Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans]
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MessageSujet: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Jeu 17 Mai - 23:56


Le souffle de l'Alchimiste

ft. Lily Evans

Premier souffle.

Je n’ai presque pas dormi de la nuit depuis que j’ai reçu la lettre de Lily. Je l’ai relue au moins une dizaine de fois jusqu’à graver ses mots dans ma mémoire. « Pouvais-tu t’y attendre ? J’ai reçu ce soir l’acceptation de ma candidature... » Elle sera dans très peu de temps ici, à Poudlard, au château.  D’émoi, mon cœur s’est arrêté de battre ; juste un instant, bien sur. Je ne peux m’empêcher de ressentir de vives émotions contraires, comme si mon retour à la vie avait exacerbé tout ce que j’avais emprisonné pendant de si longues années au fond de mon âme. La souffrance et la rancœur ont été mes compagnes de route pendant si longtemps que je m’étais accoutumé à ne plus rien ressentir d’autre… Désormais, tout un bouillon de sensations m’étreint, et je n’y suis plus accoutumé. Mon âme bondit de joie quand je pense à Lily, se radoucit à l’aube et au crépuscule. Je suis gagné par la nostalgie plutôt que par l’amertume, par une forme de compassion amère plutôt que par la rage. Je ne me reconnais pas moi-même dans mes moments d’introspection.

Ce changement est-il pour le pire ou pour le meilleur ? Je ne saurais le dire. J’ai vécu dans la hargne du passé pendant presque toute mon existence. Ce qui m’arrive est… nouveau et déstabilisant. Etendu, les yeux ouverts rivés sur le plafond encore paré de ténèbres, je songe. J’occupe un bureau que je n’aurais jamais cru occuper un jour. Le professeur Têtenjoy, puis Horace Slughorn, et enfin Carter Martinelli s’y sont succédé. Un vaste espace clair, bien loin des cachots obscurs où j’ai passé une bonne part de ma carrière à Poudlard. Je ne peux que m’étonner moi-même de ce déménagement. Si l’on m’avait dit, jadis, que je préférerais un jour un espace baigné de lumière à l’obscurité rassurante du cachot où je pouvais me perdre dans les ombres… Mais c’est bien ce qui est arrivé pourtant…

Deuxième souffle.

Toute cette clarté diffuse a un effet étrange sur ma psyché… à moins que ce ne soient les altérations de mon état d’esprit qui me poussent à longer encore et encore les hautes baies vitrées en quête de sa silhouette dans le parc. Je la vois traverser d’un pas alerte la pelouse verte et serpenter sur le chemin. Je pourrais reconnaître entre mille ses longues boucles de vermeil, ce feu liquide qui a coulé entre mes doigts le temps d’une nuit. J’ai le cœur qui bat toujours un peu fort lorsque je pense à elle, et toujours un peu plus fort encore lorsqu’elle est toute proche. Prendre chaque repas à la table des professeurs en sa compagnie est une expérience qui m’agite : je rêverais d’un tête à tête tout en étant profondément heureux de la voir sourire aux discussions des uns et des autres, de l’entendre rire aux bons mots de nos collègues.

J’ai changé, j’ai beaucoup changé. Il suffit de m’avoir connu par le passé pour s’en rendre compte à présent. Même Regulus, qui n’a pourtant pas connu mes plus sombres années, l’a remarqué lors de nos retrouvailles à la bibliothèque. Il semblait s’étonner de l’étrange sensibilité qui est devenue la mienne. Est-ce que ce serait mon effet secondaire du retour à la vie ? Mon problème insoluble ? Ma peine à porter ? Je ne peux que m’interroger : si je n’avais pas quitté mon manteau d’aigreur, Lily m’aurait-elle tendu à nouveau cette main ? M’aurait-elle accordé son coeur comme elle l’a fait ?

Je tremble d’imaginer que mon bonheur présent ne serait dû qu’à un accident né d’un artefact de puissance. Je tremble d’imaginer ce qui pourrait se passer si l’on trouvait de quoi me « guérir ». Je tremble, aussi, que ces sentiments nouveaux n’émoussent mon esprit affûté par la hargne et par la haine. J’ai peur de n’être devenu qu’un homme.

Je l’ai, finalement, toujours été, même si j’ai voulu le cacher.

Et en songeant à tout cela, je regarde mourir sous mes yeux le jour.

Troisième souffle.

Je n’ai de cesse de penser à Lily ce matin. Je cherche un lieu qu’elle pourrait aimer. C’est déjà le troisième local commercial que je visite dans les environs. Le premier à Pré-au-Lard. Je souhaite m’installer à mon compte : l’idée me taraude depuis mes… retrouvailles avec le Seigneur des Ténèbres. Sa mission n’y est pas étrangère : je me suis posé la question du lieu où stocker les ingrédients qu’il m’a demandés. Poudlard est un lieu sûr, mais qui n’échappe pas à la sagacité de Minerva McGonagall. Je la sais suffisamment intuitive et sage pour deviner qu’il se trame quelque chose dans les murs de son château. Je le sais d’autant plus que, moi-même directeur au cours d’une année, j’ai pu constater à quel point le château était lié à sa tête couronnée. Ce lien étrange, presque mystique, je ne m’en sentais pas digne, mais j’ai pu l’utiliser à loisir pour toujours savoir, d’une façon ou d’une autre, ce qui se tramait dans les couloirs et entre les murs des lieux.

Dès lors, je sais plus encore ce qu’il me faut éviter. J’ai en tête un cahier des charges très précis lorsqu’un petit sorcier râblé m’accueille pour me faire visiter. Sa voix tremble un peu lorsqu’il se renseigne sur mon commerce à venir. Je ne doute pas qu’il me connaisse de réputation, et qu’il redoute un réseau souterrain et illégal. Ma réputation de mage noir me colle à la peau… ce qui est faux, de surcroît, au regard du Seigneur des Ténèbres, je suis loin d’être un maître des arts obscurs.

« Et ce serait pour vendre quoi, monsieur ? 
- Rien d’illégal, je puis vous l’assurer : des potions, des livres et des ingrédients. »

Je ne sais pas si ma réponse le rassure beaucoup, mais il ne tirera pas davantage de moi. Il me fait entrer dans le lieu, et je sais, à l’instant même où je franchis le seuil, que j’ai trouvé l’endroit parfait. La clarté grise d’un matin d’hiver filtre par les carreaux fumés, jetant une lueur douce sur le sol. L’espace est grand, un peu défraîchi, et l’arrière boutique offre toute la place nécessaire à l’entrepôt d’objets plus confidentiels – et donc plus dangereux. Enfin, une cave voûtée, basse et un peu humide serpente sous la boutique. Il y a, à l’étage, d’étroites pièces qui sont pour le moment inoccupées. Je songe que la maison à l’Impasse du Tisseur que je gardais par nostalgie pour le souvenir de ma rencontre avec Lily pourrait peut-être devenir obsolète si je ne suis plus, désormais, piégé par le passé qui a si souvent hanté mon âme.

Quatrième souffle.

J’ai transplané au cœur de la nuit. Les bourrasques chargées d’iode du bord de mer me fouettent l’âme et le corps. L’ample toile noire de mon vêtement bouillonne du frimas de la mer. Les vagues se fracassent sur la côte et meurent en gerbes d’écume blanche éclairée seulement par la pâleur des étoiles et celle, blafarde, de la lune. Cette escapade n’est pas seulement un besoin nocturne de prendre de l’air. C’est un rendez-vous d’affaires. J’ai, en tête, ce que je suis venu chercher, et mon vis à vis l’a dans un sac qu’il porte sur le dos.

Les gallions tintent dans ma bourse.

« C’est un drôle d’endroit pour un rendez-vous, m’sieur.
- Vous l’avez ?
- Euh… ouais, mais…
- Montrez-moi. »

Il ouvre son sac.

« Récupéré par des voies traditionnelles ?

- Je l’ai chassé moi-même, m’sieur.
- Et ce sont bien des truffes là ?
- Comme vous me l’avez demandé. »

Je lui tends son or, empoigne le sac, et disparaît dans la nuit. Le chasseur se demande encore qui lui a passé cette singulière commande que je transplane au loin.

Cinquième souffle.

Les premiers ingrédients sont entreposés en arrière boutique. J’ai une caisse de pierres précieuses soigneusement protégée par des enchantements – c’est qu’il y a une petite fortune là dedans –, un tonneau cerclé d’argent, vide pour le moment, mais qui ne demande qu’à être rempli, les mèches et colorants des bougies – il ne reste guère plus qu’à trouver la cire – et voici que je mets à sécher la viande de grison avec des truffes. La liste de course du Seigneur des Ténèbres commence à se remplir tout doucement, de même que s’étoffe l’intérieur de ma boutique. Je travaille d’arrache-pied à la mise en place des lieux. Je me suis presque découvert une âme de décorateur d’intérieur. Presque, il ne faudrait tout de même pas abuser des envolées lyriques. En réalité, le souvenir de Lily me porte. Je me demande ce qu’elle ferait de cet endroit ? J’imagine quelque chose de typiquement anglais, avec de grands rayonnages de bois et des couleurs chaudes. Je pense à son amour des cristaux et des livres. Au meuble d’apothicaire pour les ingrédients, au comptoir.

J’ai retroussé mes manches, ôté ma cape. Mes doigts courent sur une planche de bois. J’aurais pu meubler cet endroit de multiples façons… Et pourtant j’ai choisi celle-là. Celle un peu stupide de fabriquer moi-même ce que je puis. Le ciseau court dans les veines sombres du noyer. Je sens la planche vibrer sous ma main. J’ai toujours été adroit dans la préparation de potions, dans le travail d’ingrédients, mais le travail du bois est une expérience très différente de tout ce que j’ai pu tenter auparavant. Oh, bien entendu, enfant, j’ai eu l’occasion de multiples fois de voir mon père bricoler un peu, fixer quelques petites choses, mais rien d’extraordinaire. J’ai taillé des bâtons pour me faire des simulacres de baguettes magiques, modelé des racines en pensant au profil de Lily. Construire un meuble simple ne devrait pas me poser de problème, j’ai minutieusement préparé mon travail, et me voici à graver une série de runes en minuscules caractères à l’arrière d’une planche. Autant prendre les dispositions qui s’imposent.

Sixième souffle.

J’expire en passant une ultime couche de cire sur le meuble monté. Je ne sais pas combien de week-ends j’ai passé ici, fuyant Poudlard, et même la compagnie de Lily, pour travailler sur ce projet secret… Enfin, pas si secret que cela. Le bruit commence à courir que le nouveau propriétaire des locaux est un enseignant de Poudlard. Combien de jours avant que l’on ne découvre ma boutique ? Combien d’heures avant que les premiers élèves curieux n’aient l’idée de venir fouiller par ici ? J’ai, derrière moi, les premiers objets à placer sur ces longs rayonnages ambrés, les premiers ingrédients à ranger. Dans l’arrière boutique, un sac de cire recueillie dans deux ruches ayant évolué près d’un saule centenaire m’attend. Il me reste encore tant et tant de travail à abattre. Quand je suis ici, je perds la notion du temps. J’ai l’impression de sentir la puissance magique grandir autour de moi. Les runes gravées dans les meubles, marques discrètes et protectrices, vibrent légèrement sous mes doigts, pulsent dans l’air. Je sais que j’ai insufflé quelque chose ici. Tout est encore très confus, mais l’ambiance est différente du jour de mon arrivée. L’ambiance est même différente de Poudlard, haut lieu de magie par excellente. Je sens enfin que les heures passées ici à travailler, parfois à m’endormir, éreinté, à même le sol par manque de courage pour regagner le château portent leurs fruits. J’ai donné à cet endroit une partie de mon âme. Une partie de mon coeur. Une partie de mon amour pour Lily.

L’étage est encore désert, la cave encore humide, mais la boutique et l’arrière-boutique commencent à prendre forme. Je sens au fond de moi qu’il est temps de la lui montrer. Il est temps qu’elle aussi puisse apporter sa touche à l’endroit. Et puis… je veux qu’elle soit là au moment le plus important. Adossé contre un mur, un grand paquet recouvert de kraft attend d’être ouvert. Son contenu frémit à l’idée d’être enfin exposé. Je l’ai commandé auprès d’un mage artiste reconnu, et je dois dire qu’il m’a coûté un bras. Mais il sera là pour veiller sur la boutique et pour m’inspirer.

Septième souffle.
La vague m’emporte.


Je marche d’un pas sec dans un couloir de Poudlard, les pans de mon habit flottent derrière moi. Je semble pressé, si bien que les élèves s’écartent sur mon passage, de peur, peut-être, de faire perdre des points à leur maison s’ils sont sur mon chemin. Bien que je me sois radouci largement depuis ma résurrection, je garde cette brusquerie qui peut être déconcertante, et ce cynisme à toute épreuve. Mes sentiments de haine et de colère se sont évaporés comme s’ils n’avaient jamais existé. Le reste est encore bien vivace et continue d’entretenir la flamme de ma réputation sulfureuse. Et lorsque ce n’est pas ma personnalité, c’est le bouquin de cette maudite Skeeter ! Je l’ai vu, l’autre jour dans les mains de Monsieur Watnabe. Je ne l’avais pas lu, insensible à ce qui pouvait se dire sur mon compte… et j’aurais dû rester dans l’ignorance. Si je croise cette foutue journaliste, je l’achève.

Ce qui m’agace, ce ne sont pas ses mensonges. C’est au contraire les pistes un peu trop fines, un peu trop justes qu’elle lance à mon propos : elle a enquêté sur mon père, sur ma mère, sur leurs familles respectives, les conditions de leur rencontre et de leur mariage, sur mon enfance, sur mon adolescence, sur Lily. C’est ce dernier bâton qui blesse le plus profondément. Ainsi, mon amour supposé pour Lily est connu de tous les lecteurs de ce torchon… Combien ont jasé en la voyant arriver au sein de l’établissement alors que moi-même y enseigne ? Une sorte de rage froide m’a pris au cours de sa lecture… c’est retombé, maintenant. Il n’y a plus ce bouillonnement informe de haine viscérale. Il y a autre chose. Un profond détachement teinté de mépris peut-être, de dédain sans doute. J’aime Lily, est-ce qu’il y a autre chose qui a vraiment de l’importance ?

La réponse romantique attendue par des années et des années de littérature sentimentale serait un « non » retentissant. La vérité est plus nuancée. Lily est un des piliers de ma vie. Elle n’est pas le seul, mais elle est au coeur de tout. A ses côtés dansent ma curiosité pour les savoirs ésotériques, les potions, l’alchimie, une quête de connaissances inassouvie. J’ai cherché autrefois le pouvoir pour conquérir Lily et tuer mon père. Je n’ai eu ni l’un ni l’autre sur cette voie sombre. Un nouveau chemin s’ouvre à moi.

J’arrive enfin à destination, le bureau de ma collègue, Lily Evans. Je toque à la porte, entre lorsqu’elle me le permet. Je la salue, pose une enveloppe qui contient l’adresse de la Pierre Philosophale, mon échoppe, sur son bureau avec douceur.

« Viens seule ce soir, je t’attendrai. »

Et je m’en vais aussi vivement que je suis venu, sans attendre sa réponse.


Huitième souffle.
Naît la tempête.


J’ai tapoté du bout de la baguette magique sur l’imposant cristal de roche posé sur le comptoir. Une douce lueur en jaillit, blanche, pure, aussi légère qu’un rêve. La pénombre s’efface, vacille devant la lumière. J’ai pu avancer un peu dans l’aménagement du lieu : quelques livres, quelques fioles. Beaucoup de choses doivent encore arriver. A l’arrière boutique, un coffret contenant une centaine de bougies dort. J’ai encore des cernes sous les yeux d’avoir modelé à la main toutes ces bougies, et je me sens vidé de toute énergie. Mais la lumière et la présence prochaine de Lily dans ces lieux me revigore. Las, je vais chercher deux chaises dans l’arrière-boutique et les pose près du comptoir. Je ramène également une bouilloire et des tasses. Aussitôt, l’air s’embrume du fumet léger de l’Earl Grey. Cela a quelque chose de rassérénant.

Je me laisse bercer par les bouillonnements de l’eau et l’odeur du thé, par le frémissement de ma magie, et la douceur des énergies du lieu. Je m’y sens bien. Mieux qu’au château. Mieux qu’au domicile parental. Il y a quelque chose, ici, de nouveau, qui témoigne de ce que je fus, de ce que je suis, de ce que j’aspire à être.

Le vaste paquet est toujours là, bien en évidence, n’attendant plus qu’à être accroché. Son hôte doit s’impatienter. J’y devine déjà les traits, endormis, du visiteur, se demandant quand il pourra, à son tour, être le témoin des secrets de cet endroit. Je sais qu’il est dangereux d’accrocher un tel tableau dans un lieu comme celui-ci. C’est ouvrir sa porte à un observateur inconnu, ouvrir son âme à une puissance magique figée dans les coups de pinceau d’un artiste. Je l’ai fait, jadis, avec le portrait de Dumbledore qui orne le bureau de direction de Poudlard. Je le ferai encore ici, avec celui sous la bienveillance duquel je veux placer ces lieux. Je les lui donne à garder et à sauvegarder sans la moindre crainte.

Enfin, elle paraît. Je reconnais sa présence dans la rue, devine son ombre devant le carreau obscurci par la nuit, la découvre sur le pas de ma porte. Je me lève d’un bon pour l’accueillir, jetant un coup d’oeil au dehors. Elle paraît être venue seule. Bien, très bien, nous serons plus à notre aise. Je l’invite à entrer en mêlant mes doigts aux siens. Avant de parler, je jette un « assurditatio » informulé autour de nous. Le portrait dort, mais il pourrait s’éveiller.

« Merci d’être venue si tard, Lily. Je voulais que tu sois la première à voir cet endroit. »

Je l’invite à s’asseoir près de moi, lui sers du thé fumant.

« Je te présente la Pierre Philosophale, ma… boutique. »

J’ai un petit sourire timide qui ne me ressemble pas. Mes yeux pétillent de fierté, pourtant.

« J’ai décidé de me lancer à mon compte. C’est quelque chose qui me trotte dans l’esprit depuis quelques temps. Tu sais que j’hésitais à reprendre mon poste à Poudlard… par la force des choses, je cumule deux postes au sein de l’établissement… mais je ne travaille toujours pas pour moi-même. J’oeuvre pour l’école, pour les générations futures, pour tout un tas d’autres raisons... »


Je marque une pause, légère. Ma proposition m’échappe des lèvres, à peine voilée.

« Je crois que j’ai envie de me poser, d’avoir un endroit à moi… à nous, si tu le désires. »


Je dois avoir l’air éreinté et vieilli. Je me suis tant et tant donné dans ce lieu que j’en ai oublié jusqu’au sommeil.


3080 mots
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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Lun 21 Mai - 16:24
Cela faisait à peine deux semaines qu’elle était à Poudlard, mais Lily avait déjà trouvé une forme d’équilibre entre ses cours, les repas avec ses collègues, les lettres à sa famille et les discussions passionnées en salle des professeurs. Une seule chose manquait au tableau, pour l’heure : Severus. Elle ne l’avait guère croisé qu’aux repas, et avait échangé avec lui quelques lettres alarmantes qui l’avaient poussée à se rendre auprès de Sirius et Remus pour s’enquérir de leur état. Mais elle n’avait pu passer aucun moment en tête à tête avec son ami. Elle s’était même demandé s’il ne l’évitait pas, par hasard, gêné, peut-être de leur amour réciproque ? Ça n’avait pas l’air de le gêner lorsqu’il la saluait chaleureusement le matin aux repas. Ce devait être autre chose.

Lily commençait à se demander si le directeur des Serpentards ne tramait pas quelque chose de suspect. Voldemort l’avait libérée elle, mais pas la mère de son ami, peut-être avait-il entrepris quelque chose à cet égard ? Peut-être sombrait-il à nouveau dans ses anciens travers de mangemorts ? Un haut le coeur saisit la jeune femme à cette pensée. Assise dans le bureau qu’avait autrefois occupé Minerva McGonagall, elle s’y sentait à son aise sans toutefois encore se sentir chez elle.

Elle réfléchissait beaucoup, ces derniers jours, à la façon dont elle pourrait aborder la chose avec Severus. Elle avait laissé ses dernières lettres sans réponse, encore trop hésitante quant à la conduite à adopter. Devait-elle lui parler franchement ? Devait-elle l’amener à lui parler par des moyens détournés ? Devait-elle le coincer dans son bureau jusqu’à obtenir un aveu ?

La main sous le menton, le coude posé sur la table, elle réfléchissait âprement tout en faisant mine de corriger un tas de copies. Ses préoccupations immédiates étaient assez éloignées de l’art rigoureux de la métamorphose. Il lui fallait donc prendre le problème dans l’autre sens : qu’est-ce qui la poussait à soupçonner Severus en dépit de sa fidélité de coeur ? Pourquoi ne parvenait-elle pas à lui faire confiance pour n’avoir plus rien à faire avec les forces du mal ? Sa main tremblait un peu au dessus de ses copies, si bien qu’elle reposa délicatement la plume qu’elle tenait. Ses craintes n’avaient rien de rationnel. Elle savait pertinemment que Severus l’aimait elle, sans doute plus que toute chose au monde. Mais le peu d’affection que les maraudeurs avaient toujours eu pour lui l’avait sans doute aveuglée plus qu’elle ne le pensait. Elle-même avait refusé, après tout, de pardonner à Sev’ son mot malheureux… Que se serait-il passé s’il lui avait fait son aveu ce soir là ? S’il l’avait prise dans ses bras en lui disant qu’il l’aimait ? Un flash passa devant ses yeux. Elle sentit à nouveau l’étreinte rassurante des bras de Severus lors de leurs retrouvailles. Elle ne pouvait nier son affection pour lui. Ce fut d’un air distrait qu’elle indiqua à celui ou celle qui venait de frapper à sa porte qu’il ou elle pouvait entrer.

La jeune femme marqua un temps d’arrêt en voyant entrer Severus. Elle l’entendit à peine la saluer et lui demander de la rejoindre le soir-même. Et avant d’avoir pu réagir, Lily était à nouveau seule chez elle, une enveloppe de parchemin posée sur son bureau. Elle ne cessait de revoir le mouvement mesuré, presque délicat, de son ami lorsqu’il avait posé l’enveloppe devant elle. Tant de mystères ressemblait beaucoup aux habitudes qu’avait prises Severus pour le reste du monde, mais très peu à ce à quoi il l’avait habituée, elle. La jeune professeure aurait pu se formaliser qu’il n’ait pas pris le temps de savoir si elle était libre le soir même, si elle n’avait pas d’autres projets. Elle ne le fit pas. Elle était bien trop occupée à calmer les battements désordonnés de son coeur, et à faire taire l’émoi qui venait de la gagner.

Les mains tressaillantes, elle décacheta la lettre pour prendre connaissance du lieu de rendez-vous. C’était une échoppe toute proche, à Pré-au-Lard, nommée la Pierre Philosophale. Elle avait vaguement entendu parler de cette nouvelle boutique à l’ouverture prochaine, mais n’en savait guère plus. Bien qu’elle fût passée devant, elle ne saurait même pas reconnaître l’enseigne. Tant de secrets n’était pas vraiment pour lui plaire, et elle n’eut plus en tête, désormais, que cet étrange rendez-vous à venir.

Lorsque l’heure fut venue de quitter en catimini le château pour se rendre à Pré-au-Lard, Lily était pour le moins anxieuse. Elle n’avait eu de cesse de songer à ce moment à venir : ses pires craintes, désormais, prenaient vie dans la pénombre des ruelles désertées de la bourgade en bas du château. Elle avançait vite, voilée d’une cape sombre, le parchemin à la main. Elle trouva sans mal le lieu, et vit une faible lueur tremblante derrière le carreau. Elle se pencha vers la vitre fumée ornée de croisillons anciens, et eut la surprise de voir du mouvement. Si elle avait voulu se montrer discrète, c’était raté !

A son grand soulagement, ce n’était que Severus venu l’accueillir. Dès qu’il se montra sur le pas de la porte pour l’accueillir, Lily lui prit la main et lui emboîta le pas. La porte se referma doucement sur eux, et la jeune femme put voir, une fois que ses yeux se furent habitués, le décor dans lequel ils évoluaient. Une échoppe en travaux. De nombreux rayonnages occupaient les murs mais étaient encore un peu vide. Il y avait çà et là des éléments qui retenaient l’attention de Lily : des livres, des cristaux, un meuble d’apothicaire. Elle commença à se douter de quelque chose avant que Severus ne lui confirme le changement qu’il s’apprêtait à opérer au cours de sa vie.

Se mettre à son compte, tenir une boutique, gérer une affaire. Elle devinait déjà la teneur de son commerce : potions de haut vol, ingrédients rares. Il ne pouvait que faire fortune en surfant sur la vague de sa célébrité déjà bien assise, quoi que l’on pût en dire. Lily sentait un poids s’envoler de ses épaules lorsqu’il lui exposait tout cela. Elle prit enfin la tasse de thé qu’il lui avait servie pour en boire une gorgée, et suspendit presque aussitôt son geste.

« Tu veux… Sev ! Tu veux que j’emménage avec toi ? »

Une voix dans ses entrailles lui hurlait d’accepter, de poser sa tasse, et de se précipiter dans les bras de Severus. Une autre voix, plus ténue, s’élevait en lui rappelant sa situation : mère de famille, mariée, grand-mère. Pouvait-elle faire une telle chose sans dommage ? Elle resta assise sur sa chaise, interdite pendant quelques instants avant de reprendre la parole.

« Sev… »

Elle ne savait même pas quoi lui dire. Lily reposa sa tasse, et pris les mains de son ami – amant – dans les siennes. Elle tremblait sous le coup de l’émotion, elle qui avait imaginé le pire, qui avait imaginé qu’il pût retourner à ses anciennes activités… Quelle idiote elle faisait. Ne venait-il pas de lui prouver, une fois encore, une fois de plus, la pureté de ses sentiments.

« Mon amour... »

Elle avait la voix étranglée par l’émotion. Il fallait qu’elle se reprenne, mais elle ne savait pas comment faire. Lily ne s’était jamais sentie si peu sûre d’elle. La jeune femme lui ôta la tasse des mains à son tour, et se pencha sur lui pour unir ses lèvres à celles de Severus. Ce qu’elle ressentait était au-delà des mots. Elle avait posé une main sur la joue de son ami, et le contact chaud de sa peau lui donnait l’impression que ce moment était éternel.

Comme tous les autres passés avec lui. Elle s’éloigna un peu de lui, les joues en feu. Elle avait retrouvé un semblant de contenance.

« Tu songes à venir vivre ici, au dessus de ta boutique ? »

Malgré elle, son cerveau lui montrait par flash ce à quoi pourrait ressembler l’endroit s’ils s’y établissaient à deux. Ce fut lorsque le visage fugace d’un enfant riant passa devant ses yeux qu’elle reprit enfin toute sa contenance. Mais à quoi donc pensait-elle ces derniers jours ? Elle avait repris les mains de Severus dans les siennes et porta le dos de l’une d’entre elle jusqu’à son visage.

« J’ai envie que tu fasses partie de ma vie, Severus… mais je ne sais pas… comment. »

Ce qui était ce qu’elle ressentait, très exactement.
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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Lun 21 Mai - 22:21


Le souffle de l'Alchimiste

ft. Lily Evans


J’ai eu si peur qu’elle ne vienne pas. Qu’elle renonce pour d’autres occupations, ou par gêne. Je me suis inquiété pour rien. Je pensais, peut-être, que nos étreintes fugaces n’étaient peut-être pour elle que des soupirs de passion et de volupté. Et puis je l’ai vue arriver aux abords du magasin, je l’ai faite entrer, et j’ai senti sa présence comme une évidence. Je songe sans le savoir à la même chose qu’elle : que se serait-il passé si, cette ultime nuit de cinquième année, j’avais trouvé le courage de lui répondre « je te traite différemment des autres nés moldus parce que je t’aime de toute mon âme, Lily » ? Se serait-elle enfuie ? Se serait-elle ravisée ? M’aurait-elle emmenée sur de nouveaux sentiers ? Aurions-nous pu nous trouver enfin ? Partagerions-nous aujourd’hui le bonheur de voir nos enfants et nos petits enfants le dimanche, et de les croiser à Poudlard le reste du temps ? Quelle maison aurait été la leur ? Gryffondor, comme leur mère ? Serpentard comme leur père ? Une voie qui leur est propre ?

Tout cela me traverse l’esprit lorsque Lily vient s’asseoir en face de moi, et je commence par lui exposer mon fait. Je la sens bouleversée à l’aveu qui m’a échappé. Je crains soudainement d’avoir commis une terrible erreur.

« Tu veux… Sev ! Tu veux que j’emménage avec toi ? »


Trop tôt. Pourquoi cela m’a-t-il échappé ? Bien sûr qu’elle ne va pas venir vivre avec moi alors qu’elle vient à peine de retrouver sa famille. Cette proposition m’est venue, elle n’aurait pas dû. C’est une faiblesse de mon âme, une faiblesse de mon coeur. Je me suis senti dépassé.

Elle est en état de choc, j’entends l’émotion qui vibre dans sa voix tandis qu’elle égrène la première syllabe de mon prénom. « Sev... » L’écho mourant de la syllabe me donne envie de la prendre dans mes bras, mais je résiste. J’ai tellement peur de la brusquer, tellement peur de la blesser. Je sais qu’elle n’est pas de sucre, mais sous mon air impassible, j’ai probablement perdu autant qu’elle mes moyens.

Elle prend mes mains. La douceur de son timbre et la chaleur du contact me fait exploser le coeur. Je pourrais mourir mille fois pour vivre cet instant. Ce moment où lui échappe un surnom d’affection auquel je me raccroche avec la politesse du désespoir.

« Mon amour... »

C’en est trop pour moi, trop pour que je garde contenance. Une larme serpente sur ma joue tandis qu’elle s’approche pour poser ses lèvres sur les miennes. Je sans la caresse de sa main sur ma joue. Je l’attire à moi, je laisse mes paumes reposer sous ses omoplates. Je l’ai dit : je pourrais mourir mille fois pour cet instant. Lorsqu’elle s’éloigne de moi, je laisse ma main s’attarde sur son corps jusqu’à ce qu’elle soit hors de portée. Alors, avec regret, je laisse retomber ma paume sur le genou, à regret de ce contact perdu. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que le moment où je ramasse un râteau, c’est maintenant. Et ce malgré son « Je te le promets en retour, Sev, Always. » qui n’était peut-être qu’une belle promesse en l’air.

Elle change de sujet.

« Tu songes à venir vivre ici, au dessus de ta boutique ? »

Je sens bien comme une gêne entre nous. Elle reprend ma main, l’entoure de la chaleur de ses doigts, du velours de sa peau. Le mur, c’est maintenant, je serre les dents.

« J’ai envie que tu fasses partie de ma vie, Severus…. Mais je ne sais pas… comment. »

C’en est assez pour moi. Je suis aussi perdu qu’elle. Je suis aussi troublé qu’elle.

« Peut-être avons-nous raté notre chance, Lily. Peut-être que j’aurais dû t’ouvrir mon coeur cette nuit là, il y a plus de quarante ans… »

J’arrache ma main à sa paume, je me lève vivement, et je m’en vais me perdre dans les ombres. J’ai l’impression d’avoir le coeur déchiré par un Sectusempra.

« Peut-être qu’il n’y a plus aucun moyen pour nous deux. Tu as une famille pour laquelle tu as donné ta vie… Et moi, je ne suis qu’un pauvre imbécile qui s’est sacrifié pour ton fantôme, et qui le referait s’il devait le refaire. »

Mes larmes coulent sans que je ne puissent les arrêter. Je suis dos à Lily, si proche du mur que je peux appuyer mes paumes contre la pierre et poser mon front sur un moellon glacial.

« Pourquoi ton fils ne nous a-t-il pas laissés au fond de nos tombeaux ? J’aurais pu continuer à t’aimer pour l’éternité sans que les réalités de ce monde ne viennent m’empêcher de faire la proposition que… »

Ma voix s’est brisée, et je ne peux interrompre mes larmes. Les perles de cristal sillonnent mes joues et vont se perdre dans les ténèbres. Peut-être y avait-il du vrai dans ce que j’ai dit à Joe Miller…

« J’ai vu Joe Miller vendredi, tu sais. Je lui ai dit que s’il voulait devenir un mage noir, comme il semble le souhaiter du haut de ses seize ans, il fallait qu’il abandonne tout sur ce chemin : ses amis, sa famille, tout ce en quoi il croit, toute son existence, tous ses sentiments. Est-ce que j’ai fait ce choix quand j’avais quinze ans ? Je t’ai abandonnée pour le pouvoir, Lily. Je t’ai abandonnée… Et ma mort pour toi n’était peut-être qu’un suicide qui avait l’amère goût de l’utilité. Je suis égoïste, je suis lâche, mon amour. Je suis faible. »

Je ne me sens plus capable d’ajouter quoi que ce soit pour l’instant. Je reste prostré contre mon pan de mur. Je me sens détruit et vidé. Clairement, ce n’était pas la soirée que j’escomptais, et pourtant, je sens que plus que toutes les autres, elle est d’une importance capitale. Un déclic se fait en moi. Au milieu de la noirceur de mon âme, j’aperçois une clarté aveuglante. Quelque chose que je n’ai jamais ressenti encore. Une forme de chaleur que je ne m’explique pas, une sérénité que je n’ai jamais connue, ou si peu. Le visage de Lily apparaît au milieu de mes larmes, voilé de blanc. Le tulle de sa robe vole sous une brise légère tandis que le ciel d’azur nous sert de voûte. D’une main tremblante je relève le voile jeté devant l’ovale de son visage. Les lys de son bouquet embaument et me font tourner la tête. C’est à peine si, accaparé par cette vision et par l’odeur des lys, j’entends ce qui se passe autour de moi. Si Lily me répond, je ne perçois pas ses mots, tout au plus la mélodie de sa voix.

Je suis emporté par ma vision. Jamais je n’ai vu de chose aussi belle, aussi vive, aussi vraie. Je suis là, tout proche d’elle. Si proche que je peux la toucher. Ses grands yeux verts brillent d’une étrange émotion que je ne lui ai vue qu’une fois, une seule, lorsqu’elle était dans ma cuisine, après s’être donnée à moi. J’ai envie de me perdre dans ses bras, et je ne le puis. La voix grave d’un maître de cérémonie me demande :

« Voulez-vous prendre Lily Evans pour épouse. Promettez-vous de la chérir et de l’aimer jusqu’à votre mort ?
- Oui. Et même au-delà. »

Le retour au réel est brusque. J’ai prononcé cette phrase « Et même au-delà » avec la force de l’évidence. Le son de ma propre voix m’a fait atterrir. Je suis de retour, je suis là à nouveau dans la pénombre de la Pierre Philosophale. Combien de temps s’est écoulé depuis que ma conscience a dérivé ? Je n’en sais rien, mais je me sens plus en paix. Mes joues sont encore humides, mais je ne pleure plus. J’essuie avec douceur le dessous de mes yeux, et je me retourne vers Lily en m’adossant au mur. Je voudrais aller vers elle, mais je crains terriblement sa réaction. Je dois être livide, plus pâle encore qu’un mort. Je peux enfin trouver la force d’articuler d’une voix blanche ma demande. Ce n’était pas ce que j’avais en tête quand je lui ai dit que ce lieu pourrait être « à nous », je ne pensais qu’à un lieu où nous pourrions nous retrouver de temps en temps loin de Poudlard et de son mari. Mais je ne peux plus reculer.

« Je veux que tu me promettes quelque chose, Lily. »


J’ai l’impression d’avoir le coeur à vif. L’écho de ma voix est étrange, comme si je ne parvenais pas tout à fait à m’extraire de cette vision obsédante. Je me fais la réflexion qu’il faudra que j’en parle à Miss Irvine. Je n’ai jamais eu une telle impression. De l’imagination, j’en ai. Des visions, c’était la première.

« Le jour où tu te sentiras prête à accepter… d’être le centre de mon existence… Demande-moi de t’épouser. Je t’attendrai à jamais, Lily. A jamais. »


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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Jeu 24 Mai - 15:58
Lily percevait le changement d’état d’esprit de Severus à mesure qu’elle parlait. Elle le vit trembler, elle sut qu’elle n’avait pas choisi les bons mots. Elle se sentait aussi perdue que son ami. A l’époque où elle avait commencé à sortir avec James Potter, il n’y avait eu qu’une proposition de longue date à accepter, comme une évidence. Un « oui » attendu de tout le monde. Le reste de sa vie avait été tracé sous le même signe de l’évidence. Ce n’était pas le cas avec Severus. Elle sentait que si leur attirance réciproque était réelle, il y avait tellement de choses sous-jacente de chaque côté qu’il leur était devenu extrêmement difficile de se retrouver. Elle eut un mouvement des mains lorsque Severus lâcha son étreinte, comme pour le rattraper, comme pour le faire rester. Mais il s’était déjà levé, sombre et vif. Insaisissable.

Peut-être avaient-ils ratés tous deux leur chance. Peut-être ne pourraient-ils plus jamais cheminer ensemble. Lily hoqueta. Entendre son ami, son amant, Severus, lâcher une telle sentence lui donnait l’impression qu’un étau broyait son coeur. Elle n’aurait su l’expliquer avec des mots, mais il lui paraissait évident que ce n’était pas la bonne route à suivre, qu’ils ne pouvaient pas se séparer. Pas encore. Pas à nouveau.

Elle sentait une boule lui serrer la gorge tandis que Severus renouvelait ses vœux, affirmant avec la certitude du désespoir qu’il mourrait à nouveau pour elle si tout était à refaire. Lily porta malgré elle la main à son coeur. Elle ne savait que faire ou que dire. Elle était comme paralysée de voir ce dos vêtu d’ébène tourné, de deviner entre les mèches de ses cheveux une nuque blafarde, et de ne voir, en guise de lumières, que le dos blême des mains de son ami. Elle souffrait de ne pouvoir alléger sa peine. D’ailleurs, ne le pouvait-elle pas ?

La voix de Severus n’était plus qu’un murmure rauque désordonné dont chaque mot parvenait pourtant aux oreilles de Lily avec une lente et terrible netteté. Lorsqu’il exprima son regret d’être revenu à la vie, elle retrouva la force de se lever et de s’approcher de lui, tendant la main comme pour le toucher. Sa paume se suspendit dans l’air lorsque Severus évoqua Joe Miller et sa propre jeunesse. Elle voyait désormais ce qui avait pu intriguer son amant chez ce jeune Serdaigle et qui l’avait empêché de laisser sa lettre sans réponse. La blancheur de sa main tremblait à quelques centimètres seulement du dos de Severus. Lily ne savait que faire. Elle ne savait ce qu’il fallait dire, ou taire. Elle devinait les larmes sur ses joues et voyait sa silhouette agitée de soubresauts. Quelque chose, dans cette situation, la paralysait sur place. Elle se sentait portée à passer ses bras autour de la taille de Severus, à poser sa joue contre ses omoplates, à se blottir contre lui comme pour le protéger, l’apaiser. Elle ne pouvait rien faire de tout cela, son corps refusait soudainement de lui obéir, comme frappé de stupeur.

Elle l’entendit lâcher un « Et même au delà » qui résonna dans la pièce. Un propos décousu qu’elle ne comprit pas, et qui effraya la jeune femme. Puis, finalement, elle le vit se retourner, les yeux emperlés, soudainement devenu grave. Les larmes avaient creusé ses traits plus encore, si cela était possible. Lily baissa la main qu’elle avait laissé suspendu dans l’air lorsqu’il lui demanda de lui promettre quelque chose : le demander en mariage le jour où elle se sentirait prête à être le centre de la vie de Severus. La demande lui fit l’effet d’un coup de poing dans l’estomac, et lui rendit le plein usage de son corps. Elle sentait toute la détresse contenue de Severus, toutes les blessures qu’elle lui avait infligées malgré elle pendant ces longues années de tourmente. Elle ne s’était pas attendu à le voir s’effondrer comme cela, jamais. Et maintenant, elle le découvrait plus fragile, plus sensible et plus humain qu’elle ne l’avait jamais vu.

Elle s’approcha enfin de lui pour passer ses bras autour du cou de Severus et se blottir contre lui comme elle aurait dû le faite bien plus tôt. Elle laissait ses paumes courir sur l’étoffe noir du vêtement de Severus. Elle poussa un soupir, et les mots s’échappèrent de ses lèvres sans qu’elle n’ait pu les retenir, exprimant un doute qu’elle avait depuis son retour sans en avoir parlé à qui que ce fût :

« Sev’… je ne sais même pas si mon mariage est toujours valide « jusqu’à ce que la mort nous sépare », tu sais ? »

Elle eut un petit rire nerveux.

« Pourquoi n’est-on pas sortis ensemble quand on était plus jeunes ? Pourquoi ne m’as-tu jamais demandé ? Pourquoi ne t’ai-je jamais demandé, d’ailleurs ? »

C’était vraiment surfait, de toute façon, le garçon qui demandait à la fille ! Elle raffermit sa prise sur le corps de Severus. Elle savait qu’il avait touché son coeur d’une bien étrange manière. Aurait-elle ressenti le large spectre d’émotions qui la prenait lorsqu’elle était en compagnie de Severus s’il n’avait pas tout sacrifié pour elle ?

« On était sans doute trop jeunes, Sev. Mais je suis là, tu es là. Dis-moi ce qui nous empêcherait de trouver un moyen, si même la mort n’a pas réussi à nous séparer finalement ? »

La mort n’avait, si elle y réfléchissait bien, pas réussi à la séparer non plus de James qui était revenu en même temps qu’elle. Mais tout semblait étrange. C’est comme si le fait de mourir avait altéré ses sentiments, colorant d’une nouvelle teinte les souvenirs des heures passées avec le serpentard, et rendant plus lointains les moments consacrés à James. Elle ne savait pas ce qui s’était passé exactement depuis sa renaissance… Quelque chose d’inexplicable. Peut-être était-ce son fardeau à elle ? Remus Lupin ne supportait plus la potion Tue-Loup, Sirius se mourait… Et elle ? Son amour pour sa famille était-il mort en même temps qu’elle, quittant son sang à elle pour imprégner celui de son seul fils survivant ? Elle essayait de se montrer maternelle et affective, mais elle peinait à faire coller ses sentiments avec ses gestes.

Trop de confusion. Dans toute cette confusion, une seule chose demeurait telle un phare dans la nuit. Elle crocheta la nuque de Severus, l’attira à elle et l’embrassa.

« Avant de parler mariage, mon amour, commençons par réapprendre à nous connaître. »

Un chuchotement entre deux baisers.
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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Ven 25 Mai - 21:52


Le souffle de l'Alchimiste

ft. Lily Evans


Je me sens encore terriblement bouleversé par ma vision. Je ne sais même pas d’où elle peut venir. Est-ce une hallucination ? Est-ce un effet de la résurrection ? J’étudie en ce moment même, avec Regulus, les effets de notre retour à la vie… Peut-être devrais-je lui faire part de ce symptôme un jour prochain ? Je ne sais pas qu’en penser… J’ai l’impression de naviguer d’incertitude en incertitude depuis mon retour à la vie. J’étais accoutumé à cette vie, jadis. Je craignais sans cesse d’être démasqué, torturé et tué. Ma concentration était toujours la plus pure possible, et ma maîtrise de moi la plus totale possible. Cette vie m’a fatigué. Aujourd’hui, j’aimerais pouvoir me retirer, mais tout comme Lily ne sait pas comment me faire entrer dans sa vie, je ne sais pas comment cesser de mener pareille existence.

Elle est toute proche, et pourtant, je ne prends conscience de sa présence que lorsqu’elle me prend dans ses bras. Aussitôt, mon âme s’apaise. J’ai presque l’impression d’être drogué en sa présence, enivré par ce contact physique. Je l’enserre à mon tour, ne croyant pas à ma chance de pouvoir, encore, la tenir contre moi. La chaleur de son corps et les battements de son coeur… je pourrais mourir encore et encore pour cet instant. Sa voix s’élève avec de drôles d’accents. Je sens que je ne suis pas le seul chez qui la résurrection a révélé des failles, des doutes, des peurs, des interrogations.

« Sev’… je ne sais même pas si mon mariage est toujours valide « jusqu’à ce que la mort nous sépare », tu sais ? »

J’intensifie ma prise sur elle, l’âme en proie à des sentiments contraires. Je veux la rassurer en même temps que j’aspire à la fin de cette regrettable union avec James Potter. C’est à cet instant précis que se ravive ma volonté de la lui ravir, de séduire Lily Evans, d’entrer dans sa vie aux yeux de tous. Je sais que c’est pure folie, et lorsqu’un rire nerveux échappe à Lily, je ne peux que m’en faire l’écho… pour de bien différentes raisons.

« Pourquoi n’est-on pas sortis ensemble quand on était plus jeunes ? Pourquoi ne m’as-tu jamais demandé ? Pourquoi ne t’ai-je jamais demandé, d’ailleurs ? On était sans doute trop jeunes, Sev. Mais je suis là, tu es là. Dis-moi ce qui nous empêcherait de trouver un moyen, si même la mort n’a pas réussi à nous séparer finalement ?  »

Sa voix prend toute la place dans mon être, balaie toutes mes pensées, tous mes doutes. J’incline le visage vers elle pour laisser reposer ma joue contre son crâne. Je ne peux m’empêcher de lui souffler ma réponse dans le creux de l’oreille.

« Puisqu’on a une deuxième chance, prenons-la, mon amour. Essayons. Nous verrons bien si nous pouvons défier le destin. »

Je sens sa main se glisser sur ma nuque et ses lèvres s’emparer des miennes. Je ne me sens jamais aussi bien qu’en sa présence. Elle est ma lumière dans les ténèbres. Elle l’a toujours été. Je me laisse subjuguer par son étreinte, par sa présence, par la sensualité de ses caresses. J’ai toujours perdu la tête quand il s’agissait de Lily, je ne vois pas pourquoi il en irait autrement après tout ce temps. Malgré les tourments de ma nouvelle condition, je ne peux qu’être reconnaissant à Potter de m’avoir offert tout ça. De m’avoir offert sa mère, même s’il ne le sait pas.

Un murmure me parvient, la voix de Lily douche instantanément le fil de mes pensées.


« Avant de parler mariage, mon amour, commençons par réapprendre à nous connaître. »

Elle ne pense pas à mal, je le sais, mais elle me place dans la même situation qu’il y a quinze ans : parler ou me taire. Il y a quinze ans, j’ai choisi de me taire et je l’ai perdue… Je vais apprendre de mes erreurs. Je rompt avec douceur le baiser qu’elle avait à nouveau déposé sur mes lèvres, et continue de la serrer dans mes bras pendant quelques secondes avant que tout ne bascule. C’est peut-être la dernière fois, à jamais, que je l’ai embrassée.

« Tu as raison, Lily. Et cette fois, je vais te parler. »

Je caresse une ultime fois le galbe de son visage, pose un baiser sur son front. Ses mèches rousses me chatouillent les lèvres, et je reste un instant contre elle, comme pour m’imprégner de sa présence, de son odeur, de sa douceur. Je la repousse lentement, et l’invite à revenir près de la lumière avec moi. Sans un mot, je relève ma manche. Elle sait que sur mon bras devrait être lovée une marque des ténèbres, sceau intime et nauséabond appliqué par le Seigneur des Ténèbres à même la chair. Elle n’y est plus. A la place, les deux serpents enlacés dans un signe de l’infini qu’il m’a imposé il y a de cela quelques temps, déjà. Je lâche dans le silence.

« J’ai revu le Seigneur de Ténèbres pour négocier la libération de ma mère. »

Je remet ma manche en place, et laisse une seconde ou deux filer. Le silence est si lourd qu’il semble en devenir matière.

« Je ne veux rien te cacher, je veux… tout te montrer. Tout te dire. »


Je m’approche d’elle et prends sa main. Le contact avec sa peau est un premier pont qui me permet de l’inviter progressivement dans mon esprit. Je caresse par la pensée son âme, et la fait pénétrer dans mes souvenirs en l’embrassant sur les lèvres. Aussitôt, elle est happée par la scène de ma rencontre avec le Seigneur des Ténèbres. Je ne lui cache rien : ni les termes du contrat passé, ni la nouvelle marque, ni même le fait qu’il aurait libéré, quoi qu’il arrive, ma mère. Je veux qu’elle sache quel homme je suis, qu’elle puisse me choisir en me connaissant tout entier.

Enfin, lorsqu’elle a vu toute la scène, de la missive reçue à l’ultime seconde, j’écarte mon visage d’elle. Je redoute déjà son départ.

« Je voulais apprendre la magie noire pour tuer mon père et t’impressionner, jadis, Lily. Tu m’as fuie, et mon père a fini par s’éteindre de lui-même... »


Je la regarde intensément.

« Je ne ferai pas deux fois la même erreur. Je veux découvrir ce que prépare le Seigneur des Ténèbres par curiosité, bien sûr, mais pas seulement : j’ai une chance d’être libéré de mes fautes en te transmettant tout, en t’offrant ma mémoire pour que le bureau des Aurores ait toujours un coup d’avance. Je le ferai. »

Je laisse quelques instants.

« Je transmettrai tout à Harry. »


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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Dim 27 Mai - 15:34
Les mots de Severus avaient jeté un froid dans la conversation et douché d’un coup la conscience de Lily. Il avait revu lord Voldemort pour négocier la libération de sa mère, soit. Elle avait connu quelques temps de détention avec l’austère Eileen Prince, et pouvait donc sans peine imaginer son ami aller au devant de son ancien maître pour chercher sa mère, mû par des sentiments contraires de piété filiale et de devoir. Cependant, le ton qu’il avait pris suggéré plus. Il ne voulait rien lui cacher… Cette entrée en matière augurait du mauvais… Lily avait terriblement peur de ce qu’elle s’apprêtait à découvrir. Plus peur encore qu’elle ne saurait le dire. Devant ses yeux dansait encore le nouveau tatouage de Severus : deux serpents dans un signe de l’infini. La marque des ténèbres n’était plus… Cela ne pouvait être que de mauvais augure.

Elle sentit confusément que quelque chose se passait lorsque Severus lui prit la main, elle eut la sensation de tomber dans une pensine mais avec toutefois plus de douceur, plus de prévenance. Lily savait la magie de son amant à l’oeuvre. Elle inspira une dernière fois, profondément, le coeur battant à mille à l’heure avant de sceller le sort qui la ferait basculer dans les souvenirs de son ami en lui rendant son baiser. Aussitôt, Lily fut à côté de lui. Elle vit son geste tremblant lorsqu’il déplia la missive de Voldemort. Celui-ci l’invitait dans un marais pour retrouver sa mère. Lily devinait aux gestes de Severus toute sa crainte. Il se leva devant ses yeux pour préparer une missive à son attention à elle, et l’attacher à une patte de hibou avec des instructions très précises. Un sacrifice… il avait à nouveau opté pour une forme de sacrifice : s’il ne revenait pas, elle au moins saurait. La jeune femme tendit la main juste à temps pour effleurer l’épaule de Severus avant que la scène ne change.

Un marais, de nuit, et la haute silhouette de Severus Rogue qui s’avançait d’entre les arbres. Elle vit, toute proche de lui, Voldemort, et entendit résonner dans sa tête comme si elle avait assisté à toute la scène la voix de son ami annonçant à son ancien maître toute sa surprise à la lecture de sa lettre. Intérieurement, Lily admirait le sang froid de Severus : elle aurait été incapable de se maîtriser à ce point, incapable de jouer sa vie avec cette si parfaite maîtrise de soi.

Lily fut plus qu’étonnée, ensuite, de voir les déplacements de Voldemort. Il dégageait quelque chose de magnétique qu’elle ne lui avait jamais connu, et comprenait désormais la puissance de la fascination qu’il pouvait exercer. Quelque chose, cependant, lorsqu’il passa le bras autour des épaules de Severus sans les toucher, soufflait à Lily qu’il ne devait pas se conduire ainsi avec tout le monde. Elle tressaillit en entendant son seul prénom dans la bouche du Sei… de Voldemort, et ne put, malgré elle, sourire en entendant la réponse de Severus qui remettait son vis à vis à sa place sur ladite utilisation de son seul prénom. Les nouvelles concernant Bellatrix qu’ils s’échangeaient au fil de la discussion lui passaient au dessus de la tête, son coeur et son esprit étaient partagés entre l’horreur et la fascination de voir avec quelle aisance Severus parvenait à donner la réplique à Voldemort. Il paraissait prudent, mais dépourvu de la moindre crainte.

Ce furent les remerciements de Voldemort à Severus qui la ramenèrent au présent. Elle détourna les yeux de Severus pour se concentrer, comme lui, sur son vis à vis. Elle n’avait jamais eu autant de temps pour détailler du regard ce visage mutilé sur lequel les expressions se peignaient avec une légèreté extrême, comme si ce masque redoutable fut trop rigide pour autoriser une réelle expressivité du visage. Malgré elle, et comme Severus l’avait été avant elle, Lily était hypnotisée par la grâce singulière de Voldemort, et surtout par ses mots, ce qu’ils véhiculaient, ce qu’ils laissaient deviner plutôt que ce qu’ils disaient. Elle sentait se dessiner de nouveaux plans, infiniment plus dangereux : peut-être voulait-il faire un coup d’état ? Ou instaurer un nouvel ordre ? Elle redoutait, désormais, ce qu’il pourrait faire, quels « changements » il pourrait vouloir apporter au monde de la magie.

Par dessus l’épaule de Severus, elle détaillait le parchemin. Elle releva toutefois bien vite les yeux en entendant Voldemort proposer, quelque soit la réponse de Severus, de lui rendre sa mère. Pardon ? Malgré elle, Lily était interloquée, et s’approcha pour suivre avec d’autant plus d’intérêt la suite des événements. Severus accepta la proposition de Voldemort, au grand dam de Lily – mais elle s’en doutait – et acceptait aussi de voir le rituel auquel Voldemort l’avait confié à demi-mots. La jeune femme tapa rageusement à l’arrière du crâne immatériel de Severus.

« Mais quel idiot ! »

Elle connaissait la fascination pour les arts obscurs de Severus. Elle ne la connaissait que trop bien et la haïssait… C’était, à ses yeux, ce qui les avait séparés tous deux, ce qui les avait détruits en tant que couple possible. Elle tremblait de le voir revenir à ses anciens penchants, et en quelques instants, il lui semblait qu’elle le perdait à nouveau. La bouffée de soulagement qui prit Lily fut donc d’autant plus grande lorsqu’elle vit Severus relever la manche sur son avant bras et déclarer son indépendance à Voldemort. Elle ne pouvait réprimer un sourire sans doute un peu béat, et une larme immatérielle coula même sur sa joue.

Elle vit sous ses yeux la marques des ténèbres prendre cette nouvelle forme, et entendit le roulement des conversations de deux hommes d’affaire à propos de livres anciens. Lily était ébranlée lorsqu’elle reprit contenance et qu’elle vit devant elle, les traits tordus d’angoisse de Severus. Il était plus qu’évident qu’il redoutait sa réaction. Sa voix était douce, lorsqu’il reprit la parole, mais son regard était intense, deux joyaux noirs brûlant avec intensité à la lumière des cristaux. La jeune femme se sentait perdue. Ainsi il voulait reprendre son rôle d’agent double, tout en ne lui celant pas sa passion pour la magie noire… Elle était partagée entre le soulagement et la crainte. Il lui semblait que le jeune homme qu’elle avait connu jadis était désormais devenu un homme accompli, plus subtil, plus dangereux, plus fascinant aussi. Lily se sentait comme une petite fille à côté de lui, une fragile enfant craintive.

Le Severus qui lui faisait face était familier et inconnu à ses yeux. Familier car elle était sans doute l’une de celles à l’avoir connu le plus en profondeur. Inconnu parce qu’ils avaient été séparés dix-huit ans, et il allait bien falloir s’y faire. Entre temps, les expériences avaient façonnés Severus, l’avaient affûté comme une lame. Elle se perdait dans ses yeux, le coeur battant la chamade. Elle voulait se montrer à sa hauteur. Pour la première fois, troublée par le profond magnétisme de son amant, elle comprit fugacement l’attrait que la magie noir et le pouvoir pouvaient exercer sur les esprits. Elle même n’était pas totalement insensible à l’aura de danger qui entourait à présent Severus.

« Tu ne vas rien transmettre à Harry du tout, Sev. Tu vas surtout découvrir ce qu’a prévu de faire Voldemort avant. »


Le timbre de sa propre voix l’étonna elle-même. Elle avait dit cela d’un air glacial qui ne lui ressemblait pas, et qu’elle ne reconnaissait qu’à grand peine.

« Je lui dois bien ça. Il m’a sauvé la vie… ça n’efface pas le fait qu’il m’ait tué une première fois, mais… Il se conduit bizarrement… »

Lily secoua la tête, lasse.

« Tu as l’air de savoir te servir de la magie de l’esprit, tu es legilimens ? Si c’est le cas, je veux bien te montrer à mon tour ce qui s’est passé durant ma captivité. Je n’ai aucune idée de la façon dont ça marche, en revanche. »

La sorcière eut un petit sourire d’excuse qui s’effaça cependant bien vite lorsqu’elle extirpa ses mains des paumes réconfortantes de Severus pour venir prendre son visage entre ses doigts et l’attirer à elle. Ils étaient si proches qu’il suffisait d’un infime mouvement de l’un des deux pour que le bout de leur nez s’effleurent.

« Par contre, tu vas me promettre quelque chose, Severus, et crois bien que je t’achève de ma main si tu ne respectes pas cette promesse. »

Elle le fixait avec intensité, incapable de savoir si le choix qu’elle s’apprêtait à faire était le bon. Lily avait toujours détesté tout ce qui touchait à la magie noire, et pourtant, elle aimait Severus de tout son coeur et s’apprêtait à sacrifier pour lui une partie de ses convictions.

« Tu vas me tenir au courant de toutes tes recherches, et à plus forte raison de tes travaux en matière de magie noire. Ne t’avise même pas de songer à me cacher quoi que ce soit à ce propos, Severus, parce que je te promets que je suis prête à déchirer mon âme en te tuant de mes mains si tu essaies. »

Elle laissa un moment de silence flotter et fit doucement glisser ses mains le long des joues de Severus jusqu’à lâcher son visage. Sa voix s’était adoucie.

« Je sais que ça fait partie de toi, cette fascination pour les arts obscurs. Je ne veux plus combattre qui tu es, je te veux juste, toi. »
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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Dim 27 Mai - 20:25


Le souffle de l'Alchimiste

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L’attente me paraît interminable. Je guette chaque mouvement de Lily, chacun des battements de ses cils, chaque tressaillement de ses paumes, chaque tic qui pourrait agiter son visage. Je ne peux détacher mon œil de sa figure, trop occupé à graver dans ma mémoire chacun de ses traits. J’ai terriblement peur qu’il n’y ait aucune issue heureuse à cette conversation, et je m’y prépare mentalement autant que je le peux. Je la devine perdue, je la sens perdue et inquiète. Le regard qu’elle jette sur moi est trouble, neuf. Jamais je ne l’ai vue avec ces yeux là. Un mélange de dureté et de douceur que je ne lui connais pas. Les derniers lambeaux de mon âme encore attachés à son esprit perçoivent tout son trouble, toute sa peur, toute sa détermination. Un mélange explosif qui me donne, de façon tout à fait déraisonné, l’implacable envie de la serrer dans mes bras.

Lorsqu’elle prend la parole, son ton est glacial. Je ne lui ai connu qu’une seule fois ce ton tranchant. Le « épargne ta salive, Sev » de cette fameuse nuit me brise l’âme quelques secondes avant que je ne prenne conscience de ce qu’elle vient de dire.

« Tu ne vas rien transmettre à Harry du tout, Sev. Tu vas surtout découvrir ce qu’a prévu de faire Voldemort avant. »

« Je te demande pardon ? » laché-je dans un chuchotement surpris.

Je ne suis pas certain d’avoir compris. Déjà, elle reprend la parole, d’une voix plus lasse, et mon murmure s’est perdu dans le néant.

« Je lui dois bien ça. Il m’a sauvé la vie… ça n’efface pas le fait qu’il m’ait tué une première fois, mais… Il se conduit bizarrement… »

L’étrangeté du comportement du Seigneur des Ténèbres n’en est pas une à mes yeux : c’est, pour moi, la preuve d’un nouveau plan, de nouvelles perspectives d’avenir. Je suis à peu près certain qu’il a au moins une dizaine de coups d’avance, comme toujours, et qu’il cherche de nouveaux moyens d’arriver à ses fins. La vraie question étant : quelles sont ses fins et quels moyens met-il en œuvre pour y parvenir ? Si j’ai bien de vagues hypothèses pour les deux questions, aucune, pour le moment, n’est suffisamment établie pour que je ne me risque à en parler auprès de Lily. Toutefois, apprendre qu’elle doit la vie au Seigneur des Ténèbres m’atteint plus que de raison. Je me souviens, des décennies plus tôt, l’avoir supplié d’épargner Lily, et je me souviens de son indifférence à ma requête. S’il l’avait fait, je serais sans doute encore auprès de lui, à l’heure actuelle si Lily ne m’avait achevé de sa main pour avoir conduit au meurtre de sa famille… Avec des Si, on pourrait mettre Poudlard en bouteille…

La voix de Lily est étrangement lasse lorsqu’elle reprend la parole avec une invitation qui me touche au-delà des mots.

« Tu as l’air de savoir te servir de la magie de l’esprit, tu es legilimens ? Si c’est le cas, je veux bien te montrer à mon tour ce qui s’est passé durant ma captivité. Je n’ai aucune idée de la façon dont ça marche, en revanche. »

Elle pourrait me transmettre ces souvenirs de mille façon : la pensine, la parole… Elle me propose quelque chose que je me suis toujours refusé à faire avec elle : explorer directement l’intérieur de son esprit. C’est une expérience intime, étonnante, parfois désagréable, même lorsqu’elle est consentie. Je sens tout mon être s’enflammer lorsqu’elle me fait cette proposition. D’aucuns lui diraient qu’elle est folle d’ouvrir son esprit à quiconque n’est pas elle. Moi, en tous cas, je le lui dirais. Cette marque de confiance qu’elle me fait me bouleverse et je m’apprête à lui répondre, à lui demander si elle est là, bien certaine de vouloir tenter l’expérience, lorsqu’elle prend mon visage dans la coupe de ses paumes.

Je suis, sous ses caresses, bien impuissant. Je ne peux pas lutter, je ne le souhaite pas. Nos visages sont tellement proches qu’il ne me faudrait qu’un geste pour l’embrasser. Pourtant, l’étrange flamme allumée dans ses iris d’émeraude me dissuade de tenter quoi que ce soit. Je la sens mortellement sérieuse, et son âme elle-même est empreinte d’une solennité qui m’intrigue et m’inquiète. J’ai à peu près acquis le fait que lui avoir montré mes souvenirs était une bonne idée : elle est toujours là, n’a pas fui, et semble avoir vécu d’étranges expériences au cours de sa captivité.

Je veux savoir, plus que tout, ce qu’elle a vécu et éprouvé. Je veux, mieux que personne, la connaître, et dussé-je la voir torturée sous mes yeux, dussé-je moi-même ressentir les effets du doloris, je veux, par dessus toute chose, tout savoir d’elle. J’ai senti son trouble, perçu son refus d’évoquer sa captivité lorsqu’elle est venue s’échouer chez moi – chez moi et non pas chez son époux – et je ne peux, dès lors, qu’être heureux de l’opportunité qu’elle m’offre.

Sa voix est toujours tranchante quand elle reprend la parole, je ne l’ai jamais sentie aussi décidée, aussi combative. Nous nous sommes pourtant déjà affrontés, mais jamais de la sorte. Ce n’est plus une adolescente ou une jeune femme que j’ai en face de moi, je sens, pour la première fois, quelque chose d’inédit en elle. Quelque chose qui me plaît furieusement.

« Par contre, tu vas me promettre quelque chose, Severus, et crois bien que je t’achève de ma main si tu ne respectes pas cette promesse. »

Je sens l’une de mes épaules s’agiter d’un petit soubresaut tandis que je redoute sa demande : je m’attends déjà à une promesse difficile à honorer, voire impossible. Je crains qu’elle ne me demande de renoncer à elle, ou de renoncer à fréquenter le Seigneur des Ténèbres. Des choses qui seraient, en l’état actuel, difficiles.

« Tu vas me tenir au courant de toutes tes recherches, et à plus forte raison de tes travaux en matière de magie noire. Ne t’avise même pas de songer à me cacher quoi que ce soit à ce propos, Severus, parce que je te promets que je suis prête à déchirer mon âme en te tuant de mes mains si tu essaies. »

Je suis interloqué, si ébahi, à vrai dire, que je n’entends qu’à peine le son, enfin plus doux, de sa voix.

« Je sais que ça fait partie de toi, cette fascination pour les arts obscurs. Je ne veux plus combattre qui tu es, je te veux juste, toi. »

Je sens un nouveau tressaillement agiter cette fois tout mon dos. Mes muscles se sont raidis, et j’ai la nuque roide. Jamais je n’ai été aussi ébahi de ma vie. Le choc passé, je sens une bouffée de chaleur me consumer de l’intérieur. Un léger sifflement papillonne quelques instants à la frontière de l’audible. D’un coup, je suis projeté des années auparavant, happé par mes souvenirs. Le jeune Severus Rogue de quatorze ans refait surface. Celui qui a découvert les arts occultes sous l’impulsion de Lucius Malefoy, son aîné de quelques années, celui qui hésite sur la façon d’en parler à son amie de toujours, la jeune et ravissante Lily Evans. Je contemple d’un œil extérieur les contours de cette jeune conscience qui se réfugie dans ses songes, qui échafaude mille scenarii pour en parler à Lily. J’espérais jadis la convaincre de mon choix, l’attirer à moi, la faire chuter dans la magie noire à mes côtés. Mon amour pour elle était de l’obsession, étouffant, dévastateur lorsqu’elle n’était pas à côté de moi. Je nous imaginais tous deux, seuls contre le monde, sur ce chemin de puissance et de colère.

Mais mes fantasmes s’évaporaient sitôt qu’elle était à nouveau avec moi. Je me rappelais alors que celle que j’aimais, celle que j’aime toujours, c’est cet être de lumière, cette jeune femme vive et brillante, compatissante et resplendissante, non pas la chimère du monde de la nuit que je m’étais crée. Cela n’avait été qu’après notre dispute que je m’en étais finalement bien rendu compte : en me perdant dans la noirceur, je l’avais perdue de vue.

Pourtant, cet adolescent de quatorze puis quinze ans est toujours là, quelque part au fond de moi. Je le sens s’agiter au fond de mon âme. Comme il me serait facile d’accéder à sa requête, puis d’accéder à son âme ainsi qu’elle me l’a demandé et d’implanter dans son esprit les graines du chaos. Je me sais assez puissant et surtout assez expérimenté pour l’ensorceler. Il me suffirait d’à peine quelques mots pour prendre son âme et son cœur, et la ravir définitivement à James Potter.

J’ai attrapé sa main et l’attire vers moi jusqu’à pouvoir l’enlacer.  Je lui glisse au creux de l’oreille dans un chuchotement rauque, tremblant de l’émotion qui m’assaille et qui me dévore l’estomac.

« Je te le promets, Lily. Tu sauras tout de mes travaux, absolument tout. »

Je ne peux m’empêcher de laisser mes mains courir sur son dos, enserrer ses épaules. Mes lèvres effleurent sa gorge tandis que je reprends d’une voix douce, grave, plus posée. C’est une vraie proposition, même si je m’attends à son refus.

« Je pourrais t’attirer à moi, mon amour, t’instruire, cheminer à tes côtés sur ces routes sinueuses par delà le bien et le mal ? Je pourrais t’emporter dans mes quêtes alchimiques de la compréhension et de la maîtrise de la matière, du corps, de l’esprit. La magie n’a d’autre couleur que l’intention de son sorcier. Durant toutes ces années, je n’ai pas seulement appris à torturer ou tuer sans baguette ni sortilèges impardonnables. J’ai emprisonné mes victimes corps et âme, ai instillé en elles des pensées si subtiles qu’elles ne se rendaient même pas compte des changements opérés en elles, des effets si délicats qui pourtant, modelait leur être tout entier exactement comme je l’entendais. J’ai enfermé des âmes dans des flacons, créé des potions qui embrasent les sens, embrument l’esprit, des sorts qui ouvrent les chairs. J’ai cherché le savoir, le pouvoir. C’est souvent la même chose. Pourtant, plus je cherchais, moins je trouvais de raison de continuer cette quête infinie, puisque tu n’étais plus. Tu as toujours été ma muse, Lily, toujours. Mais me feras-tu toujours assez confiance pour m’ouvrir ton esprit, sachant tout cela ? »

Une longue inspiration. Je glisse l’une de mes mains le long de sa nuque pour perdre mes doigts sur son crâne. Je sens sur le dos de ma main la cascade de sa rousseur. Je referme lentement les doigts sur quelques mèches que je laisse couler sur ma paume, comme les vagues d’un océan.  

« Est-ce que… tu voudrais que je te montre tout ce que je sais ? Veux-tu venir à moi, Lily Evans ? »

Quelque soit sa réponse, je ne la forcerai pas, ne la contraindrai à rien. De mes pulsions dévorantes, de mes tentations impies, il ne reste qu’une flamme, haute et pure. L’idée s’éloigne aussi vite qu’elle m’est venue, c’est Lily, n’inversons pas les rôles : la Dame souveraine, c’est elle, et cela sera ainsi jusqu’à la fin des temps.


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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Lun 28 Mai - 8:15
Le coeur de Lily menaçait de jaillir hors de sa poitrine, tant elle était sous le coup de l’émotion après avoir parlé à Severus. Elle sentit à peine les doigts de son ami crocheter sa main, et se retrouva contre lui sans bien avoir compris comment cela s’était fait. Toutefois, elle sentit aussitôt cette douce chaleur, cette étonnante impression d’être parfaitement à sa place dans les bras de Severus. Elle ne pouvait que se maugréer dans le même temps de son infidélité à James. Revoir Sirius et Remus avait ouvert son coeur en deux, et elle savait que le jour où la vérité éclaterait, elle les perdrait très probablement. Mais le fait été que, depuis sa résurrection, ses sentiments étaient sans dessus-dessous. Plus les choses avançaient, plus elle se demandait si ce qu’elle éprouvait pour Severus était réel ou si ce n’était le fruit que d’une perturbation magique. Elle n’en savait rien, mais elle se sentait à son aise près de lui.

Lily ne put s’empêcher de laisser un sourire se peindre sur son visage lorsqu’il lui promit de tout lui dire. Enfin, il n’y aurait plus de secret entre eux. Car elle était bien persuadée que c’était là ce qui l’avait tenue éloignée de son ami. Elle sentait sur son dos la douceur des caresses de Sev’ et passa autour de sa nuque ses bras. Elle interrompit toutefois son mouvement lorsqu’il reprit la parole, interloquée.

La jeune femme entendait son coeur battre aux tempes bien plus qu’elle n’entendait la voix de Severus, et pourtant, elle ne perdit pas un seul mot de ce qu’il lui soufflait au creux de l’oreille. Elle se sentait chavirer, en proie à des sentiments contraires. Une part d’elle-même lui suggérait de s’abandonner totalement à son amant, et de se laisser couler avec lui sur des chemins interdits, une autre lui tempêtait de résister. Elle ne savait qu’écouter entre cette étrange attirance pour Severus et tout le système de valeurs qui l’avait façonnée telle qu’elle était. Lily ne savait, en toute honnêteté, quoi répondre à son ami. Elle hésitait encore lorsqu’elle sentit l’une des mains de Severus remonter jusqu’à la base de son crâne dans une longue caresse qui fit naître des frissons le long de son échine. Ne savait-elle vraiment pas quoi répondre lorsqu’il lui demandait de venir à elle en employant son seul nom de jeune fille ? Ou lorsque l’onyx brûlant de ses yeux se posait sur elle ?

« Peut-être as-tu déjà empoisonné mon esprit, Severus ? »

Elle avait, malgré elle, un petit sourire taquin. L’heure était grave, l’humour était sans doute le dernier rempart que son esprit eût pour se protéger. Lily se savait incapable de s’extirper des bras de Severus par sa seule volonté. A présent qu’elle avait conscience du gouffre de dix sept ans qui les séparait, elle jetait un regard nouveau sur son ami. Plus mature, plus subtil, plus dangereux. Son analyse était sans doute la bonne, l’hésitation de la jeune femme en était sans doute une preuve éclatante. En temps normal, sa réponse aurait été toute trouvée : non. En trois lettres, belles, propres, symétriques. Et pourtant, ce « non », qui était la réponse la plus parfaitement logique du monde, ne sortait pas. Lily ne partageait pas la fascination de Severus pour les savoirs interdits, mais elle avait tout de même un esprit agile et curieux. Et ce nouveau Severus, plus tortueux mais moins torturé que celui qu’elle avait connu était une énigme qu’elle voulait percer à jour par n’importe quel moyens en sa possession.

« Peux-tu vraiment affirmer, mon amour, que seule l’intention d’un sorcier compte ? Que penser alors des sortilèges impadonnables ? Quel autre usage que la douleur vois-tu au Doloris ? Et l’Avada Kedavra ? Et l’Imperium ? Certains sorts ne sont-ils pas maléfiques par nature? »


Elle n’était pas prête à rendre de suite les armes, même si, elle le sentait, ce ne serait sans doute pas elle qui remporterait cette bataille-là. Preuve en était : elle n’avait pas cherché à se dégager de l’étreinte de Severus.
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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Lun 28 Mai - 23:57


Le souffle de l'Alchimiste

ft. Lily Evans


Je crois que je pourrais perdre totalement la notion du temps s’il n’y avait la voix de Lily pour me ramener de temps à autre au présent. Je ne saurais décrire assez fidèlement les sensations qui parcourent mon corps et mon âme lorsque Lily est dans la même pièce que moi. Moins encore lorsque nos corps se frôlent. La chaleur de sa peau, l’odeur de ses cheveux, l’éclat vif et profond de ses yeux. Il n’y a rien au monde qui pourrait remplacer tout cela. Je serais fou de ne pas chérir le plus précieux trésor en ma possession. Je sais combien l’or rouge peut être volatile, de même que les émeraudes de ses prunelles. Lorsque je suis loin d’elle, j’ai terriblement peur qu’elle m’échappe, et lorsqu’elle se love dans mes bras, sa présence est une évidence si écrasante que je me sens rasséréné. Il faudrait sans doute que j’arrête de tressaillir pour un rien et que je demeure confiant, mais c’est pour le moment au dessus de mes forces. C’est presque comme si je ne croyais pas à mon bonheur, trop parfait, trop écrasant pour être vrai. Peut-être suis-je juste désaccoutumé ? Peut-être est-ce juste un manque d’habitude ? Comme il doit être confortable de savoir vivre sans rancœur, sans haine, sans colère. Ce bouillonnement qui prend aux tripes jusqu’à arracher les boyaux, je l’ai connu. Il fut même mon plus fidèle allié pendant des années. Je me sens presque vide sans cette amère potion au fond de mon âme.

Et pourtant, mon coeur explose pour d’autres raisons. Les mots de Lily m’ont ramené au présent, et les flammes qui allument son œil embrasent tout mon être.

« Peut-être as-tu déjà empoisonné mon esprit, Severus ? »

Je vois ses lèvres s’étirer en coin, jusqu’à dessiner une fossette au creux de sa joue, je sens se mêler, à l’arrière plan de ce sourire, des sentiments divers. Une forme d’attirance mêlée de crainte. On dit que le rire est la politesse du désespoir, peut-être est-ce exactement ce qu’elle ressent à présent : une forme de désespoir de ne pas savoir quoi penser ni répondre à mon invitation. Le fait qu’elle ne l’ait pas repoussée me grise et m’encourage. J’ai l’impression de vivre un moment historique et intense, une charnière dans nos vies. La jeune Lily amoureuse de James Potter m’aurait envoyé balader, aurait explosé, se serait détournée de moi. Mais cette Lily là, que je serre dans mes bras, dont je sens la chaleur et la douceur jusque sur ma peau, elle me laisse une chance de la toucher en plein coeur.

Je souris à mon tour. Un sourire doux, plus doux, sans doute, que ce à quoi je l’ai accoutumée.

« Impossible, Lily. C’est libre que je t’aime par-dessus tout. Je ne me permettrais jamais de toucher à ton âme, je perdrais tout en faisant une telle chose. »

Probablement l’aveu le plus véritable que je peux faire en cet instant. Même si je ne pénètre pas l’esprit de Lily, je perçois assez finement son humeur, et devine sans peine le balancement de son coeur entre ses sentiments et sa raison. C’es une impression confuse, ténue, qui me fait intensifier imperceptiblement ma prise sur les épaules de Lily, presque dans l’espoir de ne faire plus qu’un avec elle pour le reste de nos existences. Presque pour la réconforter, même si je me sais la cause de ses sentiments mitigés.


« Peux-tu vraiment affirmer, mon amour, que seule l’intention d’un sorcier compte ? Que penser alors des sortilèges impadonnables ? Quel autre usage que la douleur vois-tu au Doloris ? Et l’Avada Kedavra ? Et l’Imperium ? Certains sorts ne sont-ils pas maléfiques par nature? »

La question était pour le moins passionnante, et je décide de m’accorder quelques secondes avant de lui répondre. Quelques secondes au cours desquelles je relève la tête, laissant mes lèvres effleurer sans le toucher tout à fait, le front de mon amante. Cette interrogation m’a distrait pendant quelques secondes de mon objectif premier qui était d’amener Lily sur mon chemin, et, si elle le veut toujours bien, d’unir mon esprit au sien le temps d’une promenade dans ses souvenirs. J’ai finalement une réponse satisfaisante pour elle.

« Je le crois, mon aimée : le doloris stimule le système nerveux, je suppose qu’il doit pouvoir servir à faire repartir un coeur qui a lâché depuis peu. Le sortilège de mort peut servir à l’euthanasie des cas incurables souhaitant partir dignement, et quant à l’imperium… Ne serait-ce pas merveilleux si l’on pouvait y recourir pour éloigner le malheur des âmes les plus tourmentées ? »

J’ai un sourire rêveur, un peu lointain.

« Mais je t’accorde sur ce dernier point qu’une potion saurait sans doute être plus subtile et plus efficace. »

J’approche à nouveau le visage du sien pour la fixer intensément, malgré moi, dans les yeux. La proposition que je lui fais n’est qu’une variation sur la précédente, qui utilise simplement des ressorts émotionnels différents. Le fond est le même : viens à moi, Lily Evans, sois mienne.

« J’ai appris beaucoup de mes études et de mes errances. Et j’apprendrai sans doute plus encore dans les jours, mois, années qui viennent. Depuis ma mort et ma résurrection, je sens l’urgence dévorante de vivre et de laisser une trace : je ne veux pas que tout cela se perde, je veux transmettre ce savoir en héritage à des disciples, à des pairs… à la femme que j’aime, surtout, à défaut d’avoir un jour des enfants à qui léguer cela. Tu es cette femme, Lily, tu l’as toujours été. Veux-tu bien recevoir cela de moi ? »


Je fais glisser ma main à l’arrière de sa nuque et pose un baiser sur ses lèvres sans la lâcher du regard. J’aimerais qu’elle se perde dans les pupilles noires qui la dévorent des yeux comme je flamboie dans l’émeraude de son iris. La solennité du moment n’enlève rien au désir qui me consume : j’ai envie de l’étreindre, de dégager la blancheur de son épaule du carcan de tissu qui l’enserre, de goûter sa peau. J’ai envie d’elle, et à moins d’être complètement stupide, je suis certain qu’elle ne peut que le percevoir aussi ardemment que moi-même je le ressens.


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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Mar 29 Mai - 21:21
Tout semblait pour le moins étrange à Lily : la discussion extrêmement sérieuse qu’elle avait avec Severus à propos de leur majeur point de discorde était sans cesse brouillée par la proximité de leurs corps et l’évidente tension qui régnait entre eux. Lors de leurs premières retrouvailles, le toucher avait été pour eux le moyen de s’assurer que l’un et l’autre étaient bien revenus d’entre les morts. C’était une façon de reprendre conscience de leurs corps respectifs, et de se retrouver l’un et l’autre. Après la libération de Lily, celle-ci avait eu besoin de réconfort, et, sans savoir pourquoi, s’était retrouvée chez Severus à lui faire des avances avec bien peu de subtilité. Et les voilà, une fois encore, l’un et l’autre enlacés. Quelle excuse se trouverait-elle maintenant qu’il était plus qu’évident que ce n’était pas juste une erreur d’un soir ? Quelle excuse pour la tendre amitié mais la froideur amoureuse que lui inspirait James, son mari ?

Elle vit Severus relever la tête, pensif, à la recherche d’une réponse à sa question. Elle le vit tergiverser quelques instants, laisser ses lèvres errer sur son front, puis l’entendit énumérer quelques usages possibles auxquels elle n’avait jamais songés des sortilèges impardonnables. Cela suffit à lui faire oublier quelques instants l’ineffable attirance qu’elle ressent pour son amant, trop occupée à réfléchir à tout cela. Son cerveau a repris le dessus. Imperceptiblement elle s’éloigne doucement de Severus, restant toutefois dans son étreinte, mais les forces semblent lui revenir, et l’étrange langueur qui était la sienne se dissipe un peu.

« Tu crois que ce type d’usage des Impardonnables a été testé ? Est utilisé à Sainte-Mangouste ? »


Elle n’avait jamais entendu parler de telles choses, mais il fallait aussi reconnaître qu’elle avait été précipitée six pieds sous terre avant de pouvoir officier en tant que médicomage. Peut-être était-ce le genre de choses qu’elle aurait pu apprendre sur le tas.

« Et autant je t’accorde volontiers le doloris et le sortilège de mort, autant je trouve cela… dangereux de toucher à l’esprit des gens, même pour effacer des troubles mentaux. »

Lily ressentait une sorte de défiance pour Severus, à présent, qu’elle savait versé dans ces arts-là, et sans doute bien plus compétent en la matière qu’une immense majorité de ses paires. Les sentiments de fascination et de crainte mêlées qui lui prenaient le coeur se battaient en duel : tantôt fascination, tantôt crainte dominait l’autre. La jeune femme songea qu’il devait avoir perçu son trouble, car il approcha son visage du sien pour une nouvelle proposition qui était fondamentalement la même que la précédente : sombrer avec lui dans l’occulte. Pourtant, les arguments firent, cette fois, tous mouche, et se lovèrent profondément dans la poitrine de la jeune femme. Elle avait beau avoir conscience de la forme de manipulation du discours à laquelle recourrait Severus, elle n’y était pas moins sensible. Léguer un héritage, avoir des disciples à défaut d’enfants. Elle se sentait trembler. Devant ses yeux passaient des souvenirs qu’elle chérissait, encore en ce jour, plus que tout. Le berceau dans lequel elle avait déposé Harry était l’un de ceux-là. La voix de Severus qui lui proposait de recevoir quelque chose de lui alors qu’elle songeait à son fils fit naître la vision fugace d’une nouvelle maternité. Vision qu’elle chassa bien rapidement. Ce n’était tout de même pas envisageable, tout allait trop vite.

Fascinée, elle le vit pencher son visage vers elle, et senti sa main qui courrait à l’arrière de son crâne. Leurs lèvres s’unirent sans que Lily ne puisse résister. Ses dernières résistances s’envolent, et toutes leurs discussions pourront bien attendre un peu plus tard dans la nuit. La jeune femme, prise par une inspiration soudaine, s’échappa de l’étreinte de son amant, pour le forcer à la suivre jusqu’au mur nu le plus proche, là, elle l’y plaqua et unit à nouveau ses lèvres aux siennes tandis que ses doigts crochetaient les trop nombreux boutons de l’habit de son ami. Les minutes filèrent comme des étoiles dans ciel d’ébène, et la jeune femme avait parfaitement perdu la notion du temps lorsqu’enfin elle s’écarta de lui. Tous deux étaient assis, adossés à ce pan de mur, à même le parquet. Les étoffes avaient tourbillonné autour de leur corps nus, et la jeune femme était blottie contre le torse blême de son ami. Elle avait sur son épaule un pan de sa robe de sorcière, et elle reprenait son souffle au diapason de celui de son ami. Sa longue chevelure rousse dénouée serpentait sur la peau claire de Severus. Elle lâcha entre deux soupirs rauques, accompagné d’un grand éclat de rire :

« Au moins, on sait que le parquet de ta boutique est convenablement ciré et ne fait pas d’échardes ! »

Elle caressait machinalement la nouvelle marque gravée sur l’avant-bras de Severus : si elle avait toujours évité soigneusement l’autre, elle était bien contrainte de remarquer que celle là était symboliquement plus prometteuse que l’ancienne. Elle laissait la pulpe de ses doigts courir le long du symbole de l’infini formé par les deux serpents, encore et encore, dans des courbes légères.

Ainsi assis en contrebas, ils voyaient tous deux la pièce d’un angle inédit : Lily ne pouvait s’empêcher d’imaginer les allées et venues des futurs clients à venir. Elle fut absorbée un instant par les paquets entreposés ça et là qui jetaient d’étranges ombres sur les murs de pierre sous l’éclairage tamisé des cristaux.

« Ça va être un endroit magnifique, Sev. »

Elle leva le visage vers lui, prit l’une de ses mains qu’elle posa sur sa propre joue. Elle se sentait suffisamment apaisée, suffisamment en confiance pour le laisser faire ce qu’il avait à faire pour récupérer ses souvenirs, et voir par lui-même ce qu’elle devait à Lord Voldemort.

« Je suis prête, mon amour. »
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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Mar 29 Mai - 23:00


Le souffle de l'Alchimiste

ft. Lily Evans



J’ai perdu le fil de la conversation au moment où j’ai senti le corps frêle de Lily s’extraire de mes bras. Il ne m’est resté qu’entre les doigts desserrés la caresse de sa longue chevelure de feu que je vois se détourner de moi. J’ai cru qu’elle m’échappait, qu’elle s’enfuyait. J’ai esquissé un geste pour la retenir puis l’ai vue faire volte face et me plaquer, avec une force étonnante contre le mur. C’est à ce moment là, je crois, que mon esprit s’est absenté pour ne laisser plus que l’instinct pur guider mon corps. J’éprouve plus violemment encore toute l’étendue de mon désir pour elle que la première fois. Peut-être avais-je, lorsqu’elle était affaiblie, chez moi, l’impression d’abuser de sa faiblesse. Cette fois, c’est différent. Je la sens forte, décidée, et plus envoûtante que jamais. Comment ne pas me laisser submerger par l’écrasante sensualité qui émane de tout son être. Je pourrais bien tenter de résister… cela ne me traverse même pas l’esprit. Je me laisse guider par ses caresses, ses baisers.

Je sens finalement ses muscles se relâcher tandis qu’elle se blottit dans mes bras. Nous sommes l’un et l’autre à même le sol. Nos ébats ont soulevé dans l’air une fine poussière de bois qui retombe désormais avec douceur sur le satin de sa peau. J’ai posé la joue sur le sommet de son crâne, et m’enivre de sentir la douce chaleur qui monte de son corps mêlée à l’odeur de fleurs de ses cheveux. La première fois que nous nous étions abandonnés l’un à l’autre, je n’ai pas cru à mon bonheur ni à la sensation de plénitude qui m’a saisi tout entier, âme et corps, après nos étreintes. Cette fois-ci, j’y crois. Non seulement j’y crois, mais je chéris plus précieusement encore que la précédente chaque seconde passé avec Lily. Le contact glacial de la pierre le long de ma colonne vertébrale au travers de la toile trop fine de la chemise claire que je porte traditionnellement près du corps sous mes austères vêtements d’ébène m’électrise, mais je n’ose pas bouger. Je ne veux briser ni le silence, presque contemplatif qui s’est abattu sur nous après le concerto de gémissements que nous n’avons pas pu retenir, ni ces instants fugaces de bonheur sans réserve.

C’est sa voix qui me tire de cette longue léthargie pleine de félicité. Sa voix et la mélodie de son rire. Je sens mon coeur se gonfler tandis qu’elle lâche d’une voix douce :

« Au moins, on sait que le parquet de ta boutique est convenablement ciré et ne fait pas d’échardes ! »

Bien malgré moi, je joins mon rire au sien. Je me suis rarement senti aussi complet, aussi entier, aussi léger. Une fois seulement à la vérité. Cette première fois entre nous. Si j’avais des doutes sur ma recette personnelle du bonheur, je crois qu’ils sont balayés par l’exemple. J’observe, fasciné, la valse de ses doigts sur mon bras. La légèreté de sa caresse me donne presque la sensation de sentir les serpents bouger sous ma peau, comme s’ils étaient en vie. Ma voix me paraît étonnamment soyeuse lorsque je taquine à mon tour Lily

« Je l’entretiendrai soigneusement, ce parquet… au cas où ! »

Je dépose un baiser sur le sommet de son crâne.

« Mais je pensais surtout installer un petit appartement au dessus et te laisser un double des clefs de sorte que tu puisses venir dès que tu en as envie, peu importe les raisons et les circonstances, tu y seras toujours chez toi.. »

Je suis, comme elle, absorbé par la contemplation de ce lieu qui prend enfin forme. J’ai l’impression que la mémoire de nos étreintes y ont apporté une nouvelle magie, une nouvelle vibrance. La lumière d’ambiance me paraît avoir changé, être plus éclatante. Comme si les cristaux avaient absorbé toute la puissance des récents événements. Je vois dans chaque pierre, chaque rayonnage, chaque ombre la silhouette de Lily, cambrée au dessus de moi. Je ne peux m’empêcher de la caresser du regard, effleurant des yeux cette épaule nue, et cette clavicule de laquelle naît une poitrine cachée sous les plis du vêtement. Vraiment, ces images me hanteront longtemps, et j’accepte une telle hantise avec un plaisir non dissimulé.

Elle s’est tournée vers moi. Je suis saisi par l’émeraude de ses yeux sur lesquels je me concentre pour ne pas laisser mon regard dévier vers le tissu que son mouvement a tiré vers le bas, dévoilant un peu plus sa nudité.

« Je suis prête, mon amour ».

Je sais exactement de quoi elle parle. Si cela est possible, je me sens plus heureux encore que je ne l’étais avant qu’elle prononce ces mots. Sans la lâcher, je tends un bras pour attraper ma veste, cette même veste dont les boutons ont été défaits par ses doigts fébriles. Je la passe au dessus de ses épaules pour qu’elle ne prenne pas froid, et plonge la main dans une poche pour récupérer ma baguette magique.

Je raffermis ma prise sur le corps de Lily, laisse ma main libre se perdre sur le creux de sa taille à la naissance de sa hanche. Je m’assure qu’elle ne prendra pas froid d’un coup d’oeil, puis commence.

« Détends-toi, ferme les yeux. N’écoute que ma voix, mon aimée. »

Je la sens en paix, calme, je sais que c’est ainsi que cela se passera le plus en douceur pour elle. Tandis que je l’invite à s’abandonner à moi, je me concentre, désormais tout à mon affaire.

« Je veux que tu te concentres sur le premier souvenir que tu veux me montrer. Uniquement le début, là où tout a commencé. Il me faut un point de départ, je déroulerai le reste par moi-même. »


Ma main quitte son corps pour venir maintenir son visage contre moi. Avec une grande douceur, j’effleure sa joue et sa gorge de mes doigts.

« Tu vois bien où tu es ? Comment tu te sens ? Ce que tu fais ? Accroche-toi à ce souvenir, ma douce. »

J’effleure son front de ma baguette et murmure.

« Legilimens ».

Aussitôt, l’esprit de Lily m’ouvre ses portes. Je m’y engouffre avec la plus grande prudence. Je sais combien est fragile l’âme des gens. Je m’accroche avec elle au souvenir qu’elle a en tête, et j’y vois tout. Les doloris qu’elle a subis, sa première rencontre avec une femme de haute stature et d’allure noble, Dementia Gotthelf, les heures passées à travailler dans son laboratoire, et puis cette fameuse confrontation qui la voit exilée dans un ailleurs blanc et terne. Je vois Lily faire les cent pas dans sa prison hors du temps et de l’espace. Je la vois, enfin, ramenée. Je vois à travers elle les souvenirs du Seigneur des Ténèbres, et perçois le profond trouble de mon aimée ensuite. Je vois la catatonie de l’homme qu’elle hait le plus au monde, et les mangemorts qui jaillissent en empoignant leur baguette. Je vois le Seigneur des Ténèbres s’interposer et entends les négociations concernant sa libération.

Je la vois toucher ce portoloin qui l’emmènera « là où son coeur est en sécurité », et je la vois enfin sur le pas de ma porte. La boucle est bouclée. Je pourrais m’aventurer ailleurs dans son âme, et voir toute sa vie dans les moindres détails, si je le voulais. Je la sais incapable de se défendre, pour le moment… mais je renonce et quitte avec délicatesse son esprit. Je me rends compte que je tremble un peu, et ce n’est pas de froid. Je pose ma baguette à côté de moi pour enlacer toute entière Lily.

« Comment te sens-tu, Lily ? »

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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Ven 1 Juin - 23:52


Le moins que l’on pouvait dire était toute l’étrangeté de la situation des deux amants. Lily se sentait à la fois profondément bien dans les bras de Severus tout en ayant une conscience aiguë de la transgression de l’ordre établi auquel elle se livrait. Elle avait toujours en tête les notions de bien et de mal, et se remémorait sans peine le jour de son mariage avec James. Ce qu’elle faisait était contraire à la morale, aux vœux qu’elle avait prononcés en se mariant… alors pourquoi cela lui plaisait-il autant d’entendre Severus se permettre une boutade ? Pourquoi son coeur faisait-il des bonds à s’en extraire de sa poitrine lorsqu’il lui proposait un double des clefs de l’endroit ? Elle laissa s’échapper quelques mots qu’elle ne put retenir.

« Chez nous, Sev’, chez nous. »

La jeune femme sentit une étrange chaleur lui gagner les joues tandis qu’elle lui répondait cela, mais il était trop tard pour effacer ce qu’elle venait de dire. Heureusement, quelques instants de contemplation virent leur permettre de se ressourcer et de dissiper le malaise qui s’était installé. Il y avait quelque chose d’extrêmement apaisant au fait de se laisser bercer par l’ambiance du lieu et la suave étreinte de Severus. Finalement, Lily lui indiqua être prête. Malgré elle, la sorcière avait la boule au ventre. Elle savait que Severus serait délicat, elle n’en doutait pas une seconde, mais laisser volontairement quelqu’un envahir son esprit était tout sauf anodin. L’intimité mentale était bien souvent le dernier rempart, le dernier bastion de l’être… S’en déposséder volontairement confinait au masochisme.

Lily se demanda, en voyant l’air impénétrable de Severus, si elle a fait le bon choix. Elle le vit tendre le bras, et tout le corps jusqu’à saisir sa lourde veste noire aux innombrables boutons, et prendre sa baguette magique dans l’une des poches. Mais contre toute attente, il ne reposa pas sa veste près de lui mais en para les épaules nues de la jeune femme. Le tissu était encore vaguement tiède du corps qui l’avait occupé autrefois, et embaumait cette odeur si caractéristique de vieux livres et d’ingrédients pour potions mêlées aux accents âcres des préparations qu’il avait coutume de faire.

La sorcière sentit un frisson la parcourir tandis que la paume de Severus s’abandonnait un peu plus que nécessaire sur sa taille. Elle-même s’était lovée profondément dans les bras de son ami, ses deux bras repliés contre sa poitrine. Elle aimait la profonde sensation de sécurité qu’elle éprouvait, ainsi blottie contre son amant. Cette sensation de sécurité était pourtant des plus illusoires. Lily ne pouvait s’empêcher d’avoir conscience de confier son esprit, son âme, et son coeur à un homme qui possédait de – trop – nombreuses connaissances et compétences en magie noire pour être totalement inoffensif. Il le lui avait répété lui-même, et Lily ne pouvait s’empêcher de se remémorer les propos de Voldemort à Severus : les traîtres avaient toujours tendance à prévenir de l’éventualité d’une traîtrise. Cela signifiait-il qu’il s’apprêtait à provoquer des dommages irréversibles dans son esprit ?

Lily obtempéra pourtant lorsqu’il lui demanda de fermer les yeux. Elle ne put s’empêcher d’éprouver un léger frisson le long de son échine lorsqu’elle entendit la voix suave de Severus l’appeler « mon aimée ». Elle n’aurait su en exprimer la raison, mais cette appellation lui plut terriblement. La sorcière se sentait désormais plus encline à se laisser guider par la voix de son amant. Elle n’eut aucun mal à retrouver le point de départ, celui où tout avait commencé, cette fameuse nuit, lors de sa rencontre avec Dementia Gothelff. C’est à peine si elle sentit la main de Severus remonter jusqu’à sa tête, son visage, sa nuque. Il la maintenait contre lui, comme s’il avait peur d’un mouvement de recul.

La formule résonna tout à la fois dans la pièce et dans l’esprit de la jeune femme. C’était une expérience très déplaisante : elle sentait, malgré les infimes précautions de Severus, une sorte de main se refermer sur sa conscience, et avait la sensation de n’être plus seule avec elle-même. C’était comme si la cacophonie du monde avait fait irruption dans son âme, lui extorquant le moindre de ses songes. Toutefois, la grande maîtrise de son amant lui permit de rester concentrée. l’effleurement mental s’intensifia, elle revivait à présent l’ensemble de sa deuxième expérience la plus traumatisante. Elle ne put s’empêcher de trembler au souvenir du viol de Voldemort : elle qui avait été émue la première fois se sentait désormais une disposition d’esprit plus ambiguë. La pitié, le mépris et la satisfaction d’une forme de justice se mêlaient toutes trois sans qu’elle ne put en démêler l’écheveau. L’écho lointain de la voix de Severus, une réminiscence de ce qu’il lui avait fait miroiter en terme de savoirs occultes et de puissance. Tout ceci résonnait bien étonnamment avec ces sentiments nouveaux.

Il fallut quelques instants à Lily pour reprendre pied : elle avait vécu à nouveau très intensément tous ses souvenirs les plus déplaisants, et se sentait à nouveau seule dans son esprit. C’était à la fois un soulagement et une déception. Accueillir une autre conscience en soi était très invasif, mais elle avait eu l’impression, pendant quelques instants, d’être plus proche encore, si cela était possible, de Severus. La jeune femme avait la sensation de perdre pied, et la voix de son amant qui s’enquerrait de son état lui paraissait lointaine.

Elle fit un lent geste et se redressa doucement, jusqu’à ce que son visage fût tout proche de celui de Severus.

« ça va, ne t’en fais pas. Tu as été très… délicat. »

Malgré elle, Lily ne pouvait s’empêcher de noter la grande maîtrise de lui-même dont faisait preuve Severus. A aucun moment, et ce, quelque fussent ses sentiments, il n’avait laissé exploser en elle sa propre émotion. Du début à la fin, il avait été plus qu’irréprochable, présence discrète qui semblait n’avoir touché à rien d’autre qu’aux souvenirs qui l’intéressait. Même lorsqu’il l’avait vue soumise au doloris, par exemple, il n’avait pas bronché, pas plus qu’il ne l’avait fait lors du viol de Voldemort. La sorcière était, à dire vrai, impressionnée par l’extraordinaire maîtrise de Severus. Cela accroissait encore, à ses yeux, l’aura de mystère et de danger qui entourait désormais le maître des potions, et à laquelle elle n’était pas insensible le moins du monde.

Là encore, elle prenait toute la mesure de ce qu’était devenu son ami. Il n’avait, finalement, plus grand-chose en commun avec l’adolescent qu’il avait été, même si certains traits demeuraient. Elle nota un léger tremblement du corps de Severus : il devait avoir été plus affecté que ce qu’il escomptait. Il fallait dire que les découvertes étaient particulièrement sensationnelles !

Ce fut Lily qui brisa à nouveau le silence.

« Et toi, mon amour ? Comment te sens-tu ? »


Elle laissa quelques secondes.

« Tu sais tout, désormais : cet… événement a l’air de l’avoir beaucoup chamboulé. J’ai peur que cette douleur ne contribue qu’à le rendre plus imprévisible encore... »

Le fond de l’air commençait à devenir froid et la jeune femme sentait, malgré elle, une certaine difficulté à garder les yeux ouverts. Elle réajusta la veste de Severus sur ses épaules et se blottit de plus belles dans les bras de son amant.

« Pas trop froid ? »
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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Mar 5 Juin - 14:41


Le souffle de l'Alchimiste

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Je la serre dans mes bras comme le précieux trésor qu’elle est. Mes mains s’aventurent sur ses courbes à travers le tissu de ma veste jeté par dessus son corps. Je suis penché sur elle avec une délicatesse non feinte, et je la chéris aussi précieusement que faire ce peut. Sa voix naît avec la douceur qui la caractérise.

« Ça va, ne t’en fais pas. Tu as été très… délicat ».

Je suis rassuré. L’exploration de l’esprit est une chose si subtile, si difficile… plus encore lorsque l’on pratique de telles exactions dans l’esprit de la femme que l’on aime. Je me sens désormais tremblant, mes paumes vibrent légèrement bien qu’elles se soient refermées sur le corps de Lily. Je suis tout plein de la souffrance, des rencontres, des images de l’esprit de mon aimée. J’y perçois les visage de cette Dementia Gothhelf qui me paraît bien familier, du Seigneur des Ténèbres. Mais plus encore, j’y perçois un fourmillement de confusion sur la fin de l’entrevue du Seigneur des Ténèbres et de Lily. Quelque chose a brouillé ces derniers moments dans l’esprit de Lily. Je sens qu’il y a là quelque chose à creuser, mais j’ai peur de le lui dire, et de faire jaillir de son âme des images qu’elle a voulu oublier.

Alors je la garde toute proche de moi. Son corps est au repos, et je voudrais la choyer encore et encore jusqu’à la fin des temps. J’entends sa voix s’élever à nouveau, monter de sa poitrine jusque dans sa gorge, et laisser s’écouler les mots. D’abord pour moi, ensuite pour le Seigneur des Ténèbres. L’entendre s’enquérir de la stabilité psychologique de son meurtrier est presque étonnant.


« Et toi, mon amour ? Comment te sens-tu ? Tu sais tout, désormais : cet… événement a l’air de l’avoir beaucoup chamboulé. J’ai peur que cette douleur ne contribue qu’à le rendre plus imprévisible encore... »

Je pose un baiser sur son front avec la douceur qui ne me caractérise que dans nos moments d’intimité. J’aimerais tellement la rassurer, la protéger de tout. Je sais cependant qu’une telle chose est impossible, et que tout ce que je puis faire est de l’aider et l’armer du mieux que je le puis. La perspective d’étudier les plus sombres secrets de la magie en compagnie de Lily ne m’a jamais parue aussi délectable.

« Je vais bien, mon aimée. Et ne t’inquiète pas pour le Seigneur des Ténèbres : je vais le garder à l’œil tant que je m’efforce de rassembler les ingrédients qu’il m’a demandés. D’ailleurs… »

Je laisse flotter ce dernier mot, et je me lance. Rien ne me ferait davantage plaisir qu’elle accepte, et je sens la flamme de l’espoir embraser mon cœur tandis que je m’efforce de juguler mes attentes.

« Peut-être voudrais-tu m’accompagner ? Partir à l’aventure avec moi ? »


Je tremble un peu en attendant sa réponse. Réponse qui ne vient pas de suite. Elle a sans doute senti les longs frissons qui parcourent mon dos et agitent mes muscles, puisqu’elle me demande « Pas trop froid ? ». C’est le moment où je songe qu’il nous faudrait peut-être nous rhabiller et mettre fin à cette délicieuse nuit. D’un coup de baguette magique, j’assèche et réchauffe l’air. Immédiatement, la douceur de l’air fait cesser les frissons qui me couraient sur le dos.


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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Jeu 7 Juin - 22:21


Lily se sentait à ce point en sécurité dans les bras de Severus que les mots de son amant lui parvenaient d’une bien lointaine façon, comme s’ils étaient tous deux enfoncés dans du coton. Il avait réchauffé l’air d’un coup de baguette magique, et elle sentait, désormais, une vague de torpeur l’envahir. Elle aurait sans doute pu s’endormir là, de suite, s’il ne lui avait posé une question qui la réveillait un peu.

Severus proposait à Lily de partir à l’aventure avec lui pour rassembler les composants d’une commande passée par Voldemort, son assassin. C’était… indescriptible. Aussi indescriptible que le profond sentiment qui la poussait à accepter. Elle avait ressenti de la pitié pour Voldemort, en même temps qu’elle l’avait haït. Elle avait compati à sa douleur en même temps qu’elle se délectait d’un « juste retour des choses ». Tiraillée, elle avait appris que le bien et le mal étaient finalement des notions très fluctuantes et subjectives.

Alors qu’est-ce qui pourrait bien l’empêcher de tout plaquer pour partir à l’aventure avec son amant ? Cette folle idée était des plus séduisantes et romantiques aux yeux de Lily. Elle se sentait appelée par une indicible forme d’exotisme. Elle sentait enfin qu’elle voulait vivre sa jeunesse folle. Jetée trop tôt dans les responsabilités, elle avait dû gérer sa sœur, tenter de concilier ses amis de Gryffondor avec Severus, gérer sa dispute avec Severus et supporter le fait qu’il ait préféré la magie noire aux sentiments naissants qu’elle avait pour lui, refaire sa vie, avoir un enfant, protéger cet enfant. Toute sa vie n’avait été qu’une suite de responsabilités qu’elle avait endossées bien volontiers, et qui avaient formé son chemin de « femme bien comme il fallait ».

Et pourtant, elle ne s’était jamais sentie aussi bien et vivante qu’entre les bras de Severus. Elle n’avait jamais désiré autant la compagnie de quelqu’un, ses caresses, ses baisers. Elle lui effleura le visage du bout des doigts.

« Pourquoi pas, ce peut-être amusant. Que te reste-t-il à aller chercher ? »

Ce disant, elle se redressa et s’extirpa avec douceur de l’étreinte de Severus pour le regarder tout entier. Le voir ainsi vêtu de blanc était étonnant. Elle avait été accoutumée à la noirceur de son habit.

« Maintenant que tu es chef d’entreprise, il va vraiment falloir qu’on fasse quelque chose pour ton look, mon amour ! »

Lily avait un regard pétillant de malice en disant cela à son amant. Elle sentait déjà venir la levée de boucliers, aussi lui rendit-elle son vêtement noir avec douceur, révélant pendant quelques instants son corps nu aux yeux de son amant, le temps de repasser sa robe de sorcière.

Lorsqu’elle fut tout à fait vêtue, elle se releva. Ses cheveux roux cascadaient en bataille sur sa robe de sorcière, il était évident que quelqu’un (elle ne visait personne) avait un peu trop égaré ses mains dedans. Elle les recoiffa comme elle put en passant les doigts dans ses longues mèches mêlées puis renonça devant l’ampleur de la rébellion. Une bonne potion Lissemplis fera l’affaire. Elle désigna enfin le vaste paquet caché derrière le comptoir que Severus avait sans doute laissé là à dessein pour le lui montrer.

« Qu’est-ce que c’est ? »


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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Dim 10 Juin - 22:05


Le souffle de l'Alchimiste

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Je pense que le monde pourra désormais s’effondrer sur Lily et moi. Que nous reste-t-il à vivre au bord de ce précipice maintenant que nous sommes là, tous deux, sûrs des sentiments que nous éprouvons. Je n’ai jamais été autant convaincu de mon amour pour Lily tout comme elle ne s’est jamais abandonnée avec une telle langueur à moi. J’aurais tué pour cela, et plutôt deux fois qu’une, lorsque j’étais un enfant. Le ferais-je encore aujourd’hui maintenant qu’elle a accepté le don de mon coeur ? Mille fois.

Je me sens tel un chevalier blanc médiéval se battant pour sa dame… c’est terriblement éculé, il est vrai. Pourtant je pourrais aller aux confins de l’univers pour elle. Et sans doute même au-delà. Les images de notre mariage, ces images fugaces que je n’ai pas partagées avec elle, me restent en tête comme une idée fixe. Je devine encore l’azur clair du ciel, et la blancheur éclatante de sa robe. Le parfum entêtant des lys me reste encore un peu dans les narines tandis que je laisse mes mains s’attarder encore sur sa peau nue, pâle et offerte à mes caresses. Je sens sa paume courir sur ma joue. Je suis l’homme le plus heureux du monde.

« Pourquoi pas, ce peut-être amusant. Que te reste-t-il à aller chercher ? »

Elle accepte de venir courir le monde avec moi… Je dois dire que je m’attendais à un refus. Mon coeur semble exploser, elle s’écarte avec une douceur enivrante de moi. Je l’entends reprendre la parole. Si tout autre qu’elle avait formulé cela, je lui aurais balancé un sortilège de mutisme, mais pas à elle, quand bien même sa proposition tient à ceci :

« Maintenant que tu es chef d’entreprise, il va vraiment falloir qu’on fasse quelque chose pour ton look, mon amour ! »

Elle me rend dans le même geste ma veste. J’ai un petit sourire en contemplant son corps nu avant qu’il ne disparaisse à nouveau sous les plis de son vêtement. Qu’elle compte sur moi pour ne jamais oublier le moindre centimètre de sa peau, la moindre courbe de sa nudité.

« Je trouve que tu es mauvaise langue, mon aimée, mon aspect ‘corbeau’ a eu son petit succès des années durant à Poudlard. J’ai terrorisé beaucoup d’élèves comme ça. Ne puis-je aussi terroriser mes clients pareillement ? »

J’ai un éclat de rire qui danse dans le regard, mais ma voix a été, semble-t-il, mortellement sérieuse. En vérité, je me sens hilare. Je sais qu’elle a raison, et j’aspire moi-même à ce changement sans savoir par où commencer.

« Toutefois, sois assurée de ma confiance en tes conseils en matière d’esthétisme : je suis très curieux de voir ce que tu pourrais avoir à me proposer ! »

Je me suis relevé, frottant la poussière qui est retombée sur ma peau et s’est collée dans mes cheveux. Je dépose ma veste sur le comptoir et suit du regard le doigt de Lily qui pointe vers le fameux tableau que j’avais presque oublié. Je lui réponds tout en reboutonnant ma chemise et en éludant sa question quant aux courses pour Tom avec un clin d'oeil.

« Ça, mon aimée, c’est ce qui justifie le nom de l’établissement. Vois-tu, j’aimerais faire quelque chose d’esthétique derrière le comptoir, j’ai donc commandé ce tableau précis et ai aussi amené dans la caisse que tu vois à ta droite, une liasse de photographies. Prend là, j’ai besoin de ton aide pour les choisir ! »


Je la laisse faire tout en déballant le tableau qui se met aussitôt à parler.

« Eh bien, petits fripons, vous pensiez que je ne vous avais pas entendus vous bécoter ? Laissez-moi vous regarder un peu ! Je m'étais déjà fait un petit film dans ma tête, je veux savoir si vous correspondez à ce que j'ai imaginé ! »

Je sors tout à fait le tableau et tient un Nicolas Flamel criant de vérité devant moi.

« Elle est jolie, dis donc, votre partenaire ! » Fait-il en regardant Lily, un sourire de connaisseur sur les lèvres.

« Monsieur Flamel, c’est gênant, je ne vous le cache pas.

- C’est bon, humour, si vous aviez mon âge, vous vous décoinceriez un peu, vous aussi, mon petit ! »

Je me demande soudainement si ce portrait est l'idée la plus lumineuse que j'ai eue pour la boutique.


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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Jeu 14 Juin - 10:37
Lily se sentait flotter sur son petit nuage. Elle baignait encore dans un océan d’euphorie et de langueur qui rendait ses mouvements lents et pleins d’une certaine grâce. La voix de son amant qui l’assurait du succès rencontré à Poudlard dans son costume de terreur des cachots l’amusa, la poussant à l’espièglerie. Elle s’apprêtait à répondre lorsqu’il la pris de court en l’assurant de sa totale confiance en ses conseils esthétiques. Ainsi donc, elle ne se heurtait pas à un refus. La jeune femme, malicieuse, en prit bonne note : toujours proposer des changements radicaux à Severus après une bonne nuit d’ébats, même sur le sol de sa boutique… Un lit serait toutefois plus confortable, la prochaine fois. Ainsi pourrait-elle s’abandonner au sommeil dans les bras de son amant. Elle fit taire la petite voix intérieure qui lui rappelait son mariage à James en répondant aux objections de l’heureux possesseur de la boutique dans laquelle ils se trouvaient tous deux.

« Allors, mon amour, un peu de décorum : si tu effraies tes clients, qui viendra, hm ? Non, il te faut quelque chose de classe, de sobre… et de coloré ? »

Elle avait prononcé sa dernière proposition avec un sourire taquin.

« Et puis il faut faire quelque chose pour tes cheveux aussi. On pourrait commencer par les raccourcir un peu, histoire que tout le monde puisse se rendre compte que le terrible Severus Rogue a en fait plus de charme que ce que l’on veut bien croire ! »

Lily savait parfaitement qu’à proprement parler, Severus Rogue n’était pas beau. Le masque austère de son visage fait de cire blême et d’une tignasse noire, longue et sans volume n’était pas franchement propice à lui attirer des regards admirateurs. Pourtant, derrière ce masque, il y avait un visage aux proportions assez harmonieuses, aux traits marqués et aux yeux vifs qui n’étaient jamais aussi beaux que lorsqu’ils s’allumaient de passion ou de douceur. La jeune femme se surprit à sourire aux anges en laissant ses yeux s’égarer sur la peau claire de Severus qu’il masquait désormais d’une chemise immaculée… Et dire qu’il s’entêtait à porter du noir !

Mais le voilà qui revenait avec cet énigmatique paquet. Il fit craquer de ses longs doigts le papier kraft qui enveloppait le portrait qu’il leva à son niveau. Lily put y voire un visage buriné par les ans et sillonnés de rides. Deux yeux vifs parcouraient la pièce tandis que le tableau s’animait avec espièglerie. Suivant mentalement les indices laissés par Severus quant au nom de son établissement, elle supposa qu’il s’agissait là de Nicolas Flamel, le célèbre alchimiste. Un alchimiste qui n’avait manifestement rien perdu de leurs ébats. La sorcière se sentit rosir jusqu’à la pointe des cheveux tandis qu’elle récupérait la liasse de photographies désignée par son amant pour faire bonne mesure et retrouver un semblant de contenance.

Elle perçut Severus s’offusquer du commentaire sur ma personne d’un glacial « Monsieur Flamel, c’est gênant, je ne vous le cache pas » qui promettait nombre d’affrontements verbaux entre ces deux-là.

« Enchantée, Monsieur Flamel » fit-elle néanmoins avant de se tourner vers son amant en commençant à étaler les photographies sur le comptoir. Il y avait, pêle-mêle des photos de leur jeunesse comme des photos de la vie adulte de son amant qu’elle ne lui avait pas connu. Si, dans ses photos d’adolescence, certaines paraissaient un peu plus personnelles – généralement celles où Lily était dessus – il n’en était plus rien pour les photographies de sa vie adulte : seules les photos « officielles » de classe, du personnel de Poudlard et des élèves de sa maison défilaient sous ses yeux. Elle constatait ce qu’elle avait redouté : Severus s’était plongé dans le travail corps et âme pour chérir précieusement la souffrance qu’avait laissé l’assassinat de son amour.

« Eh bien ? Les années passent, et tu ne changes pas d’un iota sur ces photos ! Cela rend d’autant plus urgent une opération de relooking, Severus ! Ta garde-robe n’en sortira pas indemne, je te préviens ! »

Elle ne menaçait pas en l’air, mais sa voix était emplie d’une tendresse et d’une émotion qu’elle ne parvenait à contenir que bien difficilement. Du bout des doigts, elle avait commencé à sélectionner quelques photographies qui lui plaisaient particulièrement.
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MessageSujet: Re: Le souffle de l'Alchimiste [pv. Lily Evans] Lun 25 Juin - 10:47


Le souffle de l'Alchimiste

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La nuit tire à sa fin, et j’ai pourtant envie de la faire durer encore et encore. Je sens confusément naître notre séparation pour cette nuit. Un moment trop bref et trop long à la fois pour le couple adultère que nous sommes. Je demeure silencieux, la voix de Lily m’enveloppe comme un banc de brume me faisait disparaître quelques instants aux yeux du monde. Je vois sa silhouette gracile dans sa robe de sorcière, sa longue chevelure d’or rouge cascadant sur son épaule, et la vive lumière de ses yeux. Je ne peux cesser de caresser des yeux ce corps chaud et souple que j’ai pu tenir tout contre moi. Je sens encore en elle les failles que j’ai décelées dans ses souvenirs, et je pressens qu’elle en a recomposé consciemment ou inconsciemment quelques uns. Je ne parviens toutefois pas à aborder ce sujet qui me tracasse avec elle, pas plus que je n’arrive à décrocher mon œil de sa nuque ployant sous la lourde étoffe de ses cheveux.

Si j’avais la sensation d’évoluer dans un rêve la première fois que je me suis éveillé à ses côtés, il y a désormais quelque chose d’autre, une impression tenace bien différente. Les choses sont tangibles, réelles. Mon trouble n’échappera sans doute ni à Lily, ni à Nicolas Flamel qui jette sur moi un regard indéchiffrable. Je ne parviens pas à reprendre la main sur ce qui se passe autour de moi, et vois désormais d’un œil pénétrant Lily étaler des photos sur le comptoir en en pointant certaines. Les années passent, et je n’ai effectivement pas changé ou si peu. Je suis resté piégé dans son souvenir, insensible aux flux et reflux du temps.

Mon horloge personnelle s’est remise en route. J’en sens le cliquetis jusque dans mes tripes, jusque dans les tréfonds de mon âme. D’un coup de baguette magique, je place Nicolas Flamel en hauteur, et l’accroche au mur. Nous échangeons un long regard, puis je me tourne à nouveau vers Lily et me penche vers elle pour poser un baiser sur son front.

« Je t’aime, Lily. »

Un simple souffle, une simple parole grisante pour nous emporter jusqu’aux premiers feux de l’aurore.

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