Le Nagin et le Vif-Argent (pv Asao)
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MessageSujet: Le Nagin et le Vif-Argent (pv Asao) Lun 28 Mai - 21:43


Le nagin et le vif-argent

ft. Asao Watnabe


L’air est glacial et la nuit a été des plus courtes. J’ai à peine eu le temps de quitter Lily qu’il m’a déjà fallut me remettre en route pour commencer ce pâle dimanche matin. Compte tenu des événements de la nuit qui vient de s’écouler, je dois dire que je suis passablement guilleret malgré le manque de sommeil et la morsure du froid. Je sens encore sur ma peau l’odeur des cheveux de Lily, et dans mon sillage sa présence. Je suis passé, cette nuit, par toutes les émotions, et j’ai l’impression d’en être sorti comme grandi. Beaucoup de choses se sont jouées pour moi : Lily et moi avons pu discuter du sujet qui nous a le plus profondément divisés. La magie noire, les arts occultes, les puissances destructrices de ce monde. Depuis mon retour à la vie, j’ai l’impression que la binarité de ce monde a de moins en moins sa place dans mon esprit. J’ai abandonné sur la route les notions de bien et de mal. Abandonné les causes. Abandonné les combats justes. Il ne reste, pour moi, que Lily, la conquête de son cœur. J’ai aimé son souvenir pendant si longtemps que j’ai l’impression d’apprendre à la connaître seulement maintenant. Je chéris son âme, son coeur et chacun des moments que nous pouvons passer comme mes plus précieux trésors.

On pourrait croire que je n’ai aucune autre passion qu’elle dans ce monde. C’est faux. Elle m’offre ces derniers jours la paix et la sérénité. Toute cette haine qui me dévorait s’est envolée. Cela laisse de la place pour nombre d’autres choses. Bien d’autres activités, bien d’autres émotions, bien d’autres quêtes. Mais je ne veux plus cheminer seul, et je n’y chemine d’ailleurs pas seul. Lily se tient à mes côtés. Elle a fait, cette nuit, un premier pas vers moi, sur ma route. Je veux l’y emmener tout à fait. Il y a aussi Regulus, jadis un compagnon d’étude précieux. Il l’est toujours. Il est sans doute ce qui est plus proche, à mes yeux, d’un ami, d’un ami cher et proche. Et puis il y a ce monsieur Watnabe que je viens chercher aux aurores. Parce que je suis mort déjà une fois, je sens l’urgence de laisser une trace, quelque chose en ce bas monde. J’ignore si je serai père un jour, et je préfère ne pas me lancer sur ce type de supposition, mais je sais ce que je peux transmettre : mon savoir, mon enseignement, en un mot, tout ce que je fus. Je sens l’urgence d’écrire, de laisser au monde un disciple.

Lily est de ceux que j’aimerais emmener à ma suite sur les chemins tortueux de la connaissance, mais elle n’est pas la seule. Qui, dans la jeune génération, pourra prendre ma succession ? Ce Watnabe en a-t-il l’étoffe ? J’en doute, et pourtant j’aimerais le découvrir, j’aimerais lui laisser une chance de faire ses preuves. Je ne sais dire ce qui m’a plu en lui, alors que je trouve des dizaines d’exemples de ce qui me déplaît – à commencer par cette coiffure ridicule. Je suppose que ce doit être un tout… Un descendant des nagin chez les Pouffsouffle, déjà. Et puis un jeune homme brillant, je le sais en lice pour un prix prestigieux, j’ai pu me rendre compte de sa capacité à déceler la magie, de sa sensibilité. Peut-être ai-je été touché, même, par ses analyses sur ma propre personne.

Comment peut-on être un con et faire de la belle magie ? C’est en substance ce qu’il doit penser de moi. J’ai envie de le détromper, de l’attirer à moi pour qu’il fasse quelques pas sur la voie que j’ai ouverte à force d’erreurs et de tâtonnements. Sa crainte de la magie noire me plaît aussi. Il a conscience du danger qu’elle représente, bien. C’est un levier puissant. Celui qui craint est prudent. Celui qui est prudent vit vieux. Je veux jauger, désormais, son habileté, sa rapidité d’action, sa réflexion, sa puissance.

J’arrive juste à temps devant les grilles de l’école. J’ai quelques instants d’avance, et l’endroit est encore désert. J’en profite pour recentrer mes pensées comme je le faisais jadis, me préparer à une forme de combat. Il est l’heure non pas de défier quelqu’un mais d’être attentif à tout ce qui surviendra à présent.

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MessageSujet: Re: Le Nagin et le Vif-Argent (pv Asao) Mar 29 Mai - 10:18
S’lever à cinq heures du mat’ un dimanche matin, c’est faisable pour quelque chose d’intéressant, de cool. Par exemple, une répèt. Autant dire que se lever à cinq heures du mat’ pour le vieux Rogue, tout de suite ça vend moins de rêve. La retenue passée avec lui m’a laissé un souvenir impérissable : faut dire que se faire insulter gratuitement, ça motive moyennement. Je sais pas quoi penser du prof, à vrai dire : j’suis partagé entre « je le déteste » et « putain, fascinant le gus, quand même ». On doit pouvoir bouger librement le curseur entre ces deux pôles assez facilement selon la façon dont le type se comporte.

Ah ça, c’est sur, qu’en terme de glamour et de sympathie, le Severus Rogue, c’est pas vraiment la panacée. Sérieux ! Je me demande encore pourquoi on a filé la défense contre les forces du mal à cet ancien mangemort. Il vont m’entendre au journal de l’établissement ! J’ai envoyé à Regulus Black, le bibliothécaire et responsable du journal du bahut, un article pour le moment un peu neutre sur le vieux Rogue. Si celui-là, passe, crois bien, mon vieux, que c’est que le début d’une interminable série ! Tu vas prendre cher !

Pour le moment, c’pendant, faut bien dire que c’est surtout moi qui prend cher. Un dimanche entier de retenue à Pré-au-Lard avec Rogue… Putain ! Si je m’en sors vivant de celle-là, plus jamais je ne fais un pet de travers à Poudlard ! Promis, juré, craché, croix d’bois, croix d’fer, si je mens, Rogue (ben oui, faut pas déconner non plus) va en enfer !

J’ai à peine eu le temps d’aller chopper un truc en cuisine, et ai encore un bout de pudding à la main lorsque j’mets les pieds hors du château. A cinq heures et demies. J’le retiens vraiment avec ses horaires à la con. La nuit est encore étouffante et j’suis obligé d’allumer le bout de ma baguette pour ne pas me prendre les pieds dans tout ce qui se présente. J’me concentre vite-fait en mâchonnant encore un raisin sec un peu trop résistant, et je pense « lumos ». Le bout de la baguette luit, pas très fort, mais il luit. Va quand même falloir que je travaille mes informulés un de ces jours.

« Lumos »

Ah, là, d’un coup, ça marche carrément mieux. J’me guide à l’aide de cette boule bleuté au bout de ma baguette pour avancer sans me gameller tous les trois mètres. Vachement bon, ce pudding, d’ailleurs. J’me fais la réflexion en enfournant la dernière bouchée et en arrivant en vue des grilles. J’pensais être le premier, c’est rapé. Y’a déjà la grande silhouette noire et austère du professeur Rogue. J’ralentis un peu, faudrait pas arriver trop à l’avance non plus. Enfin, avec ma baguette magique illuminée, c’est mort pour la discrétion, alors autant y aller franchement. Je chasse les dernières miettes d’mes mains et de ma robe de sorcier, et j’me jette à l’eau.

« Bonjour, professeur. Vachement matinal, dites-donc ! »

Ben quoi ? Il me fait déjà me lever aux aurores, j’allais pas en plus être sage, non ? Je garde ma baguette magique allumée à bonne distance de lui, manquerait plus qu’il se vexe, qu’il pense que je veux l’attaquer, ou quoi. Il en est cap ce gus. J'me frotte les mains : c'est pas qu'il caille, mais un peu quand même.

« Alors ? C'est quoi l'programme? »
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MessageSujet: Re: Le Nagin et le Vif-Argent (pv Asao) Mar 29 Mai - 16:11


Le nagin et le vif-argent

ft. Asao Watnabe


Il est difficile de ne pas voir Monsieur Watnabe arriver au lieu de rendez-vous, une fois encore avec une légère avance. A nouveau, je porte cela à son crédit, quoi que maugréant contre son usage abusif du lumos – la lumière de la lune faisait très bien son office à mes yeux – et contre ce rose radioactif qui lui pare le crâne d’une crête qu’un employé de Tchernobyl n’aurait pas dédaigné. Après l’explosion du réacteur, naturellement.

Mais enfin, il me semble que sa coiffure est peut-être le cadet de mes soucis pour le moment, toute ridicule qu’elle soit. Non, il y a bien plus grave : ses détestables manières désinvoltes. Monsieur Watnabe m’étonne de plus en plus par son étrange capacité à parfois savoir faire preuve de retenue et d’autres fois être plus insupportable que James Potter, Sirius Black et les jumeaux Weasley réunis dans la même pièce. Ce qui, en soit, confine à l’exploit.

« Bonjour, professeur. Vachement matinal, dites-donc ! Alors ? C’est quoi l’programme ? »

Je pince les lèvres, il n’en reste plus qu’une ligne mince plissée dans un rictus de mauvais augure.

« Monsieur Watnabe, je constate que le fait d’être en retenue toute cette journée durant ne vous empêche pas de vous comporter de façon bien trop désinvolte pour votre propre bien. Souhaitez-vous que je commence de suite à enlever des points à votre maison ? »

Je ne mets toutefois pas ma menace à exécution. Les points pour la coupe des quatre maisons m’indiffèrent assez pour le moment.Et puis je me sens d’humeur magnanime, malgré la sévérité dont je fais preuve. Sévérité toute normale d’ailleurs : j’ai un prénom et une réputation à honorer ! Non, ce qui est important à mes yeux, dans l’immédiat, c’est bien ce que j’ai préparé en vue de ce petit test. J’ai eu peu de temps pour m’organiser, mais j’ai une ligne directrice, une quête concernant Monsieur Watnabe. Savoir s’il est digne.

C’est une lourde décision à prendre. En effet, une personne ne peut se jauger que bien difficilement, et si j’ai, pour lui, de possibles grands projets, peut-être n’en a-t-il, pour sa part, rien à faire. Il ne suffit pas qu’il soit digne. Il faut aussi qu’il soit volontaire. Beaucoup de variables inconnues dans cette équation là. Je suis pourtant assez optimiste. Je me souviens encore de l’intensité avec laquelle il contemplait le cristal posé sur mon bureau. Un prototype. Les versions plus abouties sont destinées à la boutique. C’est Lily, bien sur, qui m’a inspiré cette idée… Comme beaucoup d’autres en matière d’esthétisme.

« Veuillez me suivre, jeune homme. »

Mon ton ne souffre pas la discussion, je l’invite à m’emboîter le pas. Je l’entraîne hors des rues de Poudlard, et le mène tout droit à Pré-au-Lard, le village attenant. Je me repère sans mal à la seule lueur des astres, mais peut-être n’est-ce pas son cas. Il faut dire que j’ai arpenté si souvent ce chemin, ces derniers jours que j’en suis venu à connaître par coeur jusqu’au nombre de mes pas qui sépare le château de mon échoppe. Très précisément cinq-cent soixante et deux.

Nous ne mettons que quelques instants pour arriver au lieu dit. J’ouvre la porte d’un « Alohomora » informulé, et entre le premier. J’agite ma baguette magique dans un petit geste, et le cristal qui a éclairé toutes mes retrouvailles de la nuit dernière avec Lily reprend du service. La lumière qu’il diffuse est chaude et vive, un peu plus vive que lorsque j’étais avec mon aimée. Il n’y a pas lieu d’intimité entre Monsieur Watnabe et moi : il est là pour travailler.

« Il ne vous échappera pas que cette boutique est en plein aménagement. Je suis ravi que vous vous soyez donc spontanément proposé en guise de bras supplémentaires. Vous voyez les caisses sur votre gauche : elles contiennent des ouvrages qui seront en vente ici. Posez les – par ordre alphabétique d’auteur, il va de soit – sur le rayonnage derrière vous. »

Première mise à l’épreuve qui est double. Les étagères ont toutes été gravées de runes savamment cachées : je me demande s’il sera capable de les déceler et de percevoir la magie à l’oeuvre dans l’endroit. En outre, dans les livres indiqués, j’ai glissé plusieurs copies d’ouvrages interdits traitant de magie noire ; oh, rien de particulièrement dangereux, davantage des choses à la réputation sulfureuse chez les non initiés. Je me demande s’il osera me faire une remarque sur ces choix littéraires. J’aimerais bien, ce serait pour le moins amusant.

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MessageSujet: Re: Le Nagin et le Vif-Argent (pv Asao) Mar 5 Juin - 10:58
Encore l’matin, et je me fais déjà reprendre par le vieux Rogue sur mon langage. Il pensait quand même pas que j’allais y mettre de la bonne volonté à tout ce cirque, non ? Visiblement, si… Je me mords la lèvre inférieure pour ne pas répliquer tout le bien que je pense de sa menace et de ses sabliers. Il faut rester zen, Asao : ZEN. C’est rudement dur. Même si le gus me fascine sur le plan de la maîtrise magique, pour le reste, c’est franchement un gros con. Un très, très gros con. Enfin, c’est pas comme si je ne le savais pas… Je l’ai en cours depuis octobre, et rien de ce qu’il a pu faire n’a vraiment contribué à mettre à distance cette impression que j’ai de lui : la personnalité du gars est détestable, point.

Une fois qu’on l’sait, on pourrait croire que ça irait mieux, et qu’on peut passer outre… Mon cul, oui ! Que dalle, les enfants : il est toujours aussi agaçant. Un peu comme ces insectes qui vous tournent perpétuellement autour sans que vous ne puissiez les exploser sur un mur. Lui, je ne peux pas l’exploser sur un mur, j’ai très vite acquis la certitude qu’en duel, ça s’rait plutôt lui qui me dégommerait.

Du coup, j’réponds poliment.

« Désolé, professeur. »

Fausse politesse, fausse modestie, faux regrets. S’il est dupe, c’est qu’il est stupide en plus d’être con. Mais je crois pas que ça soit le cas. Il m’invite à le suivre d’un ton sec. C’pas franchement rassurant, tout ça, mais on va dire que j’ai pas vraiment le choix. Du coup, j’lui emboite le pas en faisant bien attention de ne pas me gameller. Il a sans doute des rayons X à la place des yeux, mais c’pas mon cas. J’oriente prudemment ma baguette vers le sol pour voir où je mets les pieds. Ça serait vraiment dommage de pas pouvoir faire ma colle parce que je me suis cassé un os… Quoi qu’il serait sans doute cap’ de me ressouder l’os lui-même pour me faire bosser.

On avance assez rapidement, presque trop pour moi. Je vois dans la pénombre tout le village encore endormi, franchement, ça s’fait pas de faire bosser les gens aussi tôt un dimanche matin ! J’lui en veux à mort, au Severus Rogue sauvage, là ! Je fulmine jusqu’à ce qu’on arrive devant une porte à l’encoignure d’une ruelle. Ça paye pas de mine jusqu’à ce qu’il ouvre la porte et me fasse rentrer dans le lieu derrière lui.

Là, c’est la baffe. Tellement que j’ai presque envie de ressortir. Mon sang nagin s’agite, je peux presque entendre ses cris de joie. Pour ma part, j’ai juste envie d’aller gerber dans un coin, comme la première fois que j’ai mis les pieds à Poudlard. Il me faut toujours un temps d’adaptation à un nouveau lieu magique pour bien m’accorder à son ambiance particulière, et le moins qu’on puisse dire, c’est que celle là, elle est pas mal.

Y’a un bouillonnement, une véritable cacophonie qui me donne le tournis. J’entends à peine le vieux Rogue me donner des ordres. Ranger des bouquins… Mais si je fais le moindre geste pour prendre un livre, je dégueule par terre, moi ! Je m’appuie contre le mur, j’dois paraître un peu pâle. Je ferme les yeux quelques instants pour me concentrer. Je sais désormais comment faire passer ce genre de choc magique. Faut que j’arrive à démêler le boucan de mes sens magiques, ça prend pas longtemps. Et une fois que j’me suis habitué au nouveau lieu, tout va bien. J’appuie le sommet du crâne contre la pierre. J’ai l’impression d’la sentir vibrer, de tout sentir vibrer. Y’a un mélange assez ouf d’énergies magiques. Je sens de la magie runique, j’la connais bien, les nagins l’utilisent assez souvent. Mais il y a autre chose, comme l’écho de deux symphonies magiques qui se sont unies. Peut-être qu’il y a eu un rituel pratiqué ici peu de temps avant ? Je devine la note grave de Rogue un peu partout dans les murs et les choses : quoi de plus normal, ce lieu est à lui. Mais pour l’autre… mystère et boule de gomme. En tous cas, y’en a qui ont fait de la magie ici, cette nuit… et peut-être plus. J’ai déjà senti une fois ce mélange troublant d’essences magiques au Japon qui peut survenir lorsque deux personnes sont parfaitement accordées ensemble. Je me demande si Rogue et la prof de Divination… mais les résidus de magie que je perçois me font pas penser à elle… Mystère et boule de gomme le retour. En tous cas, ça titille ma fibre journalistique.

Le sol a arrêté de tanguer, ça me paraît bon. Je rouvre les yeux, et je commente d’une voix un peu plus blanche que d’habitude.

« Vous déconnez pas sur les protections runiques ici. Vous les avez planquées dans les murs, ou quoi ? Ah… je vois. »

Tout en disant ça, je reviens toujours vers les étagères. Je suppose qu’il a dû en graver là, un peu partout. Je devine certains maléfices de protection gobelin, des trucs bien bourrins, quand même. Ça m’étonne pas de lui. J’aurais pas utilisé ces sortilèges là. J’ai toujours trouvé que les gobelins étaient un peu trop efficaces et pas assez poétiques dans leur approche de la magie… mais bon, à gobelin, gobelin et demi !

Ranger des livres, donc. J’suis pas trop assuré quand je me dirige vers la caisse, mais j’arrive à ne pas me casser la gueule et le malaise s’estompe doucement. Je sens une sorte d’effervescence joyeuse me gagner, comme à chaque fois que mon sang nagin est réceptif à un lieu magique. On dirait que la magie runique gobelin, ça le botte bien, finalement ! Je me remonte les manches, et j’ouvre la première boite. Des tranches parfaitement alignées, certaines que je connais, d’autres qui sont totalement inconnues au bataillon. Je commence à sortir des piles de livres, et à classer les titres sur l’étagère. Potion, Alchimie, Potion, Potion, Magie Noire…

MAGIE NOIRE ?

Je suspens mon geste, un air de franche incrédulité sur la gueule. Je relis le titre, pour être sur.

Magie Noire.

Je feuillette un peu.

Magie Noire, on a dit.

Là, j’explose. J’me retourne vers Rogue qui s’est lui aussi mis au travail de son côté, et que je vois s’affairer derrière le comptoir.

« Je crois qu’il y a des livres de votre réserve personnelle de bouquins pour apprenti mangemort qui se sont glissés dans le tas. Vous confirmez qu’il est dans votre intention de proposer en vente libre des bouquins de magie noire ? J’appelle le ministère tout de suite, parce que c’est illégal, ou bien vous me butez en premier ? »


Ma voix a sonné comme un défi. Mais en vrai, je suis mort de trouille, et je me prépare déjà à balancer le livre et prendre mes jambes à mon cou.
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MessageSujet: Re: Le Nagin et le Vif-Argent (pv Asao) Mar 5 Juin - 19:23


Le nagin et le vif-argent

ft. Asao Watnabe


Il m’a emboîté le pas en fulminant. Je laisse mes perceptions aux aguets, affleurant sa conscience avec la légèreté d’une plume. Je n’ai pas besoin de le voir distinctement pour sentir les vagues d’agacement, d’appréhension et de colère qui irradient de tout son être. Parfait. Son état d’esprit pour le moins instable est un élément précieux de mon plan. Je savais d’expérience qu’il était bien plus facile d’amener où on le souhaitait quelqu’un en proie à ses émotions plutôt qu’une personne parfaitement froide et rationnelle. C’était l’évidence pure qui parlait, naturellement. Je me délecte encore de son trouble lorsque nous arrivons dans le boutique. J’y distribue sèchement mes ordres, et j’observe avec attention le jeune homme.

Je le vois tressaillir, trembler, et s’appuyer contre un mur. La couleur a quitté son visage, et je vois sa poitrine se soulever avec lenteur. Manifestement, il perçoit les sortilèges de protection de l’endroit, ce qui doit sans doute lui causer quelque désagrément. Je suis infiniment curieux, aussi profité-je de son trouble. Je le vois fermer les yeux, et sors promptement ma baguette magique en faisant le vide dans mon esprit. Un murmure à mi-voix. Une flèche de conscience pure, de volonté chauffée à blanc.

« legilimens ».

Aussitôt, la connexion s’établit. Je reste à la surface de son esprit, et perçois enfin les choses comme lui les perçois. Jamais ma boutique ne m’a parue aussi saturée de magie et de puissance. J’entends un écho lointain qui semble me faire trembler les tympans jusqu’aux os. La vibration est intense, indescriptible pour moi. J’ignore que ce que je perçois n’est que ma propre magie mêlée à celle de Lily. Toutes ces sensations me viennent depuis l’esprit d’Asao, de sorte que je ne les ressente moi-même que de loin, comme à travers un filtre, mais je mesure à présent combien tout ceci est puissant. Je me sens moi-même un peu fébrile lorsque je rompt le contact, observant avec un intérêt renouvelé le jeune homme.

j’ai été si discret dans son crâne que je suis certain qu’il ne m’a pas senti. Comment l’aurait-il pu alors qu’il était en proie à la tourmente. Je vois son visage reprendre quelques couleurs, et un soubresaut agiter le coin de sa lèvre. Il ne va pas tarder à revenir à lui. C’est une drôle de chose que de voir le vaillant Monsieur Watnabe ainsi en position de faiblesse. Je dois dire que cela me plairait presque, et m’intrigue, en tous cas, beaucoup. Je savais que certaines créatures percevaient les flux magiques, bien entendu, mais je n’avais jamais pu l’expérimenter moi-même. Cet écho lointain a été suffisamment longtemps pour me convaincre qu’il y a beaucoup à apprendre de la nature de ce jeune homme… de gré ou de force.

Je l’entends enfin reprendre la parole. Malgré la bravade de son ton, on sent que le coeur n’y est pas.

« Vous déconnez pas sur les protections runiques ici. Vous les avez planquées dans les murs, ou quoi ? Ah… je vois. »


Je suis son regard jusqu’aux bibliothèques. A présent que la tempête s’est calmée dans son crâne, il doit être capable de percevoir plus finement les magies à l’oeuvre dans la pièce. Je laisse mes sens en alerte, mais n’enfonce plus les portes de son esprit. Je suis curieux de voir ses réactions dans cet endroit maintenant qu’il s’y est un peu accoutumé.

« Vigilance constante comme l'aurait dit un vieil ami, monsieur Watnabe. »


J’ai un petit sourire en coin. Pour une fois, la lueur dans mon œil s’est faite moins dure. Je suis secrètement assez satisfait de la réaction du jeune Pouffsouffle. Il faut qu’il apprenne à contrôler son esprit pour mieux gérer ses perceptions, mais, de ce que j’ai pu jauger en cours, il a la force d’âme suffisante pour ça. Un peu de discipline et de travail, et nous pourrons sans doute en faire quelque chose.

Je l(observe avec attention tandis qu’il se met au travail. Je le vois sortir les livres de la première caisse, les empiler soigneusement, les classer par auteur et par sujet. Du bon travail. Il s’immobilise, un volume à la main. Je sais à la couverture de quel ouvrage il s’agit. Je le sais d’autant mieux que c’est le premier livre de magie noire qui m’est échu entre les mains. Cadeau de Lucius Malefoy à l’époque. Le Florilège des enchantements pour la question par le grand Inquisiteur Severus. En latin, naturellement, mais équipé d’un enchantement de traduction automatique par souci pratique. Lucius Malefoy me l’avait offert un petit sourire aux lèvres, sans le moindre commentaire. Ce catholique du début du seizième siècle, inquisiteur pour la couronne papale de son état, avait une imagination débordante.

Je le vois marquer un temps d’arrêt, hésiter. Lever les yeux vers moi. Il feuillette quelques pages puis se décide enfin à ouvrir la bouche.

« Je crois qu’il y a des livres de votre réserve personnelle de bouquins pour apprenti mangemort qui se sont glissés dans le tas. Vous confirmez qu’il est dans votre intention de proposer en vente libre des bouquins de magie noire ? J’appelle le ministère tout de suite, parce que c’est illégal, ou bien vous me butez en premier ? »

J’ai un sourire dur sur le coin des lèvres. En vérité, je m’amuse beaucoup. Ma voix s’est faite mielleuse.

« Allons, monsieur Watnabe, un peu d’originalité ! Vous tuer serait malvenu lorsque je pourrais vous soumettre à l’Imperium ou vous ensorceler... »


Je laisse planer le doute puis élargis mon sourire. Mes yeux pétillent, j’affiche clairement une forme d’espièglerie dont personne ne pourrait me croire capable de prime abord. Ce doit être sans doute parce que je suis encore un peu euphorique à la suite de ma folle nuit avec Lily. Je contourne le comptoir près duquel j’étais, puis m’approche d’Asao. Je prends avec une grande douceur le livre qu’il tient, effleurant sa main au passage. Je le feuillette et trouve finalement ce que je cherchais. Je lui remets entre les mains le livre.

« Voyons si vous êtes si puissant, Monsieur Watnabe. Attaquez-moi à l’aide de cette formule. »

Tous mes sens sont en alerte tandis que j’observe Asao Watnabe déchiffrer l’enchantement qu’il a sous le regard. C’est une forme médiévale de laquelle je me suis inspiré pour le Sectusempra. L’enchantement s’appelle « desectum caro », littéralement « trancher les chairs ». Il provoque une seule longue et profonde entaille dans les chairs de la personne visée. Un peu léger comparé au sectusempra. Par chance, le Vulnera sanetur fonctionne très bien aussi avec cet enchantement.

Mon esprit effleure le sien. Avant même qu’il ne prenne sa décision, je serai prêt à parer.

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MessageSujet: Re: Le Nagin et le Vif-Argent (pv Asao) Jeu 7 Juin - 22:49
J’sais pas exactement où ça a merdé, mais ce qui est sur, c’est que ça a merdé en beauté. Je savais que le Rogue, il avait une case ou trois en moins, mais là, il me fait complètement badder. Déjà, sa boutique est saturée d’une puissance magique grisante. Je m’y suis accoutumé vite, car la magie qui circule là est bien moins puissante qu’à Poudlard, mais elle émane d’un seul homme qui a façonné l’endroit à son image. Partout, l’écho de Severus Rogue résonne, vrombit, vibre. J’en ai encore un peu l’coeur au bord des lèvres. J’ai presque l’impression qu’il me happe dans son intimité, et je me sens exposé. J’suis en territoire ennemi, ici. Je suis dans l’antre du loup.

Et quel loup. Le v’la qui s’approche de moi. Il est prêt à bondir. Ses menaces n’m’ont jamais autant effrayé qu’ici. Dans sa boutique, il est puissant, c’est son espace à lui, façonné par sa magie, par sa personnalité. J’suis qu’un invité fragile, ici. Je me sens tout petit à côté d’lui, et j’ai l’impression qu’il est encore plus magnétique qu’à l’école. J’arrive pas à détacher mon regard de lui lorsqu’il s’approche, avec cette lueur de mauvais augure dans les yeux. Sa voix est trop douce pour être rassurante. Putain, je flippe.

Il s’propose de m’ensorceler. Est-ce qu’il ignore vraiment la fascination qu’il exerce en c’moment sur moi ? C’est pas d’l’amour ou une connerie du genre, c’est mon sang nagin qui profite de ma faiblesse passagère. J’recherche la source de la magie du lieu, et elle est là, elle avance vers moi. J’peux pas m’empêcher de frissonner quand j’sens sa peau effleur la mienne. C’est comme une décharge électrique qui parcoure toute ma main et remonte dans le bras jusqu’à la naissance de mon omoplate. Il a pris le livre de mes mains, et j’tremble un peu. J’dois avoir l’air vachement con à l’observer, comme hypnotisé pendant qu’il tourne les pages du bouquin à la recherche de quelque chose.

Il me le rend et m’demande de l’attaquer. Sa voix est sans appel, et j’me sens tellement sous le charme du lieu que j’s’rais presque prêt à le faire sans poser de question. Mais j’tombe sur la description du sortilège. Aussitôt, mon cerveau se rallume faiblement, et j’sens bien qu’il va pas en être question tant que mon cerveau a les commandes… Mais combien de temps l’aura-t-il ? C’t’endroit me réussit vraiment pas.

« Vous voulez que je vous balance un sortilège offensif ? Si vous voulez crever, y’a moins tordu que de vous faire assassiner par un d’vos élèves, Professeur. »

Je secoue la tête un peu plus faiblement que c’que je voudrais. J’vois bien qu’il essaie de magouiller quelque chose. Il a sans doute déjà tout prévu, t’façon. Mais je me rendrai pas sans combattre. Je ferme le bouquin d’un coup sec. Ça fait un « pof » qui s’envole dans le silence de la boutique.

« Et puis, j’touche pas à la magie noire, moi, monsieur. Va falloir vous trouver une autre bonne poire pour vous assassiner. »


J’veux avoir l’air ferme et décidé. Pourtant j’arrive pas à le quitter du regard, comme hypnotisé par la note grave qui irradie et résonne de partout. La magie runique qu’il a mise en œuvre dans l’endroit m’chatouille les entrailles d’une sorte d’euphorie contenue, et je me sens porté par la cacophonie résiduelle de sa nuit de magie (sa nuit d’amour avec le joli professeur Potter, en vrai, mais ça, j’en ai pas la moindre idée). Si je trouve pas quelque chose, et vite, j’vais me faire happer par lui, j’le sens bien.

A Poudlard, ça va : le château est grand, et ça brasse tellement de monde qu’il y a moyen de ne pas s’attacher à une seule personne. Mais là… mes sensations sont dominées par sa présence. S’il continue d’insister, j’vais probablement finir par craquer et me laisser embarquer là où il veut me mener. Mon sang a soif de sentir la magie courir dans mes veines, saturer l’air, tourbillonner ici. Moi, le pouvoir, j’m’en fous, mais le naguin en moi, ça le grise, ça lui plaît, ça l’attire.

Et j’viens juste de l’apprendre à mes dépends.
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MessageSujet: Re: Le Nagin et le Vif-Argent (pv Asao) Sam 9 Juin - 10:13



Le nagin et le vif-argent

ft. Asao Watnabe


Comme je m’y attendais, Monsieur Watnabe a l’air décidé à me tenir tête. Cela me plaît assez, je dois dire. Quel intérêt y a-t-il à triompher sans résistance ? Un disciple qui me serait acquis d’emblée a peu de prix à mes yeux. Ce qui est intéressant, en revanche, c’est d’amener, pas à pas, ce jeune nagin que tout semble opposer à moi, dans mon sillage. C’est tordu, retors et pervers. Je sais. Il faut croire que mes vieilles habitudes ont repris le dessus. Je le vois se figer lorsque je m’approche de lui, je perçois son frisson lorsque j’effleure sa main. C’est un indice suffisant pour présager de la fragilité de son esprit en cet instant précis.

Bien, très bien. Je pourrais me gargariser d’avoir réussi à le déstabiliser, mais en réalité, je n’y suis pour rien. Je n’avais pas idée que Monsieur Watnabe était un tel détecteur de magie sur pattes. Aurais-je choisi pour lui un autre lieu de rendez-vous si je l’avais su ? Certainement pas, mais j’aurais pu appréhender mieux ses réactions. Pour le moment, je navigue à vue avec une prudence extrême : je dois bien l’avouer, je n’ai aucune idée des réactions qui peuvent être celles d’un être magique, même métisse.

Je l’entends protester lorsque que je l’incite à m’attaquer. La chose était prévisible. Monsieur Watnabe me fait l’effet de ce que l’on pourrait appeler « un brave pouffsouffle ». Bon élève, serviable, gentil, loyal. Absolument pas le genre de personne à pratiquer les arts obscurs.

« Vous voulez que je vous balance un sortilège offensif ? Si vous voulez crever, y’a moins tordu que de vous faire assassiner par un d’vos élèves, Professeur. »

Premier bon point pour lui : il a parlé de « sort offensif » et non pas de magie noire. Cela me laisse présager qu’il est moins manichéen qu’une partie de ses petits camarades. Je laisse flotter un petit sourire sur mes lèvres, et je frôle son âme de mon esprit. Monsieur Watnabe n’a aucune défenses mentales, c’en est affligeant : je peux sentir à peu de frais assez finement la fascination que j’exerce sur lui. Si la sensation est grisante, elle n’en reste pas moins à exploiter. Peut-être que vaincre la morale de ce jeune homme sera finalement une entreprise plus aisée que ce que j'escompte.

« Et puis, j’touche pas à la magie noire, moi, monsieur. Va falloir vous trouver une autre bonne poire pour vous assassiner. »

… Décevant. Mon petit sourire s’efface pour laisser place à une certaine froideur apparente. Mon visage s’est figé dans un masque d’albâtre. En réalité, j’étudie avec attention, sans porter de jugement, les réactions du jeune Pouffsouffle. Je pressens que l’argument « magie noire » est sans doute une défense mentale pour résister à la fascination qu’exerce sur lui la puissance de la magie. Je suis à peu près certain de pouvoir utiliser ce levier à mon avantage.

« Voyons, Monsieur Watnabe, je vous ai connu l’esprit plus vif. »

Ma voix s’est faite douce, presque chaude. Je perçois les accent de l’indulgence bienveillante que l’on peut avoir pour le vilain petit canard d’une fratrie : l’enfant le plus à la traîne est souvent le préféré des parents, c’est un peu l’effet que me fait le jeune Pouffsouffle. Il me fait l’effet d’un vilain petit Serpentard exilé chez les blaireaux. Foutu choixpeau !

« La magie n’a d’autre couleur que la volonté du sorcier, je pensais que vous le sauriez. Vous pouvez utiliser un doloris pour faire repartir le muscle vital d’une victime d’attaque cardiaque, l’Avada Kedavra pour mettre fin aux souffrances des cas les plus incurables, utiliser l’Imperium pour sceller les tendances suicidaires des plus désespérés… Il est vrai que les sortilèges de ce manuel ont été trop souvent employés à mauvais escient, mais ce n’est certes pas une raison pour les mettre à l’index. »

Je lui reprend le livre des mains, toujours avec une grande douceur, et m’approche de lui pour lui faire lire une incantation. Il est tout proche de moi, il n’aura aucun mal à décrypter.

« Prenez l’enchantement ‘Vereris’ : très employé aux XVe et XVIe siècles, il a été abandonné au profit des sérums de vérité. Ce sortilège permettait à un sorcier de se faire craindre, presque révérer par la cible de son sortilège qui lui confiait ainsi plus volontiers la vérité lors des sessions d’interrogatoire. C’était, bien entendu, moins efficace qu’une potion, mais admirez tout de même l’inventivité de la chose : au XVe siècle, déjà, les sorciers avaient compris que la magie ne pouvait pas tout. Ils auraient pu chercher un sortilège plus offensif dont l’effet soit d’obtenir purement et simplement la vérité, quelle qu’elle soit... »

Je laisse ma phrase en suspens et fais quelque pas dans la pièce. Je gagne le comptoir pour y poser l’ouvrage.

« Mais cela aurait été peine perdue : la vérité est un absolu, difficile à définir, plus encore à obtenir. Le Veritaserum, contrairement à ce que l’on croit, ne fait pas dire à quelqu’un la vérité, il l’empêche de proférer sciemment des mensonges. Mais ce qu’il dit peut être lacunaire, fragmentaire ou même erroné. Il ne livrera que sa vérité, celle qu’il croit de toute bonne foi. Cet enchantement agissait de même. Il poussait le questionné – car c’est bien de torture que nous parlons – à donner plus volontiers sa version des faits. »

Je me retourne vers Asao Watnabe, le détaillant très précisément du regard. Je crois n’avoir jamais été aussi pédagogue qu’à l’heure actuelle. Mais je sens bien, depuis ma conversation avec Lily, l’urgence de laisser derrière moi une trace, quelque chose qui me survive. D’aucuns pourraient dire que c’est déjà fait, puisque je suis considéré comme un héros de guerre… mais cela n’a aucune valeur pour moi. Je veux laisser une trace qui compte, quelque chose qui soit vraiment utile. Si c’est un disciple, ce sera très bien.

« Et le plus drôle pour vous, qui êtes vraisemblablement attaché aux notions de bien et de mal, c’est que ces enchantements ont été utilisés principalement par les tribunaux de l’Inquisition Espagnole… Ils luttaient contre la ‘sorcellerie’, contre ‘l’hérésie’, c’est à dire tout ce qui sortait un peu trop de leurs croyances. Ils pensaient agir pour le plus grand bien. »

Je me suis appuyé sur le comptoir, je me sens presque être un vieil homme fatigué. Pourtant, je n’ai probablement jamais eu l’esprit aussi vif qu’en cet instant. Je me sens prêt à en découdre avec les plus vives réticences de « mon » élève.

« Parlez-moi de vous, Monsieur Watnabe. Que ressentez-vous dans cet espace saturé de magie ? Bon nombre des enchantements qui agissent ici sont directement issus de ce que vous appelez ‘magie noire’. Avez-vous l’impression d’être en danger ? Me trouvez-vous menaçant ? »
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MessageSujet: Re: Le Nagin et le Vif-Argent (pv Asao) Dim 10 Juin - 13:07
J’ai pas trop compris c’qui vient de se passer, mais le vieux Rogue a l’air d’avoir renoncé à me faire lui exploser la gueule à coup de sorts offensifs. Moi j’dis, y’a du progrès. J’aurais pas pu lui tenir tête longtemps, pas avec l’incroyable vibration magique qui résonne ici. J’essaie de faire le vide dans mon crâne, de respirer profondément pour encaisser la baffe. J’suis à Poudlard depuis longtemps, j’ai un peu trop baissé ma garde là bas en pensant que je ne pourrais plus être frappé par un lieu de pouvoir. J’suis con, des fois. Solveig pourra bien se foutre de moi quand j’lui raconterai. Enfin, pour le moment, j’suis sorti de ma pseudo-concentration par la voix de Severus Rogue. Elle me semble plus douce qu’à l’accoutumée. Même ses gestes sont plus lents et moins secs. Un frisson m’parcoure le dos. C’est encore plus flippant que quand il fait les gros yeux. Là, il a l’air vraiment dangereux. Et désolé, mais s’entendre dire qu’il m’a connu l’esprit plus vif est pas franchement ce qu’on pourrait appeler « rassurant ».

Je le vois s’approcher de moi, prendre le livre, et se placer à mes côtés pour que j’puisse lire par dessus son épaule. Une partie de moi me hurle d’en profiter pour me casser sans demander mon reste, mais j’peux pas. J’suis comme figé sur place, hypnotisé par le pouvoir qui semble émaner de la moindre parcelle d’la peau de ce gus. J’sais pas bien quoi faire, mais je reste là, à découvrir le sortilège Vereris que, bien sur, j’connaissais pas du tout. Je savais même pas toutes ces subtilités sur le sérum de vérité, ni sur l’Inquisition. Je suis un peu chamboulé, mais bien moins que par le reste.

Ce reste là. D’autres usages possibles des impardonnables. Si on m’l’avait sorti dans d’autres circonstances, j’aurais probablement d’mandé à mon vis à vis ce qu’il fumait en arguant de la couper un peu pour éviter de planer à dix mille kilomètres du sol. Mais j’me sentais étrangement pas d’humeur à faire c’te remarque là au Professeur Rogue. Il était mortellement sérieux, j’le sentais bien. Ses yeux noirs s’étaient allumés d’une étrange lueur qui était pas vraiment des plus rassurantes. Y’avait quelque chose de fou ou de visionnaire chez lui. P’têt bien les deux.

Toutefois, malgré moi, j’peux pas m’empêcher de vouloir l’entendre parler encore. Je commence à reconstituer un peu ma stabilité mentale, et l’intérêt a pris le pas sur l’appel du pouvoir qui résonne tout autour de moi. J’pensais pas ce gus capable de réflexions aussi subtiles sur la vérité et la magie. J’le prenais pour un vieux con manichéen, mais il l’est peut-être moins que c’qu’on pourrait redouter. En vrai, il m’fait beaucoup penser à deux personnes centrales dans ma vie : la grand-mère de Machi, une nagin qui m’a quasiment élevé lorsque j’étais au Japon. Elle aussi a une putain de finesse d’analyse sur tout et n’importe quoi. Et Solveig. Ma meilleure amie. Elle est à Serpentard, fille du gérant de la mal famée boutique Barjow et Beurk, il doit la connaître/ Solveig, pas la boutique. Ou bien les deux. Solveig aussi a l’art d’réfléchir différemment à la magie et au monde. Elle réfléchit parfois tellement qu’elle en oublie d’manger et d’boire. Qui se retrouve à l’engueuler derrière ? Moi, bien sur.

J’suis encore tout hébété de ce que j’ai entendu quand la voix du professeur m’arrache à mes réflexions. Penser à Solveig m’a fait du bien et a achevé d’me ramener dans mon crâne, bien protégé. J’entends encore le bourdonnement magique, mais j’ai plus l’impression de me faire passer dessus par une vague de puissance. J’ai envie de dire, c’est d’jà ça. Il me pose des questions. J’ai pas vraiment envie d’y répondre, j’suis encore secoué, mais quelque chose a changé. Il me fait à la fois moins horreur et carrément davantage flipper. J’sais pas trop si c’est une bonne chose. J’ai eu un aperçu d’sa magie, je sais, maintenant, à quel point il peut être puissant.

« Euh… j’vais pas vous mentir, je me sens pas super à l’aise. »

Ouais, il s’attend sans doute à plus détaillé. Je le vois dans ses yeux, il est curieux. J’sais pas comment il sait ce que je ressens en présence de magie (j’ai oublié que j’l’ai laissé échapper lors de ma colle avec lui), mais va bien falloir que je lui donne ce qu’il veut : des réponses.

« J’sais pas comment vous l’expliquer : j’entends un bourdonnement continu, et j’ai eu l’impression d’me faire passer dessus par une vague de puissance. »

Je toussote, mon esprit a malgré moi dévié.

« En tout bien tout honneur... »

Penser à des connotations sexuelles devant Rogue… Putain, Asao, t’es sérieux, mec ? Je mets ça sur le compte du stress, j’espère qu’il fera de même. D’autant qu’à choisir, si j’devais draguer un mec du personnel de Poudlard, ça s’rait plutôt le Regulus Black, là ! Plus jeune, plus mignon, moins flippant. Et puis du côté des nanas, je dois dire qu’Alys Irvine avec sa clope au bec et Lily Evans-Potter sont bien canons, quand même… Enfin, je m’égare.

« Et… euh… vous êtes mortellement flippant, ouais. J’me sens pas spécialement en danger, mais vous êtes trop… euh… puissant pour que ça soit apaisant d’vous côtoyer. »

J’ai un sourire penaud. Ça m’arrache un peu la gueule de le reconnaître, mais là, j’ai pas trop le choix. Je sais même pas pourquoi j’ai dit ça. Une sorte d’impulsion. Reconnaître la puissance de sang de son vis à vis est une marque de respect chez les Nagin. Ça bien sur, j’suis quasiment sûr qu’il le sait pas ou qu’il s’en fout. Je lui demande quand même.

« Mais pourquoi ce bouquin de l’Inquisiteur Severus dans vos cartons ? Vous allez quand même pas vendre ça dans votre boutique, si ? Si, véritablement, la magie n’a pas de couleur et que tout n’est qu’une question d’intention, c’est un risque énorme que vous prendriez à commercialiser ce… ça ! »
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MessageSujet: Re: Le Nagin et le Vif-Argent (pv Asao) Mar 12 Juin - 10:11


Le nagin et le vif-argent

ft. Asao Watnabe


Je darde Monsieur Asao Watnabe de mes iris noirs. J’ai envie de l’entendre s’exprimer sur la situation présente. Il est encore un jeune sorcier et sa désinvolture l’empêche d’avoir un langage raffiné, mais je devine au fond de lui quelque chose de bien plus fin et subtil que son apparence extérieur. C’est cette matière-là, cette affinité avec la magie que j’aimerais approcher, modeler. Je le sens capable de faire de grandes choses, j’ai envie de le guider dans cette voie-là. Pour l’heure, toutefois, Monsieur Watnabe me fait davantage l’effet d’une vierge effarouchée. Non que ma proposition contienne la moindre once de sexualité : les hommes ne m’attirent pas, et mon coeur est définitivement et irrémédiablement aux mains de Lily Evans. Au dessus du comptoir, je sens bien que le grand portrait de Nicolas Flamel ne perd pas la moindre miette de la conversation. Le tableau, s’il parle peu, n’en est pas moins aux aguets, et, je l’ai appris à mes dépends la veille, un sacré plaisantin. Mais j’ai une certain affection pour ce vieil homme au regard vif et taquin.

Monsieur Watnabe s’exprime mal, mais au moins s’exprime-t-il. Je l’entends finalement me répondre, d’abord succintement « Euh… j’vais pas vous mentir, je me sens pas super à l’aise. », puis de façon plus développée, comme s’il avait anticipé la remarque que je m’apprêtais à faire. Bien, on irait sans doute finalement quelque part avec ce jeune homme. « J’sais pas comment vous l’expliquer : j’entends un bourdonnement continu, et j’ai eu l’impression d’me faire passer dessus par une vague de puissance. » Avant que je ne puisse répondre, je le vois s’empourprer et préciser : « En tout bien tout honneur... ». Je laisse flotter un sourire amusé sur mes lèvres. Je pourrais sans doute suivre l’exemple de Thorn Baggins en laissant sous-entendre quelque chose de grivois, mais à vrai dire, je n’ai pas de goût pour ce type de plaisanterie, sinon avec mon collègue de potions dont j’ai appris à aimer l’ambiguïté des piques liées à ce sujet. Je me ramollis un peu avec l’âge, je suppose. Je ne relève donc pas sa remarque et me concentre sur ce qui vient ensuite.


« Et… euh… vous êtes mortellement flippant, ouais. J’me sens pas spécialement en danger, mais vous êtes trop… euh… puissant pour que ça soit apaisant d’vous côtoyer. »

C’est à ce moment que je choisis d’intervenir. Le petit sourire que j’avais n’a pas quitté mes lèvres, et je suis, je dois dire, assez intrigué d’entendre les remarques d’Asao Watnabe sur ma personne. Je me doute bien de la fascination que je peux exercer sur un Joe Miller par exemple, fascination liée au personnage plus qu’à la personne, mais je sens bien que c’est différent ici. Non pas que Monsieur Watnabe me connaisse personnellement, mais son jugement porte sur quelque chose qu’il ressent, une impression, une intuition. Ladite intuition est magique et liée à son sang, naturellement. Je songe qu’il me faudra évoquer un jour ces questions de sangs avec Regulus, je sais mon ami toujours très curieux de fourrer son nez et sa baguette magique dans la réserve dès que cela concerne un mystère du monde magique.

« Vous voyez, monsieur Watnabe ? L’intention. Je n’ai pas pour désir de vous nuire, de vous tuer, ou de réduire votre cadavre à l’état d’ingrédient pour potions. Cela ne m’empêche toutefois pas de recourir à des pouvoirs que vous jugeriez sans nul doute dangereux et  relevant de la ‘magie noire’. »


J’entends sa nouvelle question. Une interrogation pleine de bon sens. Enfin nous avançons. Je perçois dans sa surprise une ouverture sur son âme. Je m’y engouffre, sachant très précisément où je veux l’emmener. Sans doute un peu trop précisément pour le bien de Monsieur Watnabe, d’ailleurs. Mais nous ne sommes pas à Poudlard, ici et je sens bien que le rapport de force habituel s’amenuise pour laisser place à un échange plus nuancé.

« Mais pourquoi ce bouquin de l’Inquisiteur Severus dans vos cartons ? Vous allez quand même pas vendre ça dans votre boutique, si ? Si, véritablement, la magie n’a pas de couleur et que tout n’est qu’une question d’intention, c’est un risque énorme que vous prendriez à commercialiser ce… ça ! »

Je reprends le livre sur le bureau et m’avance vers Asao Watnabe. La précision que je m’apprête à formuler est inutile pour la conversation, et donc parfaitement essentielle.

« Severus est mon prénom, celui qui m’a offert ce livre avait un certain sens de l’humour »

Je laisse un temps flotter le souvenir de Lucius Malefoy avant de reprendre mon propos.

« Vous avez parfaitement raison, monsieur Watnabe, et n’ai pas prévu de vendre ces ouvrages au grand public pas plus que je ne souhaite commercialiser ici de substances dangereuses telles des poisons. J’étais curieux de jauger votre réaction, à vrai dire, et je dois avouer que vous ne me décevez pas. A Poudlard, je vous aurai sans doute gratifié de points pour votre maison, mais il ne manquera pas de vous échapper que nous ne sommes pas à l’école ici, et que je ne suis pas votre professeur entre ces murs. »

Je m’approche de lui, prend une de ses mains dans le creux de ma paume, et y dépose l’ouvrage. Je referme ses doigts sur la couverture brune patinée, un petit sourire sur les lèvres. Je me souviens encore avoir eu sensiblement le même geste des décennies auparavant en confiant un livre de potions à un jeune Monsieur Baggins venu s’épancher sur les rudesses dont il était victime à Serpentard.

« Etudiez-le avec attention. Peut-être y trouverez-vous de quoi perfectionner vos propres formules, Monsieur Watnabe… après tout, vous êtes en lice pour le prix d’aptitude exceptionnelle aux sortilèges Barnabus Finkley, non ? Travaillez votre souplesse d’esprit et votre rapidité de réaction. Finesse et inventivité, voilà les armes qui doivent être les vôtres. »


Je lâche enfin sa main, laissant le lourd ouvrage y reposer seul dans sa paume. Je suis un peu plus troublé que je veux bien l’admettre. Je sens confusément quelque chose se mettre en place, et comprends soudainement l’envie qu’avait perpétuellement Horace Slughorn d’avoir sa cour d’élève. Je songe, après toutes ces nuits à travailler seul, semaine après semaine, mois après mois, année après années, à combien il pourrait être agréable d’envahir périodiquement la réserve en compagnie de Lily et Regulus pour oeuvrer… et préparer peut-être la génération future, comme ce Monsieur Watnabe.
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MessageSujet: Re: Le Nagin et le Vif-Argent (pv Asao) Mar 19 Juin - 21:05
J’crois que j’vais définitivement arrêter d’essayer de biter quoi que ce soit à ce dimanche. Il doit être à tout péter six heures du matin, et déjà, j’ai l’impression d’être dans un trip sous acide. Enfin, j’suis certain que Rogue fait cet effet là à tout le monde, ou peu s’en faut. J’me laisse donc porter, avec autant de prudence que je le peux. C’est pas évident. J’sens un bouillonnement en moi qui me souffle de m’abandonner tout à fait à l’ambiance du moment pour laisser la folle puissance des lieux et de l’hôte m’emplir. D’un autre côté, il paraît que prudence est mère de sûreté, et j’ai franchement envie d’y croire quand Rogue est dans l’équation.

Je l’entends m’expliquer ses intention. J’suis ravi d’apprendre que je vais pas crever tout de suite. Cela dit, j’suis encore plus ébahi, si c’est possible, de la finesse dont semble capable le Rogue sauvage. Ça cadre pas avec ce qu’il a donné à voir : un homme haineux, manipulateur et puissant. Comment un gus pareil est capable de belle magie et de pénétrance sur le sujet ? Clairement, y’a un truc à creuser.

Avant que je ne puisse m’écarter, il reprend le livre en main et fonce à nouveau sur moi. J’ai toujours l’impression que j’vais crever sans préavis quand j’entends son pas claquer sur le sol et que j’vois ses robes flotter au ras du sol. Là, c’est le moment où si j’étais chrétien, j’réciterais le Pater Noster et deux Ave Maria pour faire bonne mesure. Manque de pot, la religion, j’me sens pas concerné.

Il me glisse une info que je connaissais sans en prendre la mesure. Severus Rogue. L’Inquisiteur Severus. J’comprends la blague. J’ai l’impression aussi, sans trop savoir d’où ça m’vient, que ce bouquin est important pour Rogue, presque sentimental. J’dis rien, je le laisse enchaîner. J’constate avec ravissement qu’il est moins taré que ce que je redoutais et qu’il n’a pas prévu de vendre des substances interdites ni des bouquins dangereux. Hey, c’est que ça s’rait presque rassurant, tout ça. Presque. Savoir qu’il me jauge et qu’il me teste ne me rassure pas des masses, en revanche. Il y a toujours cette défiance qui me pousse à me montrer prudent avec lui. C’qu’il me dit tire la sonnette d’alarme. Et s’il avait prévu des choses pas nettes ou illégales ? Ou les deux ?

Sans parvenir à trouver quoi lui répondre, j’me fais surprendre par la chaleur de sa peau sur ma main. Il referme ma paume sur la tranche du vieux livre, presse mes doigts contre la patine d’la couverture de cuir fatigué. La main prise en tenaille entre un bouquin de magie noire et la main brûlante de Severus Rogue, j’me sens obligé de prêter une attention particulière aux mots qui sortent d’sa bouche.

J’suis éberlué par ce qu’il m’dit. Je m’attendais pas à des conseils en enchantement de sa part. Surtout des conseils pertinents. J’hésite un peu, sans savoir quoi lui répondre.

« Euh… merci ? »

Ok, c’est lamentable, Asao, tu peux faire mieux et plus convainquant. Allez, redresse les épaules, désinvolture, classe, tout ça. J’ai pas l’coeur à la fanfaronnade pourtant. J’me sens soudainement sérieux, un peu comme quand je parle musique.

« Vous évoquez le perfectionnement d’mes propres formules… Vous… euh… vous avez déjà créé des sortilèges, professeur ? »

J’crois que j’ai jamais été aussi intéressé par c’qu’il pouvait avoir à raconter.
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