a survécu ? Il s’en voit rassuré…

« Flamel ? » Croasse t’il. Le nom pirouette en boucle depuis la première saisie. A cet instant, il ne saisit pas encore la présence d’un portrait. Tout potioniste en ce monde aurait souhaité connaître le grandiloquent sorcier. Un honneur trop vite échoué lorsque l’émérite alambiqueur choisit le fléau attendu aux frontières de la mortalité. L’attention dédiée à l’extatique patronyme ne lui permet de capter la boutade de l’hommasse timbre sur le statut civil de la rousse.

De l’eau ?
Il hoche la tête malgré la douleur, grimace et ravale un gémissement. Sa gorge ronronne au contact du liquide tiède dans sa gorge. Bon sang ! Quel doux régal. Jamais il n’a autant apprécié la simplicité de l’eau qu’à l’instant, sentant la flotte couler sur sa langue et dulcifier  le feu de sa bouche. Après trois goulées, sa tête retombe sur la mollesse de l’édredon. Un soupir désenchanté cavale hors de ses lèvres.  Ensuite, l’homme concède à biberonner une breuvage de mauvais goût.

« Ce..n’était donc pas un rêve… »

Un putain de loup-garou. Il a été mordu comme un bleu. Par les flammes de Salazar ! Comment allait-il gérer ça ? Un loup-garou… Cependant, tout morsure ne provoque pas irrémédiablement une transformation absolue. L’espoir d’avoir été épargné des pires symptômes, à l’égal de Billy, le frère aîné de Ron, Thorn s’efforce de contenir une respiration modérée.

« J’en…suis un alors ? »

Féroce envie d’entendre la négation éclore du bout de cette délicate bouche pour s’échouer sur sa gueule soulagée. Il espère le bougre. Souhaite l’échappatoire au fléau lunaire. L’ironie serait trop vive et le vieux souvenir d’une jumelle crevée entre les crocs de Fenrir, trop incisif. L’homme tremble sous la couverture. L’angoisse foisonne doucement à travers l’ossature tant et si bien qu’il s’en tord les orteils.

Harry ?

Le prénom ricoche avec douceur au creux de ses tympans. Son fils… Qu’il est troublant de constater la jeunesse cadette d’une femme qui devrait le dépasser d’au moins deux décennies. Plutôt bien conservée... La mort en est l’injuste prix.

« Je faisais partie de la promotion de votre impétueux moutard. Un lion courageux mais qui avait l’indécrottable lubie de s’attirer des pépins à tout bout de champs… »

Un fugace sourire flotte au coin de ses babines aux mémoires d’une jeunesse désinvolte et volatile. En toute sincérité, il a apprécié Harry comme nombreux gryffondor. Plus encore le trio, duquel il était plus ou moins proche par le biais de sa jumelle. Surtout Luna et Neville, doux compagnons d’aventures. Mais pas moins que Fred et Georges, ces rocambolesques fanfarons !

« Mais cela fait quelques années que je ne l’ai croisé… héros du monde, il est devenu un homme fort occupé au ministère…surtout avec les temps qui courent… »

Thorn s’étonne d’articuler avec plus ou moins d’aisance les mots malgré la douleur battant au creux de son épaule et l’irritation brûlant dans la cavité sa gorge. Se léchant le labre et retenant une toux sèche, il darde ses topazes sur le minois sémillant de vie.

« Je vous remercie… »

Pour l’avoir sauvé.
Tout le monde ne se serait donné la bonne foi de ramasser sa poisseuse carcasse sous un déluge draconien à une heure noctambule.

« Quel est cet endroit ? »

Question marmonnée avec usure et fatigue. Alité sous un confortable linceul, Thorn ressent les contrecoups d’un soir bien trop houleux pour sa vétuste charpente. Ereintée, il sent pourtant la potion avalée quelques minutes plus tôt faire effet. Lentement s'atténuent les pics douloureux qui secouaient son corps depuis son essor loin des bras de Morphée. Serrant le bord de la couette entre ses doigts frigorifiés, un frisson de fatigue rampe le long de sa colonne dans une moelleuse convulsion.

« Les élèves vont me prendre pour une gargouille cacochyme. A peine arrivé et déjà alité... »

Il tente un brin d'humour mais la frustration nappe toute envie comique.


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MessageSujet: Re: cry wolf (lily) Ven 13 Juil - 23:44
Lily était soulagée de voir son patient répondre favorablement à sa nuit de sommeil et à ses soins. Il était en vie et semblait être bien parti pour récupérer promptement, c’était à dire en moins de six mois… La jeune femme avait été confrontée, jadis, en temps de guerre, à des morsures de loups garous, certaines infligées par Ferir Greyback lui-même. Elle avait vu les terribles ravages physiques comme psychologiques de pareilles attaques. Incurable, inapaisable. Il existait depuis la potion Tue-loup de Belby… Une révolution médicale au goût de la jeune femme. C’étaient Remus et Severus qui lui en avaient parlé, tous deux, alors qu’elle examinait le précédent. Elle avait ainsi appris à leur contact tous les progrès médicaux qu’elle avaient raté en un demi-siècle d’absence, et toutes les vies fauchées et sauvées des grandes guerres. Le monde n’avait pas cessé de tourner pour l’attendre, et cela lui avait donné le vertige.

Un vertige qui prit fin lorsqu’elle entendit la voix rauque, presque paniquée de son collègue. Elle ne répondit toutefois pas de suite, ayant eu à coeur de d’abord le faire avaler un peu d’eau et la potion de régénération sanguine, avant de répondre enfin à sa question en suspens.

« Nicolas Flamel, oui. Il y a un portrait de lui au fond de la pièce, mais il a son petit caractère.
- Je vous entends, ma chère.
- Et cela vous fait plaisir que l’on parle du meilleur alchimiste de tous les temps que vous êtes.
- Vous êtes une vile flatteuse, Madame Evans. »

Un petit rire s’égrena avant que le silence ne revienne dans la pièce. L’hôte du tableau s’était accoudé sur le rebord du cadre et observait avec attention le malade alité et la jeune femme qui œuvrait à ses côtés. Le malade semblait perdre pied progressivement. Sans doute réalisait-il enfin toute l’horreur de sa situation : il avait été mordu… par un loup garou. Chacun savait quelles conséquences cela pouvait avoir. Si les griffures seules ne suffisaient pas à la contagion, la morsure était, quant à elle, presque systématiquement accompagnée de lycanthropie. Seuls quelques cas extrêmement rares laissaient place à l’espoir : par exemple si la morsure était infligée par un jeune loup le soir de sa première transformation… Mais quelle chance y avait-il ? Lily redoutait par avance de devoir lancer ses enchantements de diagnostic. Elle savait ce qu’elle avait de si forts risques de trouver, et elle sentait aussi que cela détruirait son vis à vis. Si elle ne connaissait pas personnellement le professeur de potions, elle voyait bien l’angoisse dans sa demande, la crainte dans ses yeux, le frisson sur son épaule. Il lui fallait repousser le moment. Elle le questionna sur Harry, entendit sa réponse. Parler de son fils l’apaisait vraisemblablement un peu. Lily songea avec amertume qu’il l’avait sans doute mieux connu qu’elle. Elle lui fit un grand sourire.

« J’imagine qu’il est devenu très occupé, oui. Plus qu’il ne l’était à Poudlard. J’espère que vous n’avez pas fait tourner en bourrique ce pauvre Argus Rusard ensemble, tout de même ! »


Inquiétude d’une mère d’autant plus risible que Lily semblait avoir à peine la vingtaine lorsque Thorn en paraissait quarante. La jeune femme sourit aux remerciements de l’homme alité.

« Je l’aurais fait pour n’importe qui, Thorn, mais je suis contente que vous ayez passé la nuit et survécu à l’hémorragie. »

Lily n’avait même pas prêté attention à l’usage seul du prénom. Le sens des convenances, de « Monsieur Baggins » en « Madame la Directrice » était quelque chose qui lui avait toujours paru factice et qui lui semblait moins naturel encore depuis sa résurrection. Comme si elle refusait, désormais, tout faux semblant. Elle posa une main sur le bras de Thorn, tandis qu’il s’interrogeait sur l’endroit et commentait son état.

« Je vais changer votre bandage, Thorn, et lancer des enchantements de diagnostic pour connaître votre état et savoir si vous pouvez être ramené à Poudlard. Je vais également inspecter votre blessure afin de savoir s’il y aura… des suites à votre mésaventure. »


Lily avait parlé d’un ton qu’elle voulait apaisant, mais son angoisse pulsait sourdement à ses oreilles. Des suites à une morsure de Loup Garou, il ne fallait pas être grand clerc pour deviner ce qu’elle redoutait. La jeune femme, toutefois, n’en pipa mot. Elle s’affaira à endormir les sensations dans l’épaule meurtrie d’un coup de baguette magique : le sort était de courte durée, et peu agréable, puisqu’il donnait la sensation d’une eau glaciale appliquée sur le membre, mais cela lui permettrait d’aider Thorn à se redresser sur le lit en prenant soin de ne pas toucher à son épaule. Elle le savait faible, aussi le soutenait-elle du mieux qu’elle le pouvait, étonnamment forte pour un si petit bout de femme. Lorsqu’il fut assis, solidement calé contre pléthore d’oreillers moelleux, la jeune femme défit prestement les boutons de la chemise de Thorn tout en tâchant de lui parler pour le distraire. Elle savait que son épaule ne tarderait pas à s’éveiller à nouveau.

« Pour répondre à votre question : vous êtes dans une boutique de Pré au Lard nommée la Pierre Philosophale. Echoppe de potions, d’élixirs et d’ingrédients rares en tous genres. Elle n’est pas encore ouverte, mais si vous avez besoin de passer une commande spéciale – je pense surtout à des ingrédients rares, nul doute que vous avez sans doute le talent nécessaire pour accomplir vous-même les potions en vente ici –, n’hésitez pas à envoyer un hibou. »

Elle avait mis à nu l’épaule en faisant glisser le tissu de la chemise le long du corps de Thorn sans toutefois le dévêtir totalement. Elle défit avec douceur la bande, fronçant un peu les sourcils lorsque la gaze propre accrocha sur le mélange de dictame et d’argent qui avait séché sur la plaie. Un sortilège de découpe plus tard, il ne restait à l’endroit de la morsure plus qu’une croûte noirâtre hérissée de quelques fibres de toile.

« Je suis désolée, vous allez sans doute avoir un peu mal... »

La jeune femme enfila ses gants en peau de dragon et entreprit de mêler à nouveau le dictame et la poudre d’argent dans un bol, gestes ô combien familiers. Une âcre senteur se dégageait de la pâte luisante qui ne tarderait pas à venir piqueter douloureusement la peau que Lily s’apprêtait à mettre à vif en ôtant le cataplasme précédent qui avait fait son œuvre. Ses doigts recouverts de la couche protectrice de ses gants s’attelèrent à ôter le cataplasme précédent. Elle ne chercha pas à nettoyer la blessure, celle-ci était encore sans doute trop fragile et trop fraîchement soignée pour supporter pareil traitement. La jeune femme essuya simplement d’un chiffon humide les ultimes traces de sang coagulé et appliqua un nouveau cataplasme. Elle sentit sous sa main le tremblement de l’épaule de Thorn qu’elle maintenait fermement. Le dictame appliqué à même les chairs devait provoquer une désagréable sensation de brûlure, et l’odeur métallique de l’argent mêlé aux senteurs âcres du dictame n’étaient pas franchement agréables. La jeune femme fit apparaître une nouvelle bande de tissu et entrepris de bander à nouveau, et un peu plus étroitement, l’épaule de Thorn.

« Il faudra sans doute changer à nouveau le cataplasme avant la nuit, mais j’espère qu’une infirmière pourra le faire à Poudlard. Ce serait mieux… »

Lily espérait cela également pour n’avoir pas à expliquer à Severus qu’un de ses anciens élèves était en convalescence dans sa boutique. Elle ne savait rien des relations entre Thorn et son ancien professeur, mais elle avait pu remarquer une certaine froideur entre les deux hommes, et surtout dans la voix de Severus lorsqu’elle s’était réjouie devant lui de l’arrivée de ce nouveau collègue. La sorcière n’avait posé aucune question, mais elle n’était pas idiote : il avait dû se passer quelque chose…

« Vous êtes bien installé ? Pas trop mal ? J’ai un anti-douleur ici, mais je ne garantis pas son efficacité sur des blessures telles que les vôtres. Nous pouvons tout de même essayer si vous le désirez. Soif ? Faim ? Je peux vous préparer quelque chose dans la cuisine à l’étage. »

Elle sentait qu’elle avait repoussé assez l’échéance. Quoi que sans doute en proie à la fatigue, l’état de choc, la douleur, la faim ou la soif, elle savait qu’il avait sans doute besoin de savoir, besoin d’être fixé. Un sort de diagnostic se faisait attendre. Lily ne put s’empêcher de jeter un regard peiné sur Thorn, en lui adressant un petit sourire.

« Je vais lancer le sort de diagnostic, ce sera rapide. »

Elle agita la baguette magique en se concentrant. Aussitôt une plume à papote brune et courte apparut dans l’air ainsi qu’un parchemin. Tandis qu’elle incantait, la plume écrivait. La jeune femme se concentrait, tâchait de ressentir l’état du patient. Mais son inquiétude interférait, et ce fut sans doute ce qui l’empêcha de réussir tout à fait son enchantement. Elle consulta rapidement le parchemin qui était tombé dans sa paume à la fin de l’incantation.

« Deux côtes fêlées, il faudra vous donner du poussos, mais je n’en ai malheureusement pas ici. Vous avez perdu beaucoup de sang, la potion de régénération sanguine devrait vous aider et... »


Elle se figea, la mine sombre. Son œil paniqué devait être à lui seul un indicateur de l’unique mot qu’elle lisait sur le parchemin, inscrit d’une écriture soignée. Un mot qui était davantage un reflet de ses craintes qu’un reflet de la réalité, mais Lily n’en avait pas la moindre idée. Comment aurait-elle pu savoir qu’elle avait planté son enchantement ?

Un seul mot.

« Lycanthropie ».


Une voix profita du silence pour égrener un commentaire auquel Lily ne se sentit même pas la force de répliquer.

« Vous êtes bien silencieuse : mauvaise nouvelle pour la prochaine lune ? »

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