Une heure de colle (pv. Severus Rogue)
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 :: Hors Jeu :: Poudlard
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MessageSujet: Une heure de colle (pv. Severus Rogue) Mar 15 Mai - 11:31
Vendredi, 19h, retenue avec l’odieux Severus Rogue, tout ça parce que j’ai mal lu mon emploi du temps. Vous y croyez vous ? Moi j’y crois pas… Et en même temps, j’suis là devant son putain de bureau, et même avec un quart d’heure d’avance… Foutu prof ! J’aurais pu prendre une soirée peinard à rédiger un article pour le club de journalisme, faire quelques devoirs, étudier des sortilèges, transformer des trucs en autres trucs… Vous savez que l’on peut apprendre plein de trucs cools dans la chimie moldue ? Ils font des « réactions chimiques » qui leur permettent de transformer la matière composée « d’atomes » en d’autres choses. Si ça se trouve, on pourrait mêler magie et technologie pour faire des trucs encore plus badass… Genre avec la magie, agir directement au niveau des particules, et boum, on repousse les limites du monde physique !

On me dit dans l’oreillette que ça s’appelle l’Alchimie. Ouais, ben merde, voilà. Ça c’est un domaine autrement plus fascinant qu’une heure de colle avec Severus Rogue. Enfin, je dis une heure… mais il est bien capable de me bousiller toute ma soirée en me faisant classer des petits pois par diamètre, hein ?

Et pourtant, je suis à l’avance. Je sais pas ce qui m’a pris. Clairement, c’est pas une attirance physique pour le gars, pas mon genre. Quitte à draguer un prof de Poudlard, je préfèrerais offrir des fleurs à Lily Evans Potter la prof de métamorphose (qui est brillante, en plus), des chocolats à Alys Irvine la prof de Divination, un balais neuf à Elizabeth O’Tayth, voire des bouquins à Regulus Black le nouveau bibliothécaire. Plus esthétiques, ces quatre là, que Severus Rogue.

Et je suis quand même à l’avance. Mais je suis franchement con, des fois. Mais je me voile la face si je prétends ne pas savoir pourquoi. J’ai lu suffisamment d’historiens de la magie, et même le bouquin de Rita Skeeter sur ce gars pour en avoir conscience. Il m’intrigue. C’est pas son allégeance qui m’intrigue, je m’en fous de savoir dans quel camp il est, au final. Non, ce qui m’attire comme un papillon autour d’une flamme, c’est cette note grave qui l’environne parfois, et qui vient bourdonner à mon oreille. J’ai essayé de la catégoriser, de l’identifier. Elle est mêlée de plusieurs timbres, de plusieurs courants de magie. La plupart des étudiants sont trop faibles pour faire une interférence avec sa note, mais d’autres sorciers le peuvent… Cette colle est donc l’occasion rêvée pour tenter de percevoir la musique de sa magie. En plus, son bureau est un lieu qui lui appartient, qui est imprégné de son pouvoir… Parfait, ça fera une belle symphonie.

J’ai toujours été convaincu qu’on pouvait connaître les gens à leur mélodie. J’ai pas encore pu le prouver parce que je n’ai jamais rencontré de sorcier maléfique puissant, mais à coup sur, la note de Voldemort doit être désagréable à entendre… et sans doute écrasante. C’est en pensant à ça que je prends mon courage à deux mains pour frapper à la porte du bureau du professeur et y entrer lorsqu’il m’y invite.

« Bonsoir, Professeur. Je suis un peu à l’avance, désolé. »
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MessageSujet: Re: Une heure de colle (pv. Severus Rogue) Mar 15 Mai - 14:35


Une heure de colle

ft. Asao Watnabe
J’ai l’impression de voir défiler beaucoup d’étudiants dans mon bureau ces derniers jours : il y eut Joe Miller hier, il y a Asao Watnabe ce soir. Décidément, c’est le défilé des adolescents en pleine crise… même si Monsieur Watnabe est un peu plus âgé que Joe Miller, il n’en a pas moins des cheveux roses, et un comportement détestable d’ado rebelle qui n’a pas fini sa poussée d’hormones. Par certains égards, il me fait beaucoup penser à Sirius Black et James Potter. Eux aussi étaient de petits imbéciles dans leurs jeunes années.

Je n’ai pas d’espoir particulier de faire rentrer ce jeune homme dans le droit chemin, il est sans doute un peu tard pour cela. Et y a-t-il vraiment un droit chemin ? J’allume les lampes de mon bureau d’un coup de baguette magique bien placée. Aussitôt, une douce lueur émane du quartz posé sur mon plan de travail et couvert d’une cloche de cristal. Retrouver Lily m’a fait prendre goût à une certaine dose de raffinement dans mes sortilèges. Celui-là est simple, mais avant de la revoir, je n’aurais jamais songé à l’utiliser, et moins encore à mettre en place ce type de dispositif. Toute la pièce a été installée en pensant à elle, alors qu’elle demeurait encore en captivité. Moi qui était jadis dans les cachots, comme pour m’exclure moi-même du château de Poudlard… je vivais dans les profondeurs, là où nulle fenêtre ne venait baigner de lumière mon bureau, et où seules des lampes aux flammes verdâtres jetaient d’inquiétantes lueurs sur les murs…

Comme tout ceci a changé… J’ai devant moi un plan dessiné à la plume. J’ai reçu ce matin du vendeur, le plan exact de ma nouvelle acquisition : la Pierre Philosophale. Oh, je parle bien entendu de mon échoppe et non pas d’une réelle pierre. J’aménage en pensé les espaces, mais je songe qu’il me faudra sans doute un avis extérieur. Celui de Lily pourrait être précieux, par exemple. Mon acquisition n’est pas tout à fait anodine : quelle meilleure couverture pour mes explorations alchimistes et mes petites courses pour le Seigneur des Ténèbres que celle-ci ? Tout en réfléchissant à cela, je perçois un mouvement derrière là porte. Je me concentre un peu et devine plus que ne reconnais la présence de quelqu’un qui s’apprête à frapper. En hâte, je fais disparaître de mon bureau les plans de mon échoppe et les listes de matériel que j’ai décidé d’y consacrer.

Juste à temps. J’entends un coup sourd sur le bois de la porte. Je me lève promptement. Mon pas claque sur le sol lorsque j’arrive à la porte et que je l’ouvre vivement d’un geste brusque. Asao Watnabe est là, et il est en avance. Malgré moi, je porte cela à son crédit. Je le fais entrer d’un geste de la tête, et lui indique la chaise en face du bureau au moment où il prend la parole.

« Bonsoir, Professeur. Je suis un peu à l’avance, désolé. »

Je demeure silencieux en refermant derrière lui la porte, le laisse s’asseoir, et retourne derrière mon bureau. J’ai envie de faire un exemple avec ce petit impertinent, histoire d’avoir la paix en cours. Je demeure debout, prends appui sur le bureau et me penche en avant en le fixant intensément. Le but est de le mettre mal à l’aise. Je cille très peu et l’observe avec grande attention. Ses traits asiatiques sont rehaussés d’une touffe de cheveux noirs et roses que je n’ai qu’une envie : faire disparaître. Mais il paraît qu’il faut laisser les jeunes exprimer leur créativité.

« J’ai dû vous accepter en cours de potions alors que vous n’avez clairement pas le niveau… Vous arborez une coiffure pour le moins surprenante… Vous êtes en retard en classe… vous vous présentez à un cours qui n’est pas le vôtre et vous y brillez par votre impertinence… mais vous êtes à l’avance pour votre retenue. Auriez-vous soudainement décidé… de faire bonne impression pour rattraper l’image de petit imbécile arrogant que j’ai de vous ? »

Ma voix est doucereuse et glaciale dans le même temps. Ma question sonne sèchement dans l’air. Je ne lui laisse le loisir ni de répondre, ni de se défendre.

« Vous êtes ici, ce soir, pour apprendre la rigueur et la précision, monsieur Watnabe, deux qualités d'un bon sorcier dont vous êtes pour le moment totalement dépourvu. Réjouissez-vous, je punis utilement. »

Je laisse planer un instant le doute sur ce qui l’attend, puis ouvre un de mes tiroirs pour en sortir un coffret que je pose sur le bureau. Il y à, à l’intérieur, plusieurs montres à gousset moldues en pièces détachées. Tous les rouages d’horlogerie se mêlent les uns aux autres. Je les ai démontées moi-même. Je pose par dessus le bois vernis et patiné de la boite une loupe et plusieurs pinces de précision.

« Vous allez réassembler ces montres, monsieur Watnabe... »

J’affiche un sourire mauvais.

« A la main. »

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MessageSujet: Re: Une heure de colle (pv. Severus Rogue) Mer 16 Mai - 23:19
A peine entré dans le bureau, j’mets tous mes sens en alerte : je suis prêt à capter n’importe quoi. Je me concentre, même, pour essayer de saisir une note ténue dans le grand bruit magique qui vrombit dans le château. Mais Rogue parle, parle, parle. J’entends sa voix plus que les échos magiques. Je fais profil bas, les yeux vers le parquet. J’espère qu’il interprétera ça comme de la soumission au pouvoir en place (lui, bien sur), et qu’il ne devinera pas que j’essaie de ne pas rire. Ma coiffure surprenante, mon impertinence, faire bonne impression. J’y peux rien, c’est fendard.

Mais je sais que si je lève la tête, son regard de glace noirâtre me coupera immédiatement le sifflet et toute envie de rire. Ça brisera aussi ma concentration… bon allez, t’façon, mes radars sont à zéro, autant reprendre contenance. Je lève la tête vers lui lorsqu’il m’indique vouloir m’apprendre la rigueur et la précision. J’ai beaucoup de rigueur et de précision pour ce que j’aime : les enchantements et la musique. Par contre, il est vrai que je suis plutôt distrait pour tout le reste. Ce reste là rassemble des trucs inutiles.

Comme lire son emploi du temps.

Oh, ça va, hein ? Me jugez pas, ça arrive à tout le monde (mais surtout à moi). Et ça valait franchement pas le coup de me filer une retenue pour ça. Je vois cependant dans les petits yeux sévères du professeur que sa punition va être à la hauteur de sa réputation : grandiose. Et ça manque pas : il pose devant moi une boite et du matériel d’horlogerie. Est-ce que j’ai la gueule d’un Suisse, sérieux ? Je regarde l’intérieur, désespéré de voir tous ces mécanismes dont je n’ai pas la moindre

Tandis qu’il jubile de sa super idée pour me pourrir la soirée, j’ai envie de hurler que s’il en a d’autre, des idées stupides comme celle-là, il peut se la fourrer là où le soleil ne brille jamais. Bizarrement, je sens bien que c’est pas une bonne vérité à verbaliser, alors je me tais mais je suppose que je ne dois pas respirer la joie de vivre. Je prends prudemment la loupe et les pinces, et commence à me mettre au boulot accompagné d’un « Bien, Professeur », des moins convaincants. Il veut quand même pas que j’y aille avec le sourire en plus, non ?

Je commence par étaler les pièces devant moi pour les classer par taille et design. Les mécanismes de cinq montres à gousset se battent en duel. Toutes les pièces sont présentes en multiple de cinq, ce qui voudrait dire que toutes les montres sont construites de la même façon. Je commence à essayer de voir quelle pièce peut aller à quel endroit sur un des mécanismes. C’est un travail étrangement hypnotique et prenant. C’est comme un putain de puzzle 3D en métal avec des dents et l’éclat fauve de la rouille. Je ne sais pas pourquoi il me fait faire ça, mais l’entreprise a quelque chose d’étrangement addictif.

Mes pensées parasites se font la malle pendant que je triture toutes ces petites pièces de métal. Peu à peu, je ne pense plus qu’à ces rouages à mettre en place, à ôter, à positionner différemment. Il me faut du temps (je sais pas trop combien au juste) pour ne serait-ce que trouver où positionner le premier balancier. Hey, je suis pas horloger, moi ! La main qui tient la loupe se crispe sur le manche, celle qui tient la pince tremble. C’est en posant la fine tige de métal en équilibre fragile que je prends enfin conscience d’une vibration. Quelque chose qui m’accompagne dans chacun de mes gestes depuis quelques temps. Cette note de puissance, qui résonne et se diffracte dans la pièce. Le pouvoir du professeur Rogue. Sa punition à la con a au moins ça d’efficace qu’elle m’a permis de me concentrer suffisamment pour écouter ce que j’étais venu entendre. Malgré moi, je relève la tête pour voir ce que fait le professeur, et regarder un peu autour de moi. C’est vachement lumineux comme endroit, je m’attendais à un truc sombre et noir, aussi noir que les fringues du professeur. Et le cristal en guise de lampe… je peux pas m’empêcher de penser que c’est de la belle magie, plus belle que ce que j’attendais de ce gus.
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MessageSujet: Re: Une heure de colle (pv. Severus Rogue) Ven 18 Mai - 9:45


Une heure de colle

ft. Asao Watnabe
Contrairement à ce que je redoutais, le jeune monsieur Watnabe ne se fait pas prier pour commencer son travail. Cela me convient fort bien. J’ai eu peur, à un moment, de devoir sévir plus encore, lorsque je l’ai vu étouffer une sorte d’hilarité à son arrivée. Je suis passé outre, le voyant se calmer de lui-même, et j’ai mis son impertinence sur le compte d’une certaine forme d’anxiété. Je me ramollis sans doute un peu avec l’âge. Je demeure toutefois suffisamment impressionnant pour m’entendre répondre, malgré l’évidente mauvaise volonté de l’élève, un « Bien, Professeur ». Bon, c’est au moins cela de pris…

Je surveille du coin de l’œil son travail : il a commencé par trier les pièces et tente désormais, très concentré, de les positionner les unes par rapport aux autres. Je suis contraint de reconnaître que même s’il ferait un bien piètre horloger, le spectacle ne manque pas d’intérêt. Mon esprit caresse ses pensées, je le sens concentré et absorbé par ce qu’il fait. Ses piètres compétences en potions – car oui, un effort exceptionnel est un piètre résultat aux BUSEs – ne sont donc pas l’effet d’un manque de concentration… Peut-être un manque d’intérêt ? Mais dans ce cas, pourquoi aurait-il insisté jusqu’à demander à la Directrice d’intercéder en sa faveur le poursuite de mes enseignements ? Ses gestes ne manquent pas totalement de précision, même s’il tremble un peu : la loupe et la pince doivent être des outils qu’il manie trop peu souvent, plus accoutumé aux instruments de musique, je suppose. Je le sais membre de la chorale de l’école et très bon musicien si j’en crois le professeur Flitwick qui ne tarit pas d’éloges à son sujet.

Je me rends compte que j’éprouve une certaine curiosité pour cet élève hors du commun. On m’a dit beaucoup de choses à son sujet : bon musicien, bon magicien, a du sang de créature magique dans les veines ce qui justifie sa formation par le professeur Flitwick, sorti de sa retraite pour lui. S’ils vont jusqu’à ramener des illustres collègues pour lui, je suppose que je peux bien accorder à Asao Watnabe le bénéfice du doute. D’autant plus qu’il fait preuve, pour le moment et en dépit de son excentricité capillaire, d’un comportement exemplaire. Il fut un temps où, aveuglé par la hargne, je ne l’aurais sans doute pas admis…

Je perçois un changement infime de son état d’esprit, quelque chose a attiré son attention. Je n’ai, pour ma part, senti aucun changement dans l’air ambiant, aussi suis-je curieux de voir ce qui aura pu perturber sa concentration. Il semble avoir une affinité particulière avec la magie et les enchantements : je le sais étudiant en sortilèges et métamorphose où, paraît-il, il se montre exceptionnel, il est même en lice pour le prix Bamabus Finkley récompensant les plus exceptionnels étudiants en sortilèges. Je le sais, encore, doué en runes, et prometteur en alchimie, brillant musicien… Il ne m’en faut pas plus pour penser que, comme nombre de métisses avant lui, il perçoit la magie des choses et des gens d’une façon différente dont nous la percevons. C’est intéressant et curieux à la fois. J’ai toujours négligé cet aspect des choses, ne me suis jamais, ou si rarement, questionné sur les autres êtres magiques, trop occupé que j’étais à ma quête futile de puissance et de reconnaissance.

Il lève enfin la tête : je peux capter l’iris sombre de ses yeux, et le voit regarder un peu autour de lui, comme hébété. Son regard s’attarde un peu plus que nécessaire sur le cristal qui diffuse une douce lueur dans la pièce. Je peux percevoir une sorte d’étonnement mêlé de reconnaissance dans son regard. Comme s’il m’avait cru incapable de pareil enchantement.

Je l’aurais été, il y a longtemps. Non par manque d’aptitudes magiques, mais par manque d’âme et d’inspiration.

« Oui, monsieur Watnabe ? Une question sur votre punition, peut-être ? »

J’ai repris mon sourire mauvais de façade par habitude, mais le coeur n’y est pas. Je me rends compte que discuter magie avec ce singulier étudiant ne me déplairait pas. Tu te ramollis vraiment, mon pauvre vieux Severus.

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MessageSujet: Re: Une heure de colle (pv. Severus Rogue) Sam 19 Mai - 9:41
Quand j’ai vu ce qui m’attendait en retenue, j’ai tout de suite pensé que Rogue était un sadique dont le seul but est d’humilier ses élèves les plus récalcitrants. J’y peux rien, ça me semblait une bonne analyse, sur le coup, et puis sa tronche incite vraiment pas à lui accorder le bénéfice du doute là-dessus. J’ai accepté en serrant les dents cette punition étonnante et inutile en espérant « capter » quelque chose : la mélodie de sa magie qui m’intrigue et m’attire, Dieu seul sait pourquoi (enfin, non, en vrai, je sais très bien pourquoi ça me fait cet effet. Merci grand-mère pour le sang nagin). Je me suis mis au travail, j’ai lâché prise, et la musique est venue à moi alors qu’elle me fuyait quand je la cherchais. Ça arrive souvent, j’suis blasé. Une note, une seule, continue. Je crois que je ne capte que la surface. Je n’ai pas encore saisi l’essence du gars en face de moi. Je le sais, parce que personne n’est une note unique. Je n’ai que le bourdon, la basse, la ligne de force sur laquelle doivent venir se greffer les accords les plus enchanteurs.

Mais rien que cette basse me fascine. Une vibration lourde de magie, lourde de sens. Il est puissant. Je ne sentirais pas sa force sans cela. Il me fait penser un peu à Minerva McGonagall. Elle aussi vibre d’une aura musicale perceptible. La magie de la plupart des élèves, moi y compris, est une faible note qui se perd dans la cacophonie de Poudlard. Mais certains membres du personnel arrivent à se faire entendre au milieu de toute cette magie. Lui, il y arrive en surface. Il arrive à imposer la sévérité de sa basse. C’est un début… un début pour moi.

Machi, mon amie nagin, me l’a toujours dit : « on est attiré par la magie et par les lieux de pouvoir comme un putain de papillon par la flamme jusqu’à s’en cramer l’âme. C’est moins fort chez toi, t’es qu’un métisse après tout ». Le rire de Machi résonne un moment dans ma tête. Et moi je n’ai cessé de regarder ce cristal laiteux sur le bureau du prof.

La voix de Rogue me fait revenir. Je le vois, avec son sourire méchant. C’est jamais super rassurant quand il vous regarde comme ça : c’est un peu comme si on avait soudainement la même durée de vie qu’une bouteille de whisky pur feu dans une réunion des alcooliques anonymes… J’pourrais la jouer prudente, en retournant à mes rouages et à ma mécanique. J’pourrais jouer profil bas en faisant genre de bégayer pour lui montrer que j’ai peur. J’pourrais, ouais… Et c’est pas ce que je fais. En fait, c’est tout l’inverse, j’le sens bien. Je me suis redressé, je le regarde dans les yeux. Déjà, c’est un défi, bim, pas bien Asao.

« C’est pas sur la punition, m’sieur, mais... »

Je sais pas trop comment aborder le truc, alors j’me lance à l’eau, comme ça, direct. Et tant pis si la pente est savonneuse.

« C’est de la belle magie, votre lampe. »

Et j’me prends le mur. « C’est d’la belle magie, votre lampe. » Sérieux ? J’avais rien de mieux à sortir ? Bon, okay, c’est sincère, mais il va croire que tu le dragues, là, le vieux Rogue. Rattrape-toi, mon p’tit gars, sinon ça va pas le faire !

« J’veux dire… ça ressemble pas tellement à ce qu’on dit de vous, ce type d’enchantement. »

Ok, arrête là : t’es cuit. T’as signé pour cinq ans de retenue, au moins.
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MessageSujet: Re: Une heure de colle (pv. Severus Rogue) Lun 21 Mai - 16:53


Une heure de colle

ft. Asao Watnabe
Je perçois le bouillonnement des pensées de Monsieur Watnabe. Je n’essaie pas spécialement de lire son esprit, je reste en surface pour capter le spectre de ses émotions. C’est déjà, en soi, une expérience intéressante. Je crois l’avoir vu passer par tous les états : de la plus pure et cristalline concentration, à la plus large explosion de sensations. Je devine une voix et un éclat de rire féminin. Je pourrais extraire ces souvenirs de sa tête, mais je n’en ai cure. Les enchantements de mon bureau ont manifestement retenu son attention, et je suis curieux d’en connaître la raison.

Je le vois relever la tête vers moi, se redresser tout à fait sur sa chaise. Il a cette posture insolente du rockeur sûr de lui. Cette attitude désinvolte que je hais tant chez James Potter et Sirius Black. Toutefois, quelque chose de différent résonne en lui. Je n’ai pas l’impression de le sentir agressif ni condescendant. Peut-être suis-je moins sur la défensive que par le passé, mais je me sens presque des élans de bienveillance pour ce petit gars aux cheveux roses… ce qui n’était pas gagné aux vues de la façon dont a commencé notre relation de mésentente cordiale.

Il ouvre la bouche de cette voix claire et posée qui mâche ses mots en une ligne mélodieuse d’apostrophes. On sent le chanteur derrière l’adolescent.

« C’est pas sur la punition, m’sieur, mais... »

Un « mais » n’est jamais bon signe. Je fronce les sourcils, intrigué par ce qu’il pourrait bien avoir à me dire. Je redoute confusément quelque chose qui me déplaira sans savoir précisément quoi.

« C’est de la belle magie, votre lampe. »

Je demeure de glace, même si, intérieurement, j’ai envie de hurler. Ah non, pas un deuxième Joe Miller, merci bien ! Je perçois la gêne de Monsieur Watnabe, et sans ciller, j’entre un peu plus profondément dans sa tête. Je perçois sa confusion, sa peur à mon propos. Je pourrais croire qu’il me drague. Me fait-il des avances ? Ce serait bien la dernière chose que j’attendrais de cet énergumène aux cheveux roses.

Il reprend la parole, plus mal à l’aise, encore, si cela était possible.

«  J’veux dire… ça ressemble pas tellement à ce qu’on dit de vous, ce type d’enchantement. »


De mieux en mieux. Que sait-il de moi ? Encore un Joe Miller en puissance ? Je vais finir par en brûler vif un ou deux pour faire un exemple ! Il semble avoir fini, je prends donc la parole d’une voix doucereuse qui dissimule bien mal mon agacement teinté de fureur.

« Venez-en au fait, Monsieur Watnabe. Qu’avez-vous vraiment à dire ? »

Je poursuis sèchement en approchant le visage du sien. Le bureau nous garde encore à bonne distance l’un de l’autre, mais si je dois me lever, je vais m’assurer de lui faire passer l’envie de ce type de conversation.

« Et ce qu’on dit de moi a peu d’importance, jeune homme. Parlons plutôt de vous : il paraît que votre impertinence n’a d’égale que vos talents de musiciens hérités de quelque créature magique dans votre lignage. En quoi un métisse serait-il apte à juger de mes enchantements ? »

J’ai frappé le mot « métisse » d’un accent. Toutefois, mon ton n’est pas spécialement dédaigneux, contrairement à ce qu’on pourrait redouter. La curiosité a repris le dessus, c’est une façon de détourner la conversation, de l’amener à exploser de façon à pouvoir en apprendre davantage sur son lignage, sur sa vision de la magie. Ce jeune homme me paraît pour le moment prévisible et je crois avoir actionné le bon levier.

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MessageSujet: Re: Une heure de colle (pv. Severus Rogue) Ven 25 Mai - 9:37
J’suis debout, j’ai sorti ma baguette magique en lâchant un « putain » en fourchelang (un long sifflement de mauvais augure), et je vise la tête de Rogue prêt à la lui faire sauter comme un ballon. La magie me picote le bout des doigts. Vas-y Asao, pense à un sort et bute-le. C’est à ce moment là que je reprends conscience de moi-même. J’ai pété un plomb. Le fil de la conversation me repasse vite-fait devant ldans les oreilles. Alors ? Qu’est-ce qui m’a fait fondre un fusible ? Ça doit être le moment où il a lâché le mot « métisse ». Sujet sensible dans le monde de la magie. En ce qui me concerne, j’ai du pot : mon métissage se voit pas, ou si peu. Quand je m’énerve il y a parfois une insulte qui sort en fourchelang, et je perçois la magie, mais c’est tout. Je n’ai pas d’écaille sur le corps, pas de pupille fendue, pas de langue fourchue. Il n’en va pas de même pour tous les métisses que j’ai croisés. Pis, il n’en va pas de même pour toutes les espèces. Du sang de gobelin, par exemple, est beaucoup plus dur à cacher.

Je l’ai toujours en joue. Qu’est-ce que t’attends pour lui péter la gueule, Asao ? Rien ne me ferait plus plaisir, mais je ne suis pas certain que me faire virer de Poudlard par cet imbécile aide vraiment… Surtout à quelques mois des ASPIC. J’écume de rage, et réfléchir de façon cohérente est pas évident. J’pourrais être de mauvaise foi et dire que c’est mon sang nagin qui me rend impulsif, mais c’est faux. Ça s’rait plutôt le sang humain. Le nagin en moi aurait déjà trouvé une façon de le buter sournoisement… Rhalalala, quand Machi me disait que les humains étaient cons et dépourvus de finesse, j’aurais mieux fait de l’écouter au lieu de lui dire qu’elle exagérait.

Ma main tremble un peu lorsque je me contraint à abaisser le bras. Mais je reste debout, et tant pis si je dois finir l’année en retenue. Je lâche d’une voix rendue glaçante par la fureur.

« Vous êtes racistes, professeur. »

Et je pense très fort à ajouter un « ducon » qui ne m’échappe toutefois pas. Mais je suis bien décidé à lui donner tord. Outre le « métisse » qu’il a prononcé, le reste de la phrase me reviens en mémoire. Je m’efforce de me calmer, mais j’y arrive pas totalement. Il est fort pour faire sortir les gens de leurs gonds, ce con. Cela dit, au moins, ça permet de m’aider à trouver mes mots. J'suis acerbe, et tant pis pour les conséquences.

« Je pense être aussi apte à juger de vos enchantement que n’importe quel sorcier. Sans doute plus que les ‘humains’ auxquels vous semblez si fier d’appartenir. Vous vous conduisez comme un connard, mais les enchantements de cette pièce racontent d’autres histoires : on pourrait presque supposer que le grand Severus Rogue, le prof’ le plus craint et détesté de l’établissement est en fait doué d’une grande sensibilité et d’une grande finesse. Et v’nez pas me dire que vous n’êtes pour rien dans l’aménagement de ce bureau : j’entends vot’ magie partout ! »

Y’a plus qu’à attendre d’être viré / torturé / chassé / tué par Rogue, maintenant ! T’façon, faire une retenue au calme, c’était surfait. J’suis tellement énervé que je ne perçois plus rien dans le bureau, hormis le bouillonnement de ma propre ire. Du calme, Asao, du calme ! Machi se foutra de toi par courrier quand tu lui raconteras, à coup sur.
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MessageSujet: Re: Une heure de colle (pv. Severus Rogue) Ven 25 Mai - 16:31


Une heure de colle

ft. Asao Watnabe
Au moment où j’ai laissé tomber comme un couperet le mot « métisse », j’ai su que le jeune homme aux cheveux roses réagirait. Il a dépassé mes espérances. Je vois son esprit s’embraser d’une colère flamboyante une fraction de seconde avant qu’il ne bondisse sur ses pieds en me pointant avec sa baguette. Je n’ai pas prévu de parer et je demeure immobile. Je veux savoir s’il aura le cran de m’attaquer, s’il aurait en lui ce que Joe Miller n’a pas pour me suivre sur les chemins des arts obscurs. Je l’entends lâcher un sifflement… du fourchelang. Je ne comprends pas ce qu’il dit, bien entendu, mais j’en reconnais les sonorités sèches. Cela oriente d’emblée mes suppositions : son ancêtre magique doit être une créature reptilienne. Je ne vois qu’une seule possibilité sans que l’accouplement avec un humain ou une humaine ne passe pour de la zoophilie : un nagin, une femme-serpent.

Ainsi, Monsieur Watnabe a donc du sang de nagin dans les veines… et il est pourtant hors de mon atteinte bien à l’abri chez les Pouffsouffle. C’est désolant. Il aurait pu faire de si grandes choses en arborant le vert et argent de ma maison… Je l’observe avec intérêt, sens sa conscience vaciller. Son impulsivité l’a conduit à tenter de m’attaquer, et voici qu’il prend tout à coup connaissance de son geste. Il hésite, c’est un véritable combat intérieur qu’il mène. Il baisse finalement sa baguette magique. Je ne l’ai pas quitté des yeux. Cela m’aurait presque plu qu’il m’attaque. Je ne sais pourquoi, mais un affrontement avec Monsieur Watnabe me plairait bien. Peut-être pour lui administrer la correction qu’il mérite tant ?

Je ne suis cependant pas déçu lorsqu’il pointe mon racisme d’un « Vous êtes raciste, professeur » des mieux sentis. C’est vrai : la société magique est très raciste, et malgré moi, je me fais l’écho de ce courant de pensée. Je songe quelques instants à Miss Granger-Weasley… elle apprécierait sans doute beaucoup Asao Watnabe.

Il n’a cependant pas fini son petit discours. Je sens une forme de morgue, de colère, d’énergie qui se dégage de lui. Bien, très bien. Ça, ça m’intéresse bien plus que son petit discours. Malgré moi, malgré mon amour pour Lily, je suis toujours autant fasciné par les différents visages de la magie, et j’en sens un inédit tout proche de moi, à porté de main. Il laisse tomber dans ses propos des faits très intéressants pour qui sait écouter et décrypter.

« Je pense être aussi apte à juger de vos enchantement que n’importe quel sorcier. Sans doute plus que les ‘humains’ auxquels vous semblez si fier d’appartenir. Vous vous conduisez comme un connard, mais les enchantements de cette pièce racontent d’autres histoires : on pourrait presque supposer que le grand Severus Rogue, le prof’ le plus craint et détesté de l’établissement est en fait doué d’une grande sensibilité et d’une grande finesse. Et v’nez pas me dire que vous n’êtes pour rien dans l’aménagement de ce bureau : j’entends vot’ magie partout ! »

J’apprécie en grinçant des dents la petite pique à mon encontre. C’est de bonne guerre. Je suis aussi très étonné de son analyse : s’il est évident en ma qualité de maître des potions, que la finesse a une place essentielle dans ma pratique de la magie, il n’en va pas de même pour la sensibilité. Je pense à Lily : était-ce ce qu’elle avait perçu en moi jadis ? Une sensibilité que je n’ai pas su cultiver convenablement pour arracher son coeur aux griffes de James Potter ?

Mais revenons-en à nos moutons : ce petit « entends » la magie. Je suis très curieux de connaître davantage ce phénomène, mais je dois d’abord punir l’insolence de ce gamin. Je me lève avec lenteur, les lèvres pincées et fait le tour du bureau pour attraper le poignet de monsieur Watnabe. Il a toujours sa baguette à la main. Je le force à lever la main jusqu’à ce que sa baguette soit à hauteur de nos yeux. De l’autre main, je l’attire à moi par le col de sa chemise et lâche, glacial.

« Vous êtes… décevant, Monsieur Watnabe. Je m’attendais à ce que vous n’ayez pas le cran d’aller jusqu’au bout de votre geste. Il semblerait bien que vous n’ayez pour vous que votre insolence et aucun courage… Quel dommage de voir la puissance du sang nagin ainsi gâchée dans les veines d’un Pouffsouffle... »

Je lâche sa main dans un geste brusque mais le maintiens près de moi par un pan de son col. Je veux qu’il me montre enfin ce qu’il sait faire. Je veux jauger sa puissance, sa maîtrise. Je veux savoir s’il est digne d’apprendre. Je veux lui infliger une nouvelle épreuve.

« Néanmoins… Vous avez tenté d’attaquer un professeur, Monsieur Watnabe, vous m’obligez à vous infliger une sanction. »

Je ne lâche pas des yeux son regard flamboyant.

« Dimanche matin, devant la grille du château à Six heures tapantes du matin, vous m’accompagnerez à Pré-au-Lard. Réjouissez-vous, je sais que vous avez la chorale le Samedi, je vous laisse assister à votre répétition. »

Je desserre enfin les doigts pour lui permettre de s’éloigner de moi. Guettant avec la plus grande attention la plus infime de ses réactions. Je suis, cette fois, prêt à me protéger s’il décide de récidiver ses petits tours, prêt à lui infliger la dérouillée de sa vie s’il essaie de m’attaquer. Quelque chose chez lui a éveillé mon intérêt. Il ne semble pas particulièrement s’intéresser à la puissance ou au pouvoir – ce qui est sans doute la raison de sa présence chez les Pouffsouffle – mais j’ai senti, en cours de défense contre les forces du mal toute sa défiance vis à vis de cet art occulte. De la peur peut naître la fascination, le désir de comprendre, voire de maîtriser. Vous êtes mis à l’épreuve, Monsieur Watnabe, et je vous garantis que je ne vous lâcherai pas tant que vous ne m’aurez pas donné satisfaction.

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MessageSujet: Re: Une heure de colle (pv. Severus Rogue) Sam 26 Mai - 8:44
Le vieux Rogue a le don de me faire passer par toutes les émotions : déjà, je flippe. ‘L’est impressionnant le bougre quand il s’y met : impassible il m’a lâché du regard à aucun moment. La colère, aussi, ça c’est bon, c’est plutôt acquis : c’est un gros con. Je suis d’ailleurs trop énervé pour percevoir les échos de sa magie. Mon sang nagin est en vacances : tant mieux, ça me permet de rester concentré sur mon objectif du moment. A savoir : est-ce que je lui balance un sort dans la gueule tandis qu’il se lève et contourne le bureau, oui ou merde ?

J’ai pas le temps de me décider qu’il est sur moi, me choppant le poignet et le col dans un geste vif. Il va m’en mettre une ? D’où il me touche ce con ? Là, j’avoue : j’ai vraiment peur. Mais il ne me crache que son venin à la gueule, et quel venin ! Je regrette de n’avoir pas, au contraire des nagin pure souche, de crocs pour lui lacérer le visage et l’empoisonner. Il est à portée, en plus. Mais non, j’suis pas venimeux. C’est dommage.

Il touche juste quand même : les nagins sont un peuple de femmes-serpents. Machi aussi m’avait chambrée en disant que j’aurais ma place à Serpentard… Et puis non, j’y suis pas allée. Je suis pas suffisamment roublard pour ça, je suppose. Pas suffisamment ambitieux et malfaisant. Bon, ok, tous les Serpentard sont pas forcément malfaisants, je suppose. Regulus Black le bibliothécaire et référent du club de journalisme, par exemple, il a l’air plutôt sympa… Mais putain, c’est bien le seul !

Trop près, j’ai l’impression d’être trop près de Rogue lorsqu’il m’annonce une nouvelle sanction. Je me vois déjà en colle jusqu’à la fin de mon année à trier des rouages d’horlogerie. L’intensité de son regard me fait fondre de trouille : promis, après celle-là, j’arrête les conneries, je me tiens à carreau, et je me fous le plus loin possible de Rogue dans n’importe quelle circonstance ! Ce gars, c’est un grand malade, et puis c’est tout.

Il m’annonce, après une attente insoutenable, la punition qui m’attend. J’suis agité de sentiments contraires. Il fait preuve d’une redoutable prévenance en me laissant assister à mes répétitions du samedi… J’m’attendais à ce qu’il me les fasse sauter, en sachant combien c’est important à mes yeux. J’suis éberlué. Et en même temps, devoir lui consacrer mon dimanche m’emmerde profondément. Putain ! Je suis trop étonné et agacé en même temps pour songer à l’attaquer. En fait, ma colère a été douchée. Tout le temps où il m’a agrippé, j’me suis vraiment senti en danger. Et on laisse ce taré enseigner dans une école ? Monde à la con !

J’suis à peu près sûr, maintenant, qu’il est vraiment pas un gars bien. Je voulais lui laisser le bénéfice du doute, mais entre les objets enchantés par magie noire en cours – un putain de sort de cisaillement, bordel ! Et l’imperium, on en parle ou tout le monde s’en cogne ? – et son petit numéro de tout à l’heure… Et en même temps, malgré moi, maintenant que ma colère est retombée, remplacée par de la défiance, j’vois encore ce cristal sur son coin de bureau. Comment peut-on être sensible et maléfique à la fois ? J’vois pas, là. J’avoue, j’vois pas.

Je me suis pas rassis, à vrai dire, si je peux me casser sans demander mon reste, je le ferai volontiers. Mais je vais pas lui faire le plaisir de lui demander. J’attends simplement qu’il me dise si je dois me remettre au boulot ou pas. Et en attendant, j’me tiens le plus éloigné possible de lui !
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MessageSujet: Re: Une heure de colle (pv. Severus Rogue) Lun 28 Mai - 21:14


Une heure de colle

ft. Asao Watnabe
Je suis presque étonné du calme soudain de monsieur Watnabe. C’est un calme de façade, je le sens bouillonner et hésiter à la fois. Peut-être a-t-il été étonné de ce que je lui laisse tout le loisir d’aller à ses répétitions. Si j’avais voulu le punir, il est vrai que je lui aurais fait sauter tous ses samedis jusqu’à la fin du mois… mais ce n’est pas le cas. La mise à l’épreuve nécessite un état d’esprit serein, j’ai besoin qu’il soit aussi détendu que possible en ma présence afin de jauger ses aptitude et son état d’esprit. C’est peut-être la première fois qu’un élève de pouffsouffle m’intrigue autant. Il n’est pas spécialement fascinant ou magnétique, non. Juste intrigant. J’ai envie de savoir jusque dans quels retranchements je peux le briser, j’ai envie de connaître son potentiel, de le guider peut-être, même si je doute de pouvoir le mener là où j’aimerais le faire. Je veux éprouver autant sa puissance que ses inclinations naturelles. Sa présence à Pouffsouffle plutôt qu’à Serpentard m’agace. Pourquoi lui comme Lily ont-ils été tenus loin de la plus raffinée et de la plus subtile des quatre maisons ?

J’abrège ses souffrances pour ce soir, j’aurai bien d’autres occasions de m’occuper personnellement de son cas.

« Vous pouvez partir, Monsieur Watnabe. N’oubliez pas, Dimanche, 6h du matin devant les grilles de Pré-au-Lard. Ne soyez pas en retard. »

Mon ton est cassant, mais je suis avec intérêt la silhouette coiffée de cheveux roses du jeune métisse nagin tout en pensant à mon rendez-vous du lendemain avec Lily. Ce weekend sera décidément bien rempli.

294 mots
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Une heure de colle (pv. Severus Rogue)
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